Anne: Le rang Mississipi

Le témoignage d'une fille qui est partie pour mieux revenir.
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Anne: Le rang Mississipi

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Je suis native du Kamouraska. Née à St-Germain dans le Mississipi. Oui celui qu’on trouve le plus beau du Québec, que les gens cherchent et où ils veulent tous et toutes s’établir. Pendant mon enfance, j’étais chanceuse, ma meilleure amie était à 5 minutes de vélo. Folle enfance de découvertes des grottes dans la montagne, des meilleurs spots pour faire des maisons dans les arbres et des baignades au fleuve, en plus des pâtisseries et des bretzels de Niemand!! Toutefois, rendue au secondaire, ce rang si attrayant était pour moi une barrière. Un trou d’un ennui fou ! Je me trouvais loin, loin de tout, loin de la culture, de l’effervescence de la ville, loin des possibilités. Je me sentais toujours observée par tout le monde. Incapable de faire mes expériences et de vivre pleinement selon mes valeurs.


J’ai choisi de revenir parce que je voyais ma chance d’avoir un réseau, une douceur de vie en harmonie avec mes valeurs. J’ai choisi de revenir pour l’espace et tout ce qu’il permet ! J’ai finalement accepté les choix de mes parents et je vois maintenant la richesse de vivre dans un endroit aussi beau que stimulant!


En quittant la région pour mes études, je ne croyais pas revenir, ou du moins pas si vite. Je me voyais rapidement terminer le cégep et quitter pour Montréal ou l’Europe pour l’université! Je trouvais que le mode de vie lent du Kamouraska n’était pas pour moi. J’étais en confrontation avec mes parents, qui eux, avaient quitté la ville pour s’établir en campagne 15 ans plus tôt. Je me voyais, indépendante, féministe, dans un grand loft à New York, à la tête des manifestations contre tout ce qui m’offusquait !


J’ai tenté cette vie, et je me suis étourdie en ville, j’avais mille et un projets et je m’impliquais partout. Quand je revenais voir mes parents pendant les longs congés, le temps s’arrêtait. Tout devenait moins stressant, moins pressant. J’ai vite commencé à me « pousser » de la ville dès que je le pouvais. Sur la route, plus je me rapprochais de mon fleuve, déjà je me sentais davantage moi-même.


En arrivant à La Pocatière, je quittais la 20 pour continuer mon chemin par la 132. Souvent la fenêtre ouverte et enfin, je respirais.
J’aime ma vie ici, j’aime les gens, le fleuve. Je ne me vois pas ailleurs, puisque j’espère redonner la magie de la nature à mes enfants. Je veux passer au suivant le goût du cèdre mâché, des vêtements collants de gomme de sapin, des bottes mouillées d’avoir voulu traverser le ruisseau l’hiver… et surtout mon bien-être mental, le fait de pouvoir choisir, pour moi mes projets.

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