Visages régionaux

Marketing territorial et développement des communautés
La Bourse d’honneur du Québec 1024 576 Visages regionaux

La Bourse d’honneur du Québec

Le 30 janvier dernier, le ministère de l’Économie et de l’Innovation a remis 70 bourses d’honneur de 25 000 $ à des entrepreneur.e.s âgé.e.s de 18 à 35 ans pour souligner leur parcours. La présidente et fondatrice de Visages régionaux, Marie-Eve Arbour, était parmi les récipiendaires.

«Cette initiative est une belle façon de stimuler l’entrepreneuriat à travers la province et d’aider des jeunes motivés à réaliser leur rêve. Je tiens à souligner la belle concertation entre les différents intervenants régionaux et la grande mobilisation du Québec en faveur de nos entrepreneurs et de leur succès.»

Marie-Eve Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional et ministre responsable des régions de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

La petite histoire

Le parcours de Visages régionaux commence il y a maintenant 9 ans, alors que Marie-Eve terminait ses études en communications à l’UQAM. Originaire de la grande région de Montréal, elle décide d’entreprendre un voyage à travers les régions du Québec pour les découvrir, les comprendre et peut-être même y trouver un endroit pour s’enraciner. Avec son chum, elle parcourt la province dans le but de documenter une cinquantaine d’initiatives rurales intéressantes, projet pour lequel ils ont d’ailleurs remporté la bourse Laure Waridel d’Équiterre.

En chemin, ils sont tombés sous le charme de plusieurs régions. Mais c’est pour le Kamouraska qu’ils ont eu le coup de foudre. Embrassant le changement, ils déménagent, séduits par la grandeur, les paysages et les possibilités.

L’aventure s’est poursuivie par l’autoconstruction de leur maison à Mont-Carmel, au bord d’un magnifique petit lac. Un endroit où c’est un peu comme en vacances, mais à tous les jours!

Les premiers pas

En 2016, désireuse de continuer son projet et en plein congé de maternité, Marie-Eve s’est donné comme mission de mettre de l’avant la beauté de la ruralité en faisant appel à la vitalité des communautés. Elle relance donc son projet en bâtissant un répertoire relevant 350 initiatives inspirantes qui ont lieu en région.

C’est en 2017 que Visages régionaux voit officiellement le jour en tant qu’agence d’attractivité territoriale mariant marketing et développement des communautés, une première au Québec. Marie-Eve s’est vite bâti une expertise et est maintenant formatrice dans le domaine, notamment pour la Fédération des municipalités du Québec. 

D’abord travailleuse autonome, elle s’est rapidement entourée d’autres talents pour répondre à la demande et avoir les moyens de faire grandir la pratique du marketing territorial.

Comptant maintenant une dizaine d’employés et de collaborateurs, l’équipe offre avec cœur et passion des services aux régions, aux MRC et aux municipalités qui souhaitent améliorer leur attractivité et intéresser les jeunes à leur milieu de vie.

De la création d’image et de contenu de marque en passant par la planification stratégique, l’événementiel et les formations, Visages régionaux rayonne dans le domaine du développement des territoires. L’agence située à Saint-Pascal au Kamouraska signe des réalisations avec plus de 30 municipalités, MRC et régions, en plus d’être l’autrice de sondages sur la migration des milléniaux, de l’espace de formation la Fusée 18.40 et de la plateforme créative de consultation publique.

Depuis peu, l’équipe a emménagé dans de nouveaux locaux, ouvrant par le fait même un espace de coworking pour s’entourer encore davantage et offrir un lieu de travail inspirant à des travailleurs autonomes de la région, ou encore à des gens qui travaillent à distance.

C’est ainsi que Visages régionaux ne cesse de grandir et de multiplier les aventures avec les municipalités du Québec, de la Gaspésie à l’Estrie, en passant par la Baie-James et les Laurentides.

 

Innover pour se distinguer 959 634 Visages regionaux

Innover pour se distinguer

Pour illustrer des initiatives de municipalités inspirantes, on vous présente une entrevue réalisée avec le maire de St-Camille, monsieur Philippe Pagé et Marie-Ève Arbour, fondatrice de Visages régionaux. St-Camille, c’est un village qui a connu une remontée démographique remarquable grâce à l’audacieuse initiative des fermettes du Rang 13, un projet domiciliaire qui a permis d’attirer 23 nouvelles familles dans la municipalité.

Marie-Ève Arbour: Philippe, j’aimerais que tu nous parles un peu de toi, de ton parcours, et de ton implication dans le village qui t’a vu naître.

Philippe Pagé : Quand j’ai eu 10 ans, mes parents ont acheté une ferme porcine, et nous avons déménagé à St-Camille. Après mes études, je suis allé à Québec pour travailler comme conseiller politique au cabinet du ministre de la Santé. Je suis revenu m’établir à St-Camille en 2014 et je me suis rapidement impliqué dans plusieurs organismes du village; j’ai été président pendant 3 ans du P’tit Bonheur, et j’ai aussi été responsable du journal local. En 2017, le maire de la municipalité avait déjà mentionné qu’il ne souhaitait pas se représenter. J’ai sauté dans l’arène et j’ai été élu, il y a déjà 2 ans de ça.

Qu’est-ce que ça signifie pour toi, être maire de St-Camille?

Je dirais que c’est d’être un leader rassembleur et un conciliateur. À St-Camille, on avait beaucoup d’initiatives qui étaient géniales mais qui manquaient peut-être un peu de directions. On a donc commencé par établir nos priorités. Puis, on a fait une démarche de consultation auprès des citoyens pour voir où on se projetait dans 10 ans et quelle allait être notre stratégie pour parvenir aux objectifs qu’on allait se donner. Je considère donc que mon rôle est beaucoup de donner des idées, de dire où la direction s’en va. Je veux être certain que la communauté nous suive.

Votre fameux projet des fermettes du Rang 13 a permis à St-Camille d’attirer 23 nouvelles familles. Il y a beaucoup de gens qui s’intéressent à ce projet et qui aimeraient s’en inspirer. J’aimerais que tu nous parles un peu du contexte, du déroulement et d’où ça en est aujourd’hui.

À St-Camille, on a eu un long déclin démographique au courant des années 1900. On est passés d’environ 1600 personnes, avec plusieurs entreprises, à environ 400 personnes à la fin des années 90. Au début des années 2000, on s’est rendu compte que si on ne faisait rien, il y aurait de gros risques qu’on perde notre école. Sans école, une municipalité commence à perdre de l’attrait pour les jeunes familles. On s’est donc réunis pour déterminer quelles allaient être les stratégies qu’on devait mettre en place pour contrer ça.

Il y avait un terrain en zone blanche à l’extérieur du village qui était très agricole au début des années 1900. À la fin de la Première Guerre mondiale, avec l’exode rural qui s’est accéléré, plus personne ne vivait dans le secteur. Le propriétaire a été vraiment fantastique en prenant l’initiative de le lotir. Des personnes qui voulaient s’y établir ont formé la coopérative, qui a permis de construire deux routes, d’amener l’électricité et la fibre optique et d’attirer 23 nouvelles familles à s’y installer. 

Au départ, il y avait vraiment un projet de fermettes, mais on a été obligés de constater que ce volet a été moins réussi parce que les gens n’ont pas fait de l’agriculture leur métier, même si certains élèvent des animaux, ont des poules ou des gros jardins. Ça a amené un dynamisme au village : ces gens-là souhaitaient une vie plus simple, plus proche de la communauté, et voulaient s’impliquer. On est passés d’à peu près 400 personnes à la fin des années 90 à un bon 550. C’est un grand gain dont on est très fiers.

Les familles du Rang 13

C’est là qu’on comprend que d’avoir eu cette ouverture en tant que municipalité a permis d’avoir de belles réalisations. Plus tôt, tu as parlé du P’tit Bonheur dont tu as été président. Ça fait aussi partie des éléments qui sont importants dans le paysage de St-Camille, qui ont contribué à sa notoriété. As-tu l’impression qu’un lieu de rencontre comme celui-là est un incontournable pour un village?

Pour nous, c’est majeur. On dit souvent qu’avec la fin de la religion, les lieux de rencontre comme le perron de l’église n’existent plus. Nous, on est convaincus que d’avoir un lieu commun et démocratique où toutes les personnes du village peuvent se rencontrer, et ce, peu importe leurs horizons, c’est ce qui permet à la population de se connaître. Avec le projet du Rang 13, il y a beaucoup de familles qui sont venues s’installer, des gens qui avaient parfois des valeurs différentes des nôtres. Toutefois, un lieu de rencontre où tout le monde se réunit permet de connaître l’autre, de le comprendre et de le respecter. On peut ainsi aller plus vite et développer des projets aussi audacieux et innovants. Ici, on a vraiment une pluralité d’idées, et c’est très important pour nous de garder cette diversité-là.

Les petits milieux encouragent la proximité. En essayant d’être plus près des citoyens, on peut développer des projets qui vont leur ressembler.

Pour les gens qui ne connaissent pas Le P’tit Bonheur, il s’y passe quoi concrètement?

Le P’tit Bonheur, c’est plusieurs choses. C’est tout d’abord un centre culturel : ils font une programmation où il y a environ 12 ou 13 spectacles par année. Récemment, on a reçu les sœurs Boulay, Bernard Adamus, Paul Piché, bref, des artistes professionnels. Il y a aussi un bistro où ils font leur propre pizza avec des produits régionaux. À chaque vendredi midi, les gens vont en manger, et c’est justement là qu’ils discutent. Le P’tit Bonheur, c’est aussi un formidable outil de développement culturel : il mène beaucoup de projets, pour lesquels il a plusieurs partenaires, que ce soit le CIUSSS de l’Estrie – CHUS ou le gouvernement du Québec. Ça permet de beaucoup développer notre municipalité et c’est très névralgique pour notre village.

Le bistro du P’tit Bonheur

Dirais-tu que Le P’tit Bonheur agit un peu comme votre corporation de développement, ou il existe aussi une corporation de développement?

Nous avons aussi une corporation de développement qui est très active dans le communautaire, le développement des affaires et l’attraction des jeunes familles et des entreprises. Le P’tit Bonheur, sa spécialité, c’est le volet culturel, et même rural.

J’imagine que vous continuez à vous poser des questions pour agir et poursuivre votre belle lancée des 10 dernières années… Sur quoi travaillez-vous ces temps-ci à St-Camille?

On travaille sur plusieurs projets. Tout d’abord, il faut répondre aux besoins du marché en ajoutant des terrains. Le conseil municipal voulait s’attarder à cette problématique, et ce, dans une optique de développement durable. Cependant, on veut s’assurer de garder la cohérence et la vitalité du cœur villageois. On travaille donc avec les experts de Vivre en ville, une coopérative d’urbanisme spécialisée dans le milieu rural, pour créer un nouveau quartier dans le village. On a plein de bonnes idées : miser sur des maisons écoénergétiques, par exemple, et essayer que le quartier soit vivant tout en gardant le cachet du village pour permettre aux gens de vivre l’expérience St-Camille. On a besoin d’attirer des gens, mais il faut le faire intelligemment. On veut faire quelque chose en continu qui va nous permettre de garder une croissance soutenue.

On est aussi en train de faire une planification de nos loisirs avec la MRC pour que les gens qui nous visitent ne sentent pas qu’ils viennent dans un milieu ennuyeux. On veut que les jeunes aient une belle expérience du milieu rural pour qu’ils aient envie de revenir s’établir ici après leurs études.

Y a-t-il d’autres choses que tu aimerais nous dire par rapport à certaines stratégies ou à des actions auxquelles vous avez réfléchi pour améliorer votre attractivité envers les jeunes familles?

Ce que je dis souvent, c’est de miser sur ce qui rend nos communautés uniques. Vendre la proverbiale bonne qualité de vie, l’endroit où il fait bon vivre, tout le monde fait ça. Faire ce que tout le monde fait, ce n’est pas ce qui fait avancer nos communautés, la ruralité.

On n’a pas le choix d’être innovants si on veut continuer à exister, et c’est la responsabilité de chacun d’entre nous d’essayer de penser en-dehors de la boîte, d’être rafraîchissant et de trouver des nouvelles options plutôt que de simplement copier le voisin.

C’est souvent ça qu’on fait en premier lieu quand on (Visages régionaux) arrive dans un milieu. Avant de faire des campagnes de communication et des logos, on essaie de trouver comment le milieu se distingue dans l’identitaire et qui ne se retrouve pas nécessairement ailleurs. C’est l’équation du positionnement.

C’est sûr que c’est plus facile à dire qu’à faire, d’être uniques. C’est tout un travail, et je pense que Visages régionaux sert à ça, mais c’est un exercice qui est non négligeable. Le statu quo, ça pourrait être un jour la disparition de certains milieux. Si on veut continuer à rester, à être prospères, à avoir des emplois et une bonne qualité de vie, il faut s’y attarder tous ensemble. Je pense que c’est en innovant qu’on va y arriver.


Un grand merci à Philippe Pagé, maire de Saint-Camille, pour cette entrevue inspirante!

Philippe Pagé, maire de Sainte-Camille.
Source : Actualités l’Étincelle
Comment bâtir un plan d’attractivité à l’échelle municipale? 1024 576 Visages regionaux

Comment bâtir un plan d’attractivité à l’échelle municipale?

Vous voulez améliorer l’attractivité de votre territoire, mais vous ne savez pas par où commencer? Les webinaires de Visages régionaux sont là pour vous éclairer.

Le premier porte sur la mise en place d’un plan d’attractivité à l’échelle municipale avec le cas de la municipalité de Saint-Ubalde comme exemple. 

Vous vous questionnez sur la flexibilité d’un tel plan, sur les coûts qu’il engendre, le temps et les ressources qu’il demande, et les formes qu’il peut prendre? Ce webinaire est pour vous! Découvrez comment on vous permet de vous démarquer, que ce soit en développant votre marque territoriale, en dynamisant votre communauté ou en attirant des gens de l’extérieur.

Nous avons également un autre outil à votre disposition pour mieux comprendre le processus derrière une telle démarche. Téléchargez cette infographie complète qui détaille les différentes étapes de la mise en place d’un plan d’attractivité.

Pour avoir votre copie imprimée des résultats de notre sondage migration et vie en région chez les 18-40 ans, c’est par ici!

Bonne écoute!

Traditionnel concours de Noël 1024 576 Claudia Tessier

Traditionnel concours de Noël

C’est le retour de notre traditionnel concours de Noël! 🎁🎄

 

À GAGNER

Un ensemble-cadeau confort, aisance, et chaleur – pour un temps de Fêtes parfaitement douillet devant le foyer au chalet. 🔥
 

COMMENT PARTICIPER?

1. Aime notre publication Facebook
2. Identifie tes meilleurs partners de chalet en commentaires.
3. Partage! (Optionnel – mais c’est une bien belle valeur, le partage).
 
L’ensemble-cadeau comprend tous les beaux produits ci-dessous, provenant de nos régions adorées. De quoi se garder occuper et bien (au) chaud!
 
🍻 20 bières de microbrasseries**
🍸 Une bouteille de gin de la Distillerie Fils du Roy Inc
🐐 Une paire de bas thermal de la Ferme fibres et compagnie – Alpagas d’Aldo
❄️ Une tuque Visages régionaux, édition très limitée
🌶️ Des sauces piquantes de La boite à Sauce et de la Ferme le Caprivore – membre de Gaspésie Gourmande
☕ Du café de la Brûlerie du Quai et une magnifique tasse de la coop zéro déchet de Saint-André-de-Ristigouche, Gaspésie.
🍁 Des petites douceurs de l’Érablière Nathalie Lemieux
📖 Deux livres de l’auteure kamouraskoise Gabrielle Filteau-Chiba: Encabanée et Sauvagines
🏒 Un puzzle thématique «hiver en campagne»
 
📅 Tirage le 20 décembre à 12h00
⚠️ Concours réservé aux 18 ans +
 
Sainte-Luce: ma première destination! 819 1024 Marie-Ève Michaudville

Sainte-Luce: ma première destination!

Voilà mon premier article de bloyeee (eh oui, je me suis appropriée assez rapidement les expressions de ma collègue Claudia Tessier!). C’est d’ailleurs elle qui m’a convaincue de rédiger cet article. Elle a bien vu que j’avais des milliers d’étoiles dans les yeux lorsque je parlais de la gang de Sainte-Luce et de leur processus consultatif.

Le conseil municipal et les citoyens de Sainte-Luce ont de quoi inspirer bien des gens, et voici pourquoi.

Photo by Riccardo Annandale on Unsplash

Commençons par le début…

Le 9 octobre 2018, était ma première journée chez Visages régionaux. T’imagines même pas l’excitation et la fierté que j’avais de me joindre à cette belle équipe créative!

Tellement excitée que j’ai fait une solide rechute de caféine. Ça faisait un an que j’avais pratiquement arrêté de consommer cette boisson catalyseur d’anxiété dans mon cas (à l’exception d’un petit latté une fois de temps en temps, parce que c’est ssiiii bon !).

Bref, me joindre à une belle gang et contribuer à des mandats hautement stimulants me comblaient de joie! Après quelques semaines, malgré les lattés vraiment délicieux au bureau, le tout est revenu à la normale et j’ai banni à nouveau la caféine de ma vie, mais je n’étais pas peu moins fière et excitée par mon nouveau travail.

Mon rôle se concrétisait de jour en jour. J’étais la nouvelle recrue responsable des consultations publiques en personne et en ligne, ainsi que du développement des milieux (planification stratégique et concertation locale).

Je sais, LA JOB DE RÊVE !  

Sainte-Luce: le mandat

Sainte-Luce est une municipalité de 2 801 habitants située dans la MRC de la Mitis au Bas-Saint-Laurent. Située à 16km de Rimouski, Sainte-Luce ne connaît pas d’importants enjeux démographiques, en raison de sa proximité avec Rimouski et de son dynamisme. Reconnue pour sa plage et la promenade en bordure du fleuve Saint-Laurent, Sainte-Luce attire chaque été des milliers de touristes.  

Depuis les élections municipales de 2017, Sainte-Luce a la chance d’avoir à la tête de son conseil municipal Maïté Blanchette Vézina.

Une femme proactive, visionnaire, et qui a sincèrement à coeur le développement et l’avenir de Sainte-Luce.  

Nouvelle maire, nouveau plan d’action… une opportunité de réaffirmer collectivement les priorités de développement.

À première vue, tout semble bien aller à Sainte-Luce. Cependant, comme toute municipalité, quelques défis de développement y sont présents.

Voici les deux principaux défis soulevés par le conseil municipal de Sainte-Luce lorsqu’ils nous ont contactés:

#1 Abondance de comités… un beau problème non?

Sainte-Luce a la chance d’avoir de nombreux bénévoles s’impliquant dans plusieurs comités diversifiés. Cependant, on soulevait chez ces bénévoles un certain essoufflement et un chevauchement dans la mission de certains comités, surtout au niveau touristique. Un besoin de concertation et de recadrage de mission était nécessaire. De plus, le conseil municipal souhaitait s’assurer que les gens voulant contribuer aient la place pour le faire.

#2 Sentiment d’appartenance & guérison d’une fusion douloureuse

Sainte-Luce est une municipalité formée par la fusion de Sainte-Luce-sur-mer et de Luceville en 2001. Une fusion qui n’a pas fait l’affaire de tous et toutes… Cependant, une grande volonté existe afin de réconcilier les deux secteurs, et de partager une vision commune de Sainte-Luce sur l’ensemble de son territoire.  

Positionner l’importance d’agir ensemble.

Devant ces défis, le conseil municipal souhaitait obtenir une vision concertée des enjeux prioritaires à adresser collectivement.

Il nous a alors été donné le mandat de consulter la population sur différents enjeux et de proposer au conseil municipal des orientations pour son prochain plan d’action stratégique.

  • Pour ce faire, nous avons animé un atelier de vision avec les nombreux comités et organismes à but non lucratif de Sainte-Luce.
  • Afin de prendre le pouls de la population sur les enjeux prioritaires à aborder, nous avons organisé une grande journée de consultation. Les citoyens étaient invités à un parcours de consultation fort dynamique! Plus de 100 citoyens ont participé à cet événement.
  • Puis, nous avons utilisé notre plateforme de consultation en ligne pour poursuivre l’échange avec la communauté.

Nous avons utilisé les résultats de ces trois activités pour dresser les principales orientations du plan stratégique que nous avons présenté aux élus municipaux. Avec eux, nous avons priorisé les actions à inclure à la version finale.

Ce plan d’action fut adopté par le conseil municipal en début d’année 2019.

Pourquoi consulter?

Le conseil municipal de Sainte-Luce a de quoi en inspirer plus d’un. Pourquoi?

Car, en mettant la population au coeur des décisions comme elle a su le faire en novembre dernier, elle s’assure un avenir fort prometteur. En construisant le plan de développement de la municipalité en totalité sur la base des différentes consultations, elle s’assure l’engagement et l’adhésion des citoyens aux décisions qu’elle prendra ou aux projets qu’elle mettra sur pied.

Souvent, on entend que la consultation publique ne sert pas à grand-chose, et que les plans de développement des municipalités terminent la plupart du temps sur une tablette.

Ce ne sera pas le cas de Sainte-Luce. Ils ont une recette gagnante:

  • Implication des citoyens dans le processus de décision
  • Ouverture aux nouvelles propositions
  • Engagement du conseil municipal à la réalisation de ce plan
  • Présence d’une ressource pour faire avancer les différents dossiers s’y retrouvant.

Avec une consultation aussi importante, un plan stratégique collé serré sur cette consultation, et une forte intention de TOUT réaliser, cette municipalité met toutes les chances de son côté afin d’avoir une population engagée, mobilisée, qui s’implique et surtout, qui est extrêmement fière d’y vivre.

Voilà, ma première destination fut très inspirante comme vous pouvez le voir.

Riche d’apprentissages, cette première expérience d’accompagnement de municipalité m’a permis de connaître davantage Sainte-Luce, mais surtout de constater l’éventail de pouvoirs et tout le potentiel d’actions qu’une municipalité peut mettre en oeuvre.

La preuve qu’à l’échelle municipale, on peut réaliser de bien grandes choses! 

Pour terminer, voici la preuve que le conseil municipal de Sainte-Luce est en feu. Depuis la réalisation de ce mandat à l’automne dernier,  Sainte-Luce s’est mise en action, et fait parler d’elle très régulièrement dans les médias!

Voici un topo des articles mettant les actions de Sainte-Luce en vedette

MARQUE TERRITORIALE – UN PUZZLE DE 10 000 PIÈCES 1024 682 Marie-Eve Arbour

MARQUE TERRITORIALE – UN PUZZLE DE 10 000 PIÈCES

Ne vous inquiétez pas.

L’idée ici n’est pas de vous rendre jaloux.se avec nos belles photos des Îles!

C’est plutôt de vous faire vivre notre travail de l’intérieur.

En octobre 2018, on a reçu le mandat de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine pour créer une image de marque et une stratégie de communication, de manière à attirer de nouveaux résidents et travailleurs.

C’est toujours sur un gros high qu’on arrive dans un nouveau territoire qui nous interpelle pour trouver des solutions à leurs enjeux. Les attentes sont élevées.

Et on aime ça être mis au défi.

__

LA BOÎTE A DISPARU

Construire une marque territoriale, c’est exactement (à quelques nuances près) comme faire un casse-tête de 10 000 pièces dont on a aucune idée de l’image de départ. Tout est question d’observation, de patience et de stratégie.

On se lance dans un jeu dont on ne connait pas l’issu.

Au départ, on s’assure qu’on a tous les morceaux.

On collecte de l’information de différentes façons: documentation, discussions, consultation publique, visites, documentaires, sites web… pour ne nommer que ceux-ci. On va chercher toute l’information quantitative et qualitative disponible.  

Et c’est le début d’un chaos qu’on finit par contrôler.

On se rattache avec confiance à l’idée que tout ceci va finir par devenir un portrait clair et limpide.

Le fameux phare à Julie Snyder
Hâvre aux Maisons

Ensuite, on constitue le cadre de notre casse-tête, pour délimiter la zone de travail, notre terrain de jeu.

On travaille les bases de la plateforme de marque: on cerne la personnalité du territoire, ses ambitions, sa vision pour l’avenir. Et on identifie la clientèle qui est la plus susceptible de vouloir y déménager.

L’étape suivante consiste à assembler les pièces marquantes et singulières.

On est dans l’univers des mots.

Dans ce qui distingue réellement le territoire. Dans le langage marketing, on parle de positionnement. On tente d’arriver à l’essentiel, fragile équilibre entre l’âme et l’identité profonde d’un lieu et ce qu’il veut projeter comme image.

Les opinions sont toujours multiples. La passion de nos interlocuteurs est toujours vive. On se transforme en «psy» territorial. On essaie de comprendre ce qui fait que c’est si unique, les Îles.

Planches tendance pour orienter le style. Concept de la marque. Axe de communication. Grandes orientations de la stratégie de communication.

C’est probablement la partie la plus complexe. Celle qui fait qu’on passe en équipe par toute une gamme d’émotions.

Plaisir, excitation, doute, confusion, audace, indécision, détermination, fierté.

C’est dans ces moments-là qu’on se répète comme une sorte de mantra: embrace ambiguity!

Rire nerveux et sueur froide 

Le moment le plus stressant, c’est probablement celui d’arriver devant l’équipe décisionnelle toute entière, après avoir fait 2h de route et 3h d’avion.

Mettre nos tripes et le fruit de notre travail sur la table.

Dévoiler notre représentation du casse-tête.

Lire les expressions faciales.

Euphorie, satisfaction…

Ils ont aimé ça!

La dernière étape, mais non la moindre requiert une excellente perception de la forme du casse-tête.

Il s’agit de regarder quelle pièce peut s’emboiter dans l’autre, d’observer chaque morceau, chaque côté, chaque pointe.

Une fois que notre essence est bien captée et que notre concept est approuvé, on a les coudées franches pour le reste du travail à accomplir. Design de l’identité visuelle, planification opérationnelle, organisationnelle et financière de la stratégie de communication. Toujours dans le but d’adresser le bon message, à la bonne personne, par le bon canal de communication, au bon moment.

Après psy, on se transforme ici en architecte.

Un chapeau qui nous amène à nous assurer que tout est solide et durable.

Sondage
VIVRE EN RÉGION – SONDAGE DESTINÉ AUX 18-40 ANS 681 1024 Marie-Ève Michaudville

VIVRE EN RÉGION – SONDAGE DESTINÉ AUX 18-40 ANS

LES MILLÉNIAUX – ON VEUT VOUS ENTENDRE

Chez Visages régionaux, vous le savez, nous sommes des milléniaux qui ont fait le choix de vivre en région.

Notre quotidien, c’est d’utiliser notre créativité et nos idées afin de  rendre les municipalités, les MRC et les régions encore plus attractives auprès des 18-40 ans. Nous les voulons ambitieuses, audacieuses et fières.

Pour remplir cette mission, nous devons bien connaître la génération des milléniaux.

Qui sont-ils? Qu’est-ce qui les motive?

Nous avons donc créé un sondage qui nous permettra de parfaire notre compréhension de votre expérience ainsi que de vos ambitions, motivations et besoins. Ces informations nous seront utiles pour mieux conseiller les municipalités, MRC et régions qui pourront ensuite, travailler à ce que leur milieu de vie corresponde davantage aux aspirations de notre génération.

Nous avions lancé un sondage du même genre en 2016. Plus de 2 000 personnes y avaient répondu.

OBJECTIFS DU SONDAGE


Ce sondage-ci nous permettra de recueillir d’autres informations sur votre réalité afin d’en faire un portrait plus détaillé. Les résultats serviront, entre autres, à créer une formation en ligne destinée aux municipalités, MRC et régions.

Donc, si vous avez décidé d’aller vivre en région ou que vous pensez le faire, nous voulons vous entendre!

On vous promet que ça ne prendra pas trop de votre temps, ce sondage prend environ 10 minutes à répondre.

POUR PARTICIPER : www.tpquoi.ca

À GAGNER

Douze bouteilles de vins nature et de spiritueux québécois. Le tirage au sort parmi les participants aura lieu dans la première semaine de mars.

Merci de votre participation!

***Si les résultats de ce sondage t’intéressent ou si tu souhaites obtenir des renseignements complémentaires, n’hésite pas à nous contacter.***

Marie-Eve Michaudville, chargée de projets consultation publique

Kamouraska | Visages régionaux
Montréal je te quitte 1024 683 Visages regionaux

Montréal je te quitte

Le début de la fin

Ça faisait déjà un bon moment que moi et la jungle de béton, communément appelée Montréal, étions dans une relation conflictuelle. Petit à petit, je me suis mis à aller voir ailleurs et à mon retour, elle me faisait la baboune. Oui, la ville me boudait. Elle pis moi, ça connectait pu autant qu’avant. À chacun de mes retours, j’avais ce sentiment de malaise qui envahissait mon échine dorsale. Toutefois, cette sensation s’effaçait progressivement à chaque fois que je visitais de nouvelles régions et municipalités québécoises. Désolé Montréal, je te trompais et j’y prenais de plus en plus goût.

Ce n’est pas toi, c’est moi. Le classique quoi.

Jérémie Perreault - nouveau membre de l'équipe de Visages régionaux
Hey Montréal!
C'est pas toi, c'est moi...
Le gazon est juste vraiment plus vert ailleurs

Le Québec c’est grand, c’est beau, c’est inspirant. Pourquoi ne pas prendre le temps de découvrir son propre chez soi au lieu de croire que tout est plus beau ailleurs? Ici, c’est riche, c’est fier, c’est vibrant. On a une chance unique d’être né sur ces terres boisées où une rivière n’en attend pas une autre. De plus, les découvertes inoubliables s’enfilent lorsqu’on sillonne nos routes… Chaque village à son histoire, son patrimoine, sa couleur qui fait de notre belle province, un amalgame extraordinaire.

Ceci étant dit, au cours de l’été, l’idée faisait tranquillement son chemin que Montréal et moi étions voué à une déchirante rupture. Après 10 ans de fréquentations en dent de scie, je commençais à regarder mes portes de sortie afin de trouver une autre municipalité avec laquelle m’acoquiner. Dur de faire un choix quand il y a autant d’options sur la table. Se coller sur les belles courbes du bas du fleuve, sentir le doux parfum des épinettes de l’Estrie ou encore caresser les montagnes des Laurentides.

Évidemment quand un choix de la sorte s’impose, différents facteurs sont à prendre en considération: famille, amie, boulot, centres d’intérêt et j’en passe.

Si j’avais un journal intime, on y trouverait de quoi du genre:

«[…] Sœur et mère s’étant exilées depuis plusieurs années dans les racoins du Kamouraska et des régions environnantes, je décidai d’aller y cuver ma peine quelques jours afin de prendre le pouls de cette région.

Fait notoire,  selon le prestigieux National Geographic, cette région possède le 2e plus beau coucher de soleil au monde. Je ne peux que confirmer cette affirmation! Je t’avouerai humblement cher journal, que je n’aie jamais su où était le numéro 1 – le sais-tu toi?

La sérénité qui y règne est palpable, entre une pinte de mousse à la Tête d’Allumette, une petite grimpe à la Sebka et une saucette (très vite fait) dans le fleuve, il ne m’en fallait pas plus pour être convaincu. […]»

Jérémie Perreault - nouveau membre de l'équipe de Visages régionaux
Moi qui cuve ma peine
Dans les battures du Kamouraska
Et la réalité puncha la prose dans gorge

Ma décision était donc prise à 80%. Un obstacle majeur se présentait à moi -> mon domaine d’expertise (communications et arts). On ne se le cachera pas, la région n’est pas forcément le terreau le plus fertile en offres d’emploi en com. Pour vrai, l’idée de retourner servir des pintes dans un bar tout en multipliant les jobines afin d’arriver à fin du mois était ZÉRO une option envisageable. J’ai donc passé le mot à ma seule amie du kamou (shout out à toi ma pote Sara Anne)… et la magie s’opéra.

Sara Anne, trouve moi LA job de rêve!

Il n’en fallait pas plus pour que cette dernière se munisse de sa loupe et parte à la recherche d’employeurs potentiels. 3 jours plus tard, mon nom était taggué à l’offre d’emploi sur Facebook qui allait finir de me convaincre. J’ai envoyé mon CV chez Visages régionaux et puis j’ai reçu une convocation.

Encore une fois, si j’avais un journal intime, on y trouverait de quoi du genre:

«[…] Ainsi, je rencontrai Marie-Eve Arbour un samedi matin, 8h00 – un peu trop matinal à mon goût, certes, mais lorsque ta future patronne a 2 kids, tu t’ajustes et tu fermes ta yeule –  dans un coquet café du chic St-Lambert.

Dès lors, je me munis de mon plus beau sourire et allai à sa rencontre. J’aurais imaginé le meilleur scénario qui soit avec une mise en scène de René Richard Cyr que celui-ci n’aurait pas été à la hauteur de cet entretien. Au fur et à mesure que Marie-Eve me décrivait les différents projets sur lesquels j’allais être appelé à travailler, mes yeux s’équarquillaient à vu d’oeil, si bien que je crains d’en perdre un dans mon expresso serré… Et mon ventre, mon cher journal, était saisi d’une fébrilité presqu’inquiétante (l’effet du café, peut-être? Je ne le saurai jamais.).

Non seulement je sentais que mes compétences étaient à la hauteur du mandat proposé, mais je voyais que TOUS les projets touchaient à ma fibre environnementale et sociale. Parce que oui, cher journal, il importe d’aimer son emploi, mais je crois que dans un monde en constante évolution, il s’avère primordial de redonner au suivant, via les actions de son quotidien… Tiens donc, quelle étrange sensation… Je me sens soudainement rempli d’une mission, d’un devoir, d’une raison de vivre! («Ah ta yeule!» as-tu envie de me rétorquer cher journal, –  ok ça achève). 

FAIT QUE

Pas besoin de temps de réflexion ou d’analyse de pour et de contre: le jeudi d’après, 5h00 am, j’ai jumpé dans mon char pis je me suis clanché la 20, en route vers ma destinée et mes nouveaux défis. Ça fait déjà un mois que je suis dans l’équipe de Visages régionaux, 10 jours que j’habite officiellement le Kamouraska, et crois moi, aucun regret à l’horizon. Best move ever.

Petite conclu

Donc à toi qui est à l’aube de la trentaine et dont la petite voix intérieure te crie de prendre tes jambes à ton cou, j’ai juste envie de te dire GO.

Les régions en valent le coup.

Montréal c’est pas le nombril du monde, et le Québec, c’est grand, il y a de la place en masse, mais surtout il y a TA place, à toi de la trouver.

Il était une fois dans l’ouest 999 1024 Marie-Eve Arbour

Il était une fois dans l’ouest

Inspirations

Ça fait maintenant 10 ans qu’une personne que j’adore et avec qui j’ai fais plusieurs expériences de jeunesse a déménagé dans l’Ouest canadien.

Jusqu’à maintenant, à chaque fois que j’avais l’opportunité de voyager, je me gâtais avec un billet d’avion vers un endroit un peu plus exotique que notre beau grand Canada.

Comme j’allais bientôt obtenir le titre d’amie indigne-qui-n’était-encore-jamais-venue-lui-rendre-visite-en-10-ans, il était grand temps que j’y mette les pieds. J’ai profité des vacances estivales pour faire un saut dans l’ouest et du même coup, découvrir le Kootenay Park, Canmore et Fernie.

Dans son article sur le Festif de Baie-Saint-Paul, Claudia nous explique à quel point ça peut être tannant de voyager avec une graphiste. Elle regarde chaque affiche sur son passage et ramasse un million de dépliants.

Ma déformation professionnelle, c’est d’analyser chaque ville, chaque village. Tenter de comprendre comment ils se distinguent, comment ils se vendent et surtout, pourquoi les gens qui y vivent ont fait ce choix.

«Why here», je leur demande.

«Look around you», qu’ils répondent. «Isn’t it just amazing?»

En effet… Peu importe où tu regardes, il y a la plus belle montagne que t’as jamais vue. 360 degrés de pure beauté. Les amateurs d’outdoor sont plus que servis. À quelques pas de chez eux: randonnée, descente de rivière en n’importe quoi (canot, kayak, paddle board, tube gonflable… définitivement mon activité préférée). Escalade, vélo de montagne, rafting.

Mon sport préféré
Descente de rivière en tube

«Yes», but why here? I mean, there are many more communities around that has de same landscape. So why here precisely? What is so special about this place that you decided to live here?»

 

Qu’est-ce qui rend un lieu si unique?

Cette question-là, j’ai l’impression de l’avoir posée des milliers de fois. C’est celle à la base de toute démarche de marketing territorial. Quand on travaille avec un village, une ville ou une région, on la pose d’abord aux élus, aux responsables de la stratégie et éventuellement aux résidents et entrepreneurs.

Trop de gens ont tendance à nommer les paysages comme étant ce qui les distingue.

C’est bien beau, les paysages. Mais des beaux paysages, il y en a partout. Alors, why here?

On continue à gratter.

Le travail.
La maison.
La famille.
Les amis.
La communauté.
Les services.
Le dynamisme.
Le hasard…

Les milliers de réponses que j’ai obtenues depuis que je pose cette question tournent toujours autour des raisons que je viens d’énumérer. J’aime croire que c’est un heureux mélange de timing, d’opportunité et de coup de coeur. «Finding the right place at the right moment», comme diraient nos amis anglophones.

Alors, comment est-ce qu’on peut agir là-dessus? La question qui tue, dans le métier. Et à laquelle je réfléchis constamment.

Évidemment, on a développé un paquet de trucs pour développer l’attractivité des communautés et régions qu’on accompagne.

Mais comme on est en voyage, c’est le temps de s’inspirer. D’aller voir ce que d’autres font.

En discutant avec mon amie, j’ai découvert Story & Co. Des comme nous, du BC que je raconte à mon équipe. Ils ont travaillé notamment avec les villes de Kimberley, Grans Forks et Revelstoke.

Leur approche est essentiellement basée autour de l’idée de raconter l’histoire d’une communauté. Pas d’un point de vue historique. Plutôt son récit, son essence, son vécu.

Pour eux, «community story is about the place, but also about the many different stories of those who live, work and travel there». Ils disent aussi que «story and brands are not created. They already exist. The task is to improve community communication, strengthen the story, and help it tell best.»

De la musique à mes oreilles. Ou plutôt à mes yeux, puisque je lis tout ça sur leur site web.

Parce qu’au fond, ce qu’on cherche à faire en marketing territorial, c’est d’influencer positivement la perception que les gens (idéalement notre clientèle cible) ont d’un lieu.

Oui, les paysages c’est beau. Oui, on utilisera cet argument à quelque part dans nos communications. Mais ce qui compte vraiment, c’est l’histoire qu’on raconte. Les projets, les gens, la communauté, la culture qu’on met de l’avant. C’est le caractère. L’essence. La vibe…

C’est ça qui fait qu’on entend parler d’un lieu.

Qu’on s’y intéresse.

Et qu’on se voit y faire sa vie.

Maudit que j’aime ma job!

Fini les vacances, de retour au boulot.

Le Festif - Visages régionaux
Le Festif!, ou ton prochain déménagement 1024 576 Claudia Tessier

Le Festif!, ou ton prochain déménagement

Crédit photo: Jacques Viel

VISAGES RÉGIONAUX AU FESTIF!

Le festival de musique Le Festif! de Baie-Saint-Paul est maintenant devenu un incontournable pour de nombreux Québécois. Avec plus de 70 spectacles sur plus de 20 sites à travers le village (dont les dépanneurs, le quai, le sous-sol de la chapelle et la grande scène Desjardins), Le Festif! est le résultat du travail colossal d’un comité de jeunes citoyens. Eh oui, tu t’en doutes bien, il y avait une délégation de Visages régionaux, bien curieuse de voir la magie s’opérer.
Et l’événement marquait le début de nos vacances…

Chasse le naturel, et il reviendra au galop comme ils disent…

Dans mon cas, impossible de vivre l’événement sans l’observer sous tous ses angles.
Mon cerveau est en mode marketing territorial, graphisme et développement des communautés.

Tu peux passer par-dessus l’aparté inutile si tu veux du contenu un peu plus pertinent. C’est ton choix.

[APARTÉ INUTILE]

Les graphistes, vous allez me comprendre…
Dans la vie d’aujourd’hui, impossible d’ouvrir les yeux sans que du graphisme te saute dans la face! C’est sans arrêt. On est juste constamment mitraillé.
Impossible de décrocher de notre travail.

Le t-shirt que tu portes? On l’analyse.
Tu as apporté une bonne bière de micro? On analyse l’étiquette.
Même chose pour le vino, ton bon petit fromage fancy, ta belle bouteille de Kombucha…

Tu ne le sais pas, mais tu nourris un monstre.
À vrai dire, on t’écoute à peine parler. Notre esprit est ailleurs.
Notre corps est là, mais concrètement, ton étiquette nous propulse dans un genre de voyage astral qui nous aspire dans le trou noir du design graphique.—> On TCHÈKE l’étiquette.
C’est sérieux. L’autre jour, 3 commis à la SAQ sont intervenus à tour de rôle voir si j’avais besoin d’aide. «Pitié, sortez moi d’ici, je fais juste repasser les étiquettes une après les autres, j’en peux pu… Ramenez-moi à la maison s.v.p.»
Nous examinons le design, l’auscultons, le disséquons…
C’est de l’art chirurgical, man, rien de moins!

LES PROCHES AIDANTS
Pour les proches, ce n’est pas facile.
On met le pied dehors et puis oups, silence radio.
—> Houston, on vient de perdre le signal.

– Elle fait quoi Clau, on l’attend? On dirait qu’elle fait du piquette devant le poteau, a vraiment pas l’air bien…
– Elle regarde les flyers collés, inquiète-toi pas, laisse-la faire.

Affiches, enseignes, panneaux, dépliants… Partout, il y a toujours une création graphique quelque part qui va attirer capter notre attention.
Sérieux, partir avec un(e) graphiste en vacances, penses-y deux fois.
Parce que les vacances, qu’on se le dise c’est l’apogée du dépliant.

PIS JE LES RAMASSE 😳

Mais bref, là n’est pas mon propos.

[FIN DE L’APARTÉ INUTILE]

Le Festif!, c’est beau dans les yeux!

Tout le graphisme, la signalétique, les outils web étaient tout simplement magnifiques… et tellement pratiques! Du beau pour du beau c’est une chose, mais quand ça sert à la logistique d’un événement qui doit organiser des centaines de bénévoles, des fournisseurs, des artistes et des dizaines de milliers de jeunes sur le party, ça vient redonner un sens à nos vies de despotes du marketing.

Chapeau à Camille Rioux, la designer graphique derrière l’image du Festif! 2018.

Sur le bord de l’évanouissement à 40 degrés, je me suis assise et j’ai pleuré

Ben non.

J’ai juste répondu à un sondage, bien étendue sur un beanbag vraiment confo de l’entreprise Karibu… Une bénévole s’est agenouillée avec sa tablette pour recueillir mon humble avis sur l’incroyable machine du Festif. Il y avait plein de questions sur différents aspects de l’événement, et j’ai d’ailleurs j’ai donné un 9/10 pour appréciation générale.

Un 9 vraiment émotif, je le regrette aujourd’hui.
Juste parce qu’il n’y avait plus de billet pour Random Recipe.
J’ai dit 9 sous le coup de la colère… J’ai biaisé le sondage.

Toutes mes excuses auprès de l’organisation.
Sinon j’aurais donné une note de 20/10.

Et voici la dernière question du sondage:

«Qu’est-ce qui ferait que tu deviendrais résidente de Baie-Saint-Paul plutôt que touriste?»

Hum, la belle question.
J’ai répondu vite sans réfléchir: l’accessibilité au logement.

Mon chum m’a regardé avec un œil plus gros que l’autre: «c’est tout ce qu’il te manque pour déménager ici toi, un logement accessible?»

Ben non Guillaume, ben non.

Ç’a même vraiment pas de rapport à ben y penser.
Déménager et s’installer dans une nouvelle région c’est clairement plus compliqué que ça, c’est multifactoriel, et bien souvent, ça part du ventre plus que de la tête. Un élan amoureux, un coup de cœur, de la famille, des amis, etc.

Une chose est certaine, c’est que c’est beaucoup plus facile de déménager dans une région où une ville que l’on connaît déjà et qu’on porte dans son coeur.

Pour vrai, si je décidais de quitter le Kamouraska, je considèrerais sérieusement Baie-Saint-Paul.

Voici comment un événement comme le Festif! agit concrètement sur l’attractivité d’un territoire chez une jeune femme de 31 ans.

Les 3 raisons pour lesquelles je déménagerais à Baie-Saint-Paul
  1. Ma perception générale de la place est positive
  2. J’ai l’impression que la communauté partage mes valeurs
  3. J’ai un sentiment d’appartenance qui se construit avec les années

Et tout ça, c’est 100% à cause du Festif.

1- Perception positive de la place

C’est sûr! À chaque fois que je suis allée à Baie-Saint-Paul, c’était dans le cadre du Festif.
Je découvre, je rencontre, je fête, je mange, je danse, je ris, je dors
Dans mon p’tit cerveau-là, BSP = FUN.

J’ai beau me dire rationnellement : ouais, mais Le Festif ma belle cocotte, il n’est pas là à l’année longue! «Ouain. Pis? Je sais!». Mais c’est ça. Ce n’est pas rationnel. J’aime ça pis c’est tout. Ma tête fait volontairement abstraction des facteurs situationnels pour me faire une idée sur la place. Je suis fondamentalement convaincue que Baie-Saint-Paul ça doit être agréable en tout temps.

Y’a un magasin de bonbons, pis on peut descendre une rivière sur une licorne gonflable! Il est où le bonheur il est où? Il est drette-là : sac de jujubes à la main, chevauchant une licorne des mers.

2- L’impression que la communauté partage mes valeurs

La majorité des événements, malheureusement, sont de véritables catastrophes environnementales. Ya pas moyen de manger ou de boire sans contribuer au désastre. Les organisateurs du Festif! sont manifestement, très sensibles à cette question.

  • Stations d’eau potable disponibles sur plusieurs sites
  • Élimination complète des verres en plastique (35 000 Verres EcoCup)
  • Élimination complète des bouteilles d’eau en plastique
  • Nourriture vendue dans des contenants 100% compostables
  • Numérisation de l’information (billetterie, dépliants minimisés)
  • 92% des fournisseurs sont basés dans un rayon de 100km du site du festival
  • 80% des matières résiduelles recyclées ou compostées
  • Cible de 0,10kg de déchets destinés à l’enfouissement par festivalier
  • Fournisseurs alimentaires et bière = 100% local !
  • Transport de l’équipe + artiste : compensé par des arbres plantés dans Charlevoix

Source: site web du Festif!

Donc, j’ai l’impression qu’à Baie-Saint-Paul, les gens sont respectueux de l’environnement. Du moins, les gens de l’organisation. Et voir le nombre de bénévoles, je me dis que c’est déjà un bon ratio. Je généralise, c’est certain. Mais c’est déjà ça.

La programmation me correspond
Le développement durable me parle
La bière est bonne
Il y a plein de gens que je connais
Le graphisme est magnifique
Le café chez Arômes et Saveurs est malade mental

Bref, on a un match.
Je suis en harmonie avec mes valeurs quand je me promène à BSP.
Je ne me souviens pas d’avoir vécu ça au Festival de St-Tite.

3- Sentiment d’appartenance

J’en suis à mon 3e Festif!

Ça fait 2 fois que je fais le tour de l’ile-aux-Coudres
Le cousin à mon père habite là
Mon amie Ophélie vient de là
J’ai une nouvelle amie qui a une maison aux Éboulements
On pogne la radio de Charlevoix de chez nous au Kamouraksa
On a trouvé THE spot pour se baigner

Vous me voyez venir… On aime ce qu’on connaît! Pour développer un sentiment d’appartenance et avoir une attitude favorable envers quelque chose, faut y être exposé souvent. Avoir de belles images mentales. De beaux souvenirs.

En gros

Vous voulez attirer des jeunes dans votre municipalité, ville, région?

Laissez vos jeunes innover
Donnez-leur les ressources nécessaires pour réinventer leur localité
Mobilisez par l’art et la culture
Permettez l’expérientiel
Soyez fous, faites confiance!

Ou bien contactez Visages régionaux, on va vous accompagner 😛

P.S.

Avis aux festivaliers: Avez-vous eu l’occasion de vivre l’expérience 360 degrés au kiosque de La Fabrique Culturelle? J’ai visionné un clip vraiment touchant de Karim Ouellet et Fanny Bloom. J’étais immergée dans une expérience musicale vraiment enveloppante. J’ai adoré. J’ai littéralement capoté. Quand j’ai retiré mon casque de Robocop, mes yeux avaient carrément doublé de volume. Devant mon émerveillement débordant de points d’exclamation, les filles de la Fabrique Culturelle ont décidé de me donner une visionneuse 360 en carton. Je tiens à les remercier publiquement, car je peux maintenant faire des manèges dans ma cuisine, des sauts en parachute et plonger avec les requins.

Visages régionaux - Fabrique culturelle - Le Festif

Stéphane Lafleur (Avec pas d'casque) à l’Hôtel & Spa Le Germain Charlevoix

Crédit vidéo: François Viel

Émile Bilodeau sur la scène Radio-Canada

Crédit vidéo: François Viel

Milk & Bone au sous-sol de la chapelle

Crédit vidéo: François Viel