Visages régionaux

Marketing territorial et développement des communautés
Évolution de la ruralité à St-Mathieu-de-Rioux 1024 573 Visages Régionaux

Évolution de la ruralité à St-Mathieu-de-Rioux

Un texte de:
Bernard Vachon, Ph.D.
Professeur honoraire
Département de géographie Université du Québec à Montréal
Spécialiste en développement local et régional

 

Texte rédigé à partir des notes d’une conférence prononcée le 17 septembre 2016, lors d’une soirée consacrée à l’évolution de la ruralité à Saint-Mathieu-de-Rioux, petite municipalité rurale de la MRC des Basques dans la région du Bas-Saint-Laurent. Cette conférence fut précédée de la projection du film de Jean-Claude Coulbois,Retour au pays d’en bas, réalisé en 1977, qui porte un regard touchant sur l’installation de néoruraux dans le rang 5 de cette municipalité. Présent à cette soirée, le cinéaste a expliqué les circonstances et le contexte dans lequel le film a été tourné. Plusieurs témoignages de citoyens ont suivi. Bernard Vachon est résident du rang 5 de St-Mathieu-de-Rioux depuis 1979 où durant 10 ans il a fait l’élevage d’un troupeau de moutons avec son épouse et ses trois garçons.

 

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D’entrée de jeu, je veux profiter de ce temps de parole pour vous dire combien, mon épouse Francine et moi, ainsi que nos trois garçons, sommes reconnaissants au hasard de la vie de nous avoir conduits dans le rang 5 de St-Mathieu-de-Rioux où, un 20 juin 1979, nous avons déposé nos valises, il y a de cela 37 ans. L’accueil de la population a été des plus chaleureux et notre projet d’élevage ovin et de remise en état des terres et des bâtiments de la ferme nouvellement acquise a bénéficié des conseils et des talents de nombreuses personnes qui sont devenues des amis. Je salue ici la famille agricole Omer Beaulieu, les menuisiers Gilbert Jean, Roger Jean, Bill Moore et Gervais Tanguay, l’électricien et plombier Raynald Vaillancourt, les mécaniciens Jean-Paul et Sabin Vaillancourt, les garagistes Michel Vaillancourt et avant lui son père. Les rêves qui nous animaient à notre arrivée se sont pour la plupart réalisés allant même au-delà de nos vœux.

 

1. La phase d’occupation et de développement du territoire

C’est au milieu du XIXe siècle que des hommes, à l’étroit sur le littoral, entreprennent la conquête du haut-pays et défrichent les premières terres.

Le premier qui s’aventura dans les concessions de la future paroisse de Saint-Mathieu fut Michel Jean. Natif de Saint-Jean-Port-Joli, il était maçon de profession. Il s’établit d’abord à Trois-Pistoles puis prit possession d’une terre située à environ huit arpents à l’ouest de l’église actuelle de St-Mathieu. Dès son arrivée en 1830, il travailla avec acharnement à défricher son lopin de terre. Il ne pouvait compter que sur sa famille et trois amérindiens de la nation Micmac établis déjà en ces lieux : Abraham René, Jeannot René et Isaac René.

Après trois ans de labeur soutenu, il alla vendre des échantillons de sa récolte à Trois-Pistoles. On fut étonné de constater qu’il était possible de vivre à cet endroit et bientôt d’autres suivirent la trace du pionnier.

Ainsi commença le mouvement de colonisation du territoire qui allait devenir la paroisse, puis la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux.

Au sud de Saint-Simon, le site choisi pour ériger le nouveau village est splendide. On imagine l’émerveillement des pionniers : deux grands lacs allongés encastrés dans une vallée radieuse, dominée par un éperon rocheux, site idéal pour y construire la première église et le noyau de village.

La reconnaissance d’un bon potentiel agricole et la présence d’un microclimat dû à l’étendue des lacs attirent de nouvelles familles. La vie s’anime. On ouvre des rangs, on sème, on bâtit. Les espoirs sont sans limites. On est de la race des bâtisseurs de pays, de pays où la vie rurale est porteuse d’avenir.

Des fermes surgissent ici et là, mais aussi des commerces et les services nécessaires au bon fonctionnement de la communauté naissante.

Les travaux de la première chapelle débutèrent en février 1861. La construction alla bon train puisque l’église fut bénite le 15 juin de la même année.

Durant plus d’un siècle, la petite communauté de Saint-Mathieu allait se développer sur la base de trois piliers : l’activité agricole et forestière, l’industrie artisanale, les commerces de proximité et les services publics à la population.

 

1.1 La croissance démographique

Toute cette activité s’accompagna de l’arrivée de nouvelles familles et la population s’accrut à un bon rythme. Alors que 15 personnes étaient établies dans le rang 3 en 1858, le nombre de résidents passa à 880 en 1870, puis à 1 333 dix ans plus tard (1880). Ces chiffres diminuèrent toutefois dans les années suivantes puisque les statistiques révèlent une population totale de 1 000 habitants en 1887 et de 930 en 1890. Cette décroissance rapide s’explique par le départ de plusieurs jeunes hommes et jeunes familles vers les États de la Nouvelle-Angleterre pour y travailler dans les usines, notamment les filatures.

Un nouveau palier est atteint vers 1950 alors que la population est de 1 200 habitants. Dans un effort pour garder leurs enfants dans la paroisse, les pères fractionnent leur propriété en petites unités. Ainsi, une terre de 10 arpents de front par 30 de profond sera subdivisée en 2 ou 3. Mais on constate rapidement qu’une terre de 2 ou 3 arpents de front fait difficilement vivre une famille. Les sols cultivables apparaissent bientôt surpeuplés, ce qui entraîne un nouveau mouvement d’exode vers les villes où la croissance industrielle a grand besoin de main-d’œuvre.

 

1.2 L’activité agricole et forestière

En 1878, la municipalité compte déjà 90 fermes : 48 sont établies dans le rang 3, 24 au rang 4 et 12 dans le rang 5. Un faible nombre dans le rang 6 et au village.

Le nombre maximum de fermes sera atteint en 1891 alors que 122 propriétés agricoles sont enregistrées. Ce nombre passera à 87 en 1921, à 89 en 1931, à 105 en 1941, à 78 en 1961. Il s’agit de petites fermes familiales polyvalentes, dont les activités sont principalement tournées vers la satisfaction des besoins de la famille et des marchés de proximité.

Dans les rangs, les fermes se succèdent sans discontinuité ; pas de sols en friche, les clôtures de perches sont bien alignées et les bords de chemin soigneusement entretenus. Les tracteurs ont fait leur apparition dans les champs au cours des années 50, mais les chevaux sont encore bien présents : on en comptait 42 dans le seul rang 5.

Les années 1950, c’est la décennie de l’électrification dans les rangs. L’ampoule vient remplacer la flamme vacillante du fanal. Quel bonheur d’aller traire les vaches à la lumière électrique. Un ancien me rappelle : « Avant l’arrivée de l’électricité, on allait traire les vaches deux sceaux d’eau dans les mains et l’anse du fanal dans la bouche. Les risques d’incendie étaient toujours présents à l’étable comme à la maison où l’on s’éclairait à la lampe à l’huile ». Quelques appareils nouveaux font leur entrée dans les foyers pour alléger les tâches domestiques.

À partir du milieu des années 1950, les incitations à la spécialisation, l’introduction de la mécanisation, l’adoption de nouvelles méthodes culturales, (et plus récemment la robotisation de certaines tâches), accélèrent les phénomènes d’abandon, de regroupement et de restructuration des fermes. Et les problèmes de relève ne sont pas sans incidences sur l’évolution de l’activité agricole.

L’activité forestière a connu une évolution analogue. Pour approvisionner les trois moulins à scie et les usines de transformation qui se sont implantées sur le territoire de Saint-Mathieu, on a accès aux réserves forestières de la Brown Corporation et à une concession forestière accordée à même les terres publiques de l’ancienne seigneurie Nicolas-Rioux. La coupe de bois créait plusieurs emplois saisonniers. Au fil des ans, la disparition des scieries locales et des usines de transformation, conjuguée à l’introduction progressive des technologies performantes d’abattage et de débardage, ont contribué à éliminer la plupart des emplois en forêt. L’usage aujourd’hui des équipements multifonctionnels explique la disparition presque complète du métier de bûcheron remplacé par celui de chauffeur de machineries lourdes sophistiquées appartenant à des entreprises de l’extérieur.

 

1.3 L’industrie artisanale

L’industrie artisanale est particulièrement florissante à Saint-Mathieu jusqu’au milieu des années 1960. Cette activité industrielle compte un moulin à farine à la décharge de la rivière Neigette (Faubourg du moulin), trois moulins à scie (le dernier au village a été détruit par un incendie en 1991), une beurrerie (en 1932, la beurrerie de Saint-Mathieu transformait un total de 107,745 livres de beurre pour atteindre une production maximum de 182,207 livres en 1958), une usine de boîtes à beurre (dans les bonnes années, la production était de 400 000 boîtes par an; une centaine d’hommes y travaillaient) et de boîtes à pommes, une autre de coffrets d’écoliers, de chaises, de râteaux à foin, de manches de haches, de talons de souliers, de pattes de meubles, etc.

Toutes ces activités composaient une économie de production dynamique (agriculture, foresterie, industrie) qui créait de nombreux emplois réguliers et saisonniers.

Les familles étaient nombreuses et l’ouvrage ne manquait pas. Bien sûr, la vie était rude, mais chacun se sentait solidaire de sa communauté et l’on ne calculait pas les heures passées aux champs ou à l’usine.

On n’était pas riches certes, mais qu’est-ce que la richesse ? Plusieurs m’ont dit qu’on mangeait bien, qu’on s’amusait fort et que le soir venu on dormait profondément. N’est-ce pas là une forme de richesse, cependant très éloignée de nos critères actuels de consommation et d’accumulation matérielle ?

 

1.4 Activités commerciales et services à la population

Isolée des centres urbains et des grands circuits nationaux, l’économie d’autrefois est rurale et locale. Ainsi en est-il de la vie sociale. Celle-ci s’écoule dans une forme d’autarcie dont les règles sont définies sur la base des ressources humaines, naturelles, financières et techniques du milieu. L’ingéniosité, le talent et la détermination sont facteurs de progrès et de réussite. Dans un tel univers, la concurrence qui déstabilise la rentabilité d’une entreprise ne vient pas de Chine ou du Mexique, mais d’un village ou d’une petite ville voisine.

L’apogée de la communauté rurale de Saint-Mathieu est atteint au cours des années 50 alors que la population culmine à quelque 1200 habitants (elle est d’environ 680 aujourd’hui) et que l’activité économique est intense.

Au village, noyau multifonctionnel de la communauté, la vie est trépidante. Pas de centre d’achats à vingt minutes de voiture. Toute la vitalité de Saint-Mathieu repose sur sa capacité à offrir du travail et à satisfaire les besoins de sa population. Durant les mois paisibles d’hiver, plusieurs vont bûcher dans les chantiers pour accumuler quelques dollars nécessaires à l’achat d’un équipement de ferme ou à des travaux de construction. Dans les maisons on organise des veillées où l’on se rassemble pour danser et chanter.

Vers 1937, un relevé de la population active révèle que la paroisse compte 5 commerçants, 1 forgeron, 1 ferblantier-plombier, 43 journaliers (hommes de ferme, menuisiers, charpentiers, etc.), 7 domestiques, qui s’ajoutent aux 92 cultivateurs.

Au milieu des années 1950, le village compte un magasin général et deux coopératives à caractère agricole, trois magasins d’alimentation, une quincaillerie, une bijouterie, une meunerie, un abattoir, deux hôtels, deux maisons de pension, trois garages avec atelier mécanique, deux postes d’essence, une cordonnerie-sellerie, un bureau de poste, une caisse populaire (créée en 1937), deux ateliers de menuiserie, une forge, et une multitude de petits services établis dans des foyers privés : couture, coiffure, tissage… Au centre du village se dresse une grande écurie où sont gardés les chevaux pendant que l’on fait ses emplettes ou que l’on assiste à la messe.

Les offices religieux, nombreux et fréquentés assidument par la grande majorité de la population jusqu’à la fin des années 1970, sont assurés par un curé et un vicaire qui habitent en résidence au presbytère.

Quant à l’enseignement des jeunes, chaque rang a son école (deux dans le rang 3) et un couvent tenu par des religieuses ainsi qu’une école sont implantés au cœur du village. L’ensemble des écoles accueille plus de 300 enfants (la seule école qui dessert aujourd’hui toute la communauté compte moins de 40 élèves). Suite aux recommandations du rapport Parent des années 60, les écoles de rang sont abandonnées et les élèves sont regroupés dans une nouvelle école construite au village. Un service d’autobus scolaire assure le transport des élèves.

À Saint-Simon, le village voisin sis dans les basses terres du Saint-Laurent, le train apporte le sucre, la mélasse et autres denrées que les commerçants achètent en grosse quantité. La plateforme de la gare est le lien avec le reste du monde. On y vient pour accueillir des êtres chers ou pour aller visiter de la famille. Parfois, c’est pour aller tenter sa chance ailleurs.

La combinaison de toutes ces activités a généré durant plusieurs décennies une économie de production et de services assurant le dynamisme et la croissance de la communauté de Saint-Mathieu.

 

2. Puis survient la rupture

Dès le début des années 1960 les premiers signes d’effritement et de déséquilibre se manifestent. Les frontières de l’économie locale reculent. Le marché du lait prend une ampleur nationale et de nouvelles règles de production (quotas) et de conservation sont imposées. Ceux qui ne peuvent y répondre sont écartés. La taille des fermes s’agrandit par souci de rentabilité entraînant la disparition de plusieurs petits producteurs.

En 1962, le gouvernement fédéral accepte l’entreposage du beurre dans des boîtes de carton. Une décision fatale pour l’usine des frères Dionne, la plus importante entreprise de boîtes à beurre au Canada, offrant des dizaines d’emplois pour la population de Saint-Mathieu. Il était impossible de concurrencer la boîte de carton, ce qui signifiait la mort de cette entreprise.

Le ramassage et la concentration du lait dans des usines régionales de transformation entraîne la fermeture de la beurrerie locale et la perte de ses emplois.

En 1976, on dénombre 25 fermes seulement dans la municipalité, plus que 6 en 1997 et 5 en 2016, soient deux fermes laitières, deux fermes ovines et un vignoble. À ces entreprises agricoles s’ajoutent 24 producteurs de sirop d’érable.

Depuis la fin des années 1970, des centaines d’hectares ont été retournés à la forêt, principalement dans le cadre des programmes gouvernementaux de reboisement, avec la bénédiction du ministère de l’Agriculture, soustrayant d’autant ces superficies à la production agricole.

Précisons que les 5 fermes actuelles produisent en volume autant, sinon davantage que la centaine de fermes du début du siècle dernier. Cependant, du fait de la forte mécanisation, l’agriculture d’aujourd’hui crée bien peu d’emplois, soit à peine un emploi par ferme, secondé par un employé à temps partiel.

Le réseau routier s’améliore et l’automobile se généralise, ce qui contribue à briser l’isolement villageois et à rendre les villes voisines, Trois-Pistoles, puis Rimouski et Rivière-du-Loup, plus accessibles. Les commerces locaux font face désormais à la concurrence des centres urbains.

La disparition des chevaux, la généralisation de l’automobile et l’achat dans les villes régionales entraînent la fermeture de plusieurs petits métiers et commerces locaux.

Le recul des frontières économiques s’accompagne du recul des frontières sociales et culturelles. Les élèves du niveau secondaire vont à la polyvalente de Trois-Pistoles et ceux qui poursuivent leurs études partent pour de longs mois vivre dans les centres urbains. La télévision favorise par ailleurs la pénétration des valeurs de la société urbaine.

Cette ouverture sur l’extérieur entraîne un affaiblissement progressif de l’économie locale et un effritement de la cohésion sociale et culturelle. Les emplois perdus dans le secteur agricole, l’activité commerciale et la transformation artisanale, ne sont pas remplacés par des emplois des secteurs de la grande industrie et des services spécialisés.

À défaut d’emplois locaux, une partie de plus en plus importante de la population n’a d’autre alternative que l’exode. L’exode rural fait ainsi suite à l’exode agricole. Ceux qui partent sont généralement des jeunes attirés par la perspective d’emplois plus nombreux et variés à la ville, mais aussi par l’image d’un mode de vie facile et excitant. Ces départs privent la communauté d’éléments dynamiques porteurs d’avenir. La population restante est réduite et vieillissante.

Ces tendances se sont maintenues et accentuées jusqu’au milieu des années 1970. Au début, la vitalité démographique et économique de la communauté a pu atténuer la portée des changements. Mais, sans un apport d’énergies nouvelles, l’épuisement allait inévitablement se manifester. Doucement, insensiblement tout d’abord, puis de façon de plus en plus marquée.

Saint-Mathieu, au même titre que des centaines d’autres municipalités rurales au Québec, est progressivement engagée dans la spirale de la dévitalisation dont l’issue est inquiétante. À la fin des années 1960, dans le cadre des travaux du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec (BAEQ), la fermeture des rangs 4 et 5 a été envisagée.

La structure économique traditionnelle étant en déclin et offrant peu de perspectives de reprise, sur quelles bases nouvelles, en fonction de quelles orientations, pouvait-on insuffler un dynamisme renouvelé à la communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux ?

Des initiatives sont lancées, des projets voient le jour, des personnalités s’affirment dans les efforts de relance. Messieurs Adrien Ouellet et Georges Théberge notamment, s’avèrent particulièrement dévoués à la création d’entreprises pour la mise en valeur des ressources locales. Ils contribuent à la création de la Société d’exploitation des ressources des Basques (SER des Basques) et de l’usine de charbon de bois, Produits forestiers basques.

Mais il faut davantage. Et l’économie de production (agriculture, foresterie, transformation) ne semble pas la voie exclusive de la redynamisation de la communauté de Saint-Mathieu. D’autres avenues sont à explorer et à promouvoir. Elles se trouvent dans la mise en valeur des atouts du milieu naturel et la qualité d’accueil de la communauté.

 

3. Saint-Mathieu réinvente sa ruralité : agriculture, résidence, villégiature et plein air

Dans le respect de son authenticité et de l’harmonie de ses paysages, Saint-Mathieu réinvente sa ruralité pour une meilleure adaptation au contexte contemporain. À travers une combinaison d’éléments où s’enchevêtrent activités agricoles et télétravail, culture de la vigne et ébénisterie, résidences permanentes et villégiature, activités de plein air et services de proximité, la vie rurale de St-Mathieu se recompose sur de nouvelles bases. Une métamorphose profonde s’opère de laquelle émerge une ruralité redessinée, celle du XXIe siècle, faite de diversité et de cohabitations inédites.

Saint-Mathieu veut résolument offrir une alternative désirable à la ville. Que ce soit pour s’y installer à demeure, pour la durée d’un séjour saisonnier ou pour la pratique d’une activité sportive, Saint-Mathieu a beaucoup à offrir : centre de plein air, station de ski, parcours de golf, club de chasse et pêche, terrains de camping, chalets… et avant tout, une qualité de vie. Une nouvelle vocation émerge. Un village du futur est en ébullition.

Nos pionniers et leurs descendants ont façonné, sur près d’un siècle et demi, une communauté rurale agroforestière dotée d’une petite activité industrielle de sciage et de fabrication artisanale. La communauté d’aujourd’hui invente une ruralité nouvelle fondée sur une mixité d’activités dont l’axe central repose désormais sur le récréotourisme, la fonction résidentielle et la villégiature. La vie rurale de Saint-Mathieu est dorénavant faite de diversité et de cohabitation, dans le respect profond de son authenticité et de l’harmonie des lieux.

 

Conclusion : le devoir de protection

Le défi qui se pose au futur de la communauté de Saint-Mathieu-de-Rioux est à la portée de la population locale, des élus, des organismes, des entrepreneurs : c’est celui de la cohésion sociale, de la solidarité, de la qualité de vie.

Malgré l’attraction persistante des grands centres urbains, un nombre croissant d’entreprises, d’individus et de familles sont sensibles aux avantages des petites communautés et à l’environnement rural. Faisons en sorte que la municipalité de Saint-Mathieu soit un milieu où il fait bon vivre, travailler, se divertir et s’épanouir.

Alors qu’en plusieurs lieux au Québec, la ruralité redevient attractive et désirable, il n’est pas utopique de croire en un renversement spectaculaire de la tendance au déclin des dernières décennies, introduisant sur le territoire de Saint-Mathieu des forces capables de bouleverser en profondeur la structure économique et provoquer un renouveau démographique à l’origine d’un mouvement de reconquête et de recomposition du territoire.

La diversité et la qualité des services aux familles et aux entreprises, la protection et la mise en valeur de l’environnement naturel et bâti, la consolidation de l’appartenance territoriale et l’affirmation de l’identité culturelle, la concertation, le partenariat et la solidarité… deviennent des éléments fondamentaux du projet de société à se donner pour l’avenir durable de la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux.

La qualité de notre milieu naturel composé de lacs, de rivières, de sentiers, de champs en culture, de forêts et de paysages sublimes, est la première richesse sur laquelle bâtir l’avenir. Sachons protéger et mettre en valeur intelligemment ce patrimoine naturel. Il devient un facteur d’attractivité et d’implantation pour des travailleurs indépendants, des petites entreprises, des familles, des villégiateurs et des amateurs de plein air, lesquels génèrent une économie résidentielle (de consommation locale) complétant avantageusement une économie de production qui s’est affaiblie au cours des dernières décennies. Devenons une communauté rurale du XXIe siècle, désirée, fréquentée, occupée, affairée…, et jalousement protectrice de son cadre de vie.

Ceux qui nous ont précédés depuis 1830 ont démontré des qualités de bâtisseurs. Comme eux, soyons des « faizeux », non des « dizeux », pour nous donner un lieu de vie dynamique, innovant et inspirant.

Les Fêtes du 150e de notre municipalité ont démontré la solidarité toujours vivante au sein de la population et l’attachement profond de ses résidents à cette terre vibrante de beautés, de fierté et de créativité.

 

Bibliographie

Album souvenir, Centenaire de Saint-Mathieu, 1866-1966, Saint-Mathieu, 1966.

JEAN, Charles-Édouard et Marjolaine Bernier ; Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire (1830-2016). Livre du 150e anniversaire de la municipalité de St-Mathieu-de-Rioux, 2016.

Institut de la statistique du Québec ; La population des régions administratives, des MRC et des municipalités du Québec, Gouvernement du Québec, 2016

VACHON, Bernard (sous la direction de) ; Le Québec rural dans tous ses états, Boréal, Montréal 1991, 314 p.

VACHON, Bernard, “Le peuplement des régions rurales du Québec face aux phénomènes de dénatalité et de désurbanisation”, in Populations rurales et populations agricoles, Université des Sciences et Technologies de Lille-Flandres-Artois, France, 1986, pp. 85-94.

VACHON, Bernard, “Pour une politique spécifique d’aménagement rural au Québec”, in Trames, no. 11, Université de Montréal, Faculté d’Aménagement, 1996, pp. 78-84.

VACHON, Bernard, La passion du rural. Quarante ans d’écrits, de paroles et d’actions pour que vive le Québec rural. Tome 1, Les Éditions Trois-Pistoles, 501 p., 2011. Tome 2, Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal, 933 p., 2014. Les deux tomes en version numérique téléchargeables gratuitement :

http://geo.uqam.ca/nouvelles/219-la-passion-rurale-tomes-1-et-2.html

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Conférence – Congrès 2017 «L’aménagiste régional, artisan du développement» 936 936 Visages Régionaux

Conférence – Congrès 2017 «L’aménagiste régional, artisan du développement»

Le 19 avril 2017, Marie-Eve Arbour a prononcé une conférence dans le cadre du congrès 2017 de l’Association des aménagistes régionaux du Québec.

 

Description de la conférence

Qu’est-ce qui fait qu’une communauté est dynamique? Qu’un village réussisse à renverser la tendance de la dévitalisation? Nos milieux ruraux sont remplis d’exemples qui fournissent des réponses à ces questions. Visages régionaux vous propose de porter un regard sur des communautés qui se prennent en main et sur les meilleures pratiques adoptées par celles-ci pour y arriver.

 

Voir la programmation du congrès.

Pour obtenir le contenu de la formation en format PDF, suivez ce lien.

Le coworking en région 1024 572 Marie-Eve Arbour

Le coworking en région

La première fois que j’ai mis les pieds dans un espace de « coworking », c’était à Montréal, à l’Esplanade. C’était beau, chaleureux. Ça sentait le bon café expresso. Je me suis sentie interpellée par le mot. Et en faisant quelques recherches, je suis aussi tombée amoureuse de la philosophie qui se cache derrière.

Mais comment adapter ce phénomène très urbain à la vie en région ?

QU’EST-CE QUE LE COWORKING

 

Le coworking est d’abord une réponse organique aux nouvelles réalités du monde du travail. Avec l’évolution des technologies, on retrouve de plus en plus de travailleurs autonomes, de gens qui font du télétravail ou qui combinent plusieurs emplois. Les besoins des travailleurs changent.

Les espaces de coworking ont donc émergé suite à l’initiative d’entrepreneurs et travailleurs autonomes pour répondre à un de ces besoins : sortir de l’isolement et de la solitude du travail à la maison, tout en continuant d’être à leur compte et en préservant  autonomie et liberté.

Et pour plein d’autres bonnes raisons : recevoir ses clients ailleurs qu’à la table de cuisine, faire une réunion Skype sans que ses enfants passent derrière déguisés en pirate, retrouver moins souvent du Nutella sur ses dossiers importants, ne pas se sentir obligé de faire une brassée de lavage entre deux appels, etc.

Être un coworker, c’est avoir accès à un espace de travail partagé, où évolue un réseau pluridisciplinaire de travailleurs et de professionnels. La différence d’avec les centres d’affaires où on peut y louer un bureau est la philosophie qui donne sa couleur au coworking : tout est pensé pour favoriser les rencontres, les échanges, l’innovation, l’ouverture, la convivialité.

Il s’agit souvent de bureaux à aire ouverte, bien qu’il y ait parfois aussi des bureaux fermés. Ça créé une ambiance particulière, assez loin des espaces de travail conventionnels. Et c’est précisément cette ambiance que les coworkers recherchent. Ça et la flexibilité. Chaque espace opère avec son mode de fonctionnement : location à la journée, quelques jours par semaine ou à temps plein.

 

LE COWORKING EN RÉGION

 

Au Québec, l’émergence du coworking s’est déployée d’abord à Montréal, Québec, puis est arrivé graduellement dans des villes de taille moyenne et de plus petite taille. Il y en a maintenant à Gatineau, Drummondville, Trois-Rivières, Sherbrooke, Ste-Thérèse, Cowansville, Chicoutimi, Thetford Mines, etc. Rendez-vous ici pour voir la liste des espaces de coworking au Québec.

Bien que le concept soit particulièrement bien adapté pour les villes, surtout à cause du bassin de travailleurs pouvant être intéressé à y occuper un espace, il rejoint aussi un défi propre aux régions : celui de l’isolement et de la solitude que peuvent vivre les travailleurs autonomes et petits entrepreneurs.

J’ai parlé avec les responsables de quatre espaces de coworking en région pour connaître leur réalité, philosophie et recommandations pour que se déploient davantage de projets du genre.

EXEMPLES DE COWORKING EN RÉGION

 

Tout d’abord, direction St-Narcisse en Mauricie. Située dans la MRC des Chenaux, cette municipalité compte un peu plus de 1700 habitants. L’idée d’ouvrir l’ÉTAB a mijoté longtemps dans la tête des promoteurs avant de se concrétiser. C’est dans l’ancienne école du village que cohabitent maintenant 9 entreprises, depuis le début de l’année 2016. Une phase 2 est prévue en 2017 pour en accueillir davantage.

 

À Chicoutimi, Le Moulin à Cie est né par le désir des promoteurs de faire évoluer leurs entreprises respectives dans un endroit où la culture entrepreneuriale soit tournée vers la collaboration. En opération depuis le 6 octobre 2016, l’aire ouverte de travail peut accueillir jusqu’à 10 personnes simultanément.

 

Du côté de la FourmiliAire à Sherbrooke, l’aventure a pris 3 ans à se concrétiser sous la forme actuelle du projet. Installés dans leurs nouveaux locaux en juillet, ils accueillent maintenant une dizaine de locataires et la porte est ouverte pour d’autres.

 

Créagora existe depuis 2013 et est situé à Gatineau. Il s’agit d’un espace polyvalent où y circulent quelques 120 membres au total. Ils y organisent des expositions d’artistes, des causeries, des formations et des rencontres afin d’encourager les échanges et la création de partenariats entre organismes et entrepreneurs régionaux.

 

 

 

OUVRIR UN ESPACE DE COWORKING : DÉFIS ET RECOMMANDATIONS

 

Ça semble évident, mais la première recommandations des promoteurs à qui j’ai parlé est la suivante: s’assurer qu’il s’agisse d’un réel besoin au sein de la communauté. Analysez le marché, sondez les gens. Et créez un espace adapté à leurs besoins. Les espaces de coworking peuvent fonctionner avec différents forfaits : location au mois, à l’année, bureaux ouverts, fermés, occupation allant de « à la journée » à du 5 jours/semaine. Prenez le temps de développer les forfaits qui correspondent le mieux à votre clientèle.

Un des défis rencontrés par les promoteurs se situe au niveau du déploiement du projet. Le fameux paradoxe de l’œuf ou la poule : trouver d’abord un local, ou des coworkers ? Bien qu’il faille trouver un local pour attirer des coworkers, une fois qu’on l’a, il faut commencer à le payer ! Et les gens qu’on approche ne sont pas tous prêts à débuter en même temps. Ce qui a sauvé la mise pour la FourmiliAire, c’est d’avoir un propriétaire facilitant qui croit au projet et qui a fait preuve de flexibilité. Pour l’ÉTAB, c’est grâce à l’implication directe de la municipalité qui demeure propriétaire de l’infrastructure que le projet a pu démarrer.

Une autre recommandation est celle de bien définir et communiquer les valeurs, ainsi que le caractère particulier de l’espace. Ce type de milieu de travail ne correspond pas à tous les travailleurs et il faut respecter cette limite. Tenter de plaire à tous en dénaturant l’essence-même du concept peut repousser ceux qui étaient venus chercher précisément cette ambiance de travail.

Attention également à l’essoufflement des promoteurs. C’est souvent avec passion que se développe l’idée, par un groupe restreint de personnes. Prendre le temps de sonder le milieu, de bien connaître les besoins et d’impliquer les intéressés dans le processus de création est gagnant pour stimuler leur engagement. Car, surtout au début, il y aura plusieurs tâches qui auront à être effectuées, souvent bénévolement : rénovations, ouverture du local aux visiteurs, etc.

Dans tous les cas, les projets, lorsqu’ils étaient en phase de démarrage, ont pu compter sur la collaboration et l’expertise de d’autres espaces de coworking. Le partage d’expérience, d’outils, de modèles de contrat et de conseils semble être chose commune dans le mouvement. N’hésitez donc pas à prendre le téléphone et à poser vos questions !

 

10 RAISONS DE DEVENIR UN COWORKER

 

Pas encore convaincu par le coworking ? Voici 10 raisons qui achèveront de vous persuader.

Un espace de coworking, c’est :

1. Le remède numéro 1 contre la solitude du travail à la maison.
Fini les dîner en tête-à-tête avec l’ordinateur !

2. Un lieu de travail professionnel.
Avoir enfin l’impression « d’aller au bureau »… et d’avoir envie d’y aller !

3. Des prix de location compétitifs.
Le partage des ressources, c’est gagnant !

4. La flexibilité quant à votre occupation de l’espace.
Vous pourrez quand même travailler en jogging dans le confort de votre foyer quelques jours par semaine !

5. La possibilité d’avoir l’avis d’autres personnes sur vos projets.
Comme on dit, deux têtes en valent mieux qu’une !

6. Un lieu où accueillir ses clients.
Plus besoin de faire le ménage de la maison avant d’accueillir un client !

7. Des outils de travail à votre disposition.
Ayez enfin accès au fax, au projecteur et à l’imprimante que vous n’avez jamais pu vous payer !

8. Évoluer au contact des autres.
Fertilisez, contaminez et faites avancer vos idées !

9. L’accès à du savoir.
Participez à des formations, conférences et ateliers donnés par vos collègues !

10. La liberté, sans l’isolement.
Maintenant, êtes vous convaincus ?!

Photo by Markus Spiske on Unsplash
Manger le village! 936 936 Marie-Eve Arbour

Manger le village!

Si je vous dis qu’il existe un endroit où l’espace public s’est transformé en un jardin potager géant et gratuit. Qu’une communauté de 14 000 habitants a atteint en 3 ans 83% d’autosuffisance alimentaire. Me croyez-vous ?!

Dans un monde où les extrêmes se chevauchent en termes de production alimentaire, les mangeurs qui se préoccupent de leur alimentation sont toujours plus nombreux. Et pour cause. C’est plutôt rare d’entendre que quelqu’un préfère les oranges fluo et les fraises bioniques du supermarché à des aliments locaux, frais, peu transformés et cultivés avec des pratiques qui respectent l’environnement.

LES INCROYABLES COMESTIBLES

L’endroit dont je vous parle, c’est à Todmorden en Angleterre. C’est là qu’a été lancé le mouvement des Incroyables Comestibles en 2008 avec un projet simple, mais ambitieux : utiliser les espaces publics pour faire pousser des fruits et des légumes. Planter partout où c’est possible et partager la récolte avec les passants.

Avant les Incroyables Comestibles, au Québec, l’agriculture urbaine commençait tranquillement à s’implanter dans les mentalités et en pratique. On voyait apparaître ici et là des potagers domestiques, des jardins collectifs, communautaires et des exploitations commerciales, comme les Fermes Lufa par exemple. Généralement, on distingue l’agriculture urbaine de l’agriculture rurale, puisqu’on parle de cultures sur de petits espaces, pour produire un complément alimentaire, par des fermiers qui font de cette activité un passe-temps.

La gang de Todmorden a cependant fait exploser le concept. Bien documenté, médiatisé et propulsé dernièrement par le film Demain, l’idée se répand comme une traînée de poudre à travers le monde et le Québec n’est pas en reste. Des « Incroyables Comestibles » se sont formés à Montréal, Québec, Drummondville, Dalhousie, St-Élie-de-Caxton et à bien d’autres endroits.

POURQUOI EST-CE SI POPULAIRE ?

Déjà, on parle de se réapproprier l’espace public. C’est sexy et attrayant ! L’occidental modèle est habitué à respecter les limites physiques que l’on s’impose. Les clôtures, les espaces privées. En s’autorisant à cueillant un fruit sur le bord d’un trottoir, on a l’impression de défier l’interdit (même si au fond, c’est permis !).

Deuxièmement, ce genre d’initiative permet de créer un lien social avec sa communauté. On a tout à coup des points en commun, des choses à se dire, des tâches à partager et surtout, un objectif commun.

De plus, cultiver un peu partout recrée un contact avec la nature, mais surtout avec son alimentation. Avoir contribué à planter, arrosé, entretenir tout au long de la saison et enfin manger le fruit de son travail est gratifiant. Ça redonne de la fierté à une communauté.

Et finalement, ça permet de lutter solidairement contre un système alimentaire mondialisé qui ne fait pas notre affaire.

DES VILLAGES NOURRICIERS AU QUÉBEC

Chez nous, un peu partout et à petite échelle, des initiatives similaires sont développées dans les villages du Québec. Elles ne s’identifient pas d’emblée au mouvement des Incroyables Comestibles, mais en portent les valeurs et l’idée générale du partage et de la production alimentaire en plein cœur du village. Qui plus est, elles sont toutes déployées par une large mobilisation citoyenne.

Chose intéressante, les initiatives proviennent de trois sources différentes. Elles sont parfois mises de l’avant par un OBNL, par une municipalité ou encore par un comité citoyen informel.

VERGER COMMUNAUTAIRE DE STE-URSULE

À Ste-Ursule, c’est Marc-Olivier Harvey, un citoyen du village qui a décidé de faire un cadeau à sa communauté. Un de ses terrains, situé entre l’école primaire et la garderie du village a été converti en un verger d’arbres à fruits et à noix. Aménagé selon les principes de la permaculture, on y retrouve pommiers, poiriers, pruniers, mais aussi des vignes, des plants de bleuets et des noisetiers. Le verger est accessible à la population qui peut venir y faire une cueillette ou simplement s’y détendre.

LA POMMETTERIE DE ST-GABRIEL

Ça aussi c’est une belle histoire. C’est l’arrivée d’une nouvelle résidente à Saint-Gabriel-Lalemand qui a donné à cette communauté “dévitalisée” un projet mobilisateur. Pour faire une histoire courte, des centaines de pommetiers ont été plantés sur les terrains des résidents. En plus d’être beau, ils en sont fiers et ils en mangent! La Pommetterie est maintenant un OBNL qui exploite 9 vergers chez des particuliers. Les récoltes sont mises en commun et les fruits sont transformés en produits finis.

EURÊKO !

Cet OBNL du Saguenay a développé des projets d’aménagements comestibles dans trois municipalités : Saint-François-de-Sales, Sainte-Monique de Honfleur et Larouche. Ils misent sur la force citoyenne locale, ils engagent les élus dans une réflexion sur l’autonomie et la résilience alimentaire.

PARC CROC-NATURE

Cette initiative se revendique du mouvement des Incroyables Comestibles. En plein cœur de ce village qui longe la 132, des sentiers de végétaux comestibles et de nombreuses plates-bandes ont été aménagées. Le projet fonctionne sous un principe de parrainage. Chaque membre de la communauté peut parrainer un arbre, un bac à fleur, etc.

LES POUCES D’OCTAVE

La municipalité de St-Octave-de-Mitis a mis l’alimentation et l’agriculture locale au premier plan de ses priorités. Elle a aménagé une salle horticole, une serre et un potager, en plein cœur du village. Ces installations sont à la disposition de la communauté et des élèves de l’école primaire.

ALLIANCE ALIMENTAIRE PAPINEAU

Le projet « Villages nourriciers » vise l’autonomie alimentaire de sa communauté, par le biais de l’éducation, de la participation citoyenne et de l’autoproduction alimentaire. L’ONBL a piloté la plantation de 180 arbres à fruits et à noix, parrainés par les citoyens, dans 5 villages de la MRC. Des ateliers de formation variés sont offerts à la population pour consolider un savoir-faire collectif en lien avec la production et l’alimentation.

DES MUNICIPALITÉS PROACTIVES

Dans tous ces exemples, même si le point de départ est un citoyen ou un OBNL, la concrétisation du projet dépend largement de l’implication de la municipalité. Donner un accès à de l’eau, des infrastructures, du financement, des ressources humaines sont autant de façon qu’elle peuvent encourager l’émergence et la pérennité de ce genre d’initiative.

Dans un prochain article, nous verrons concrètement comment les municipalités rurales peuvent jouer un rôle prépondérant dans le développement de l’agriculture de proximité, en inscrivant celle-ci dans leurs priorités.

AUTRES INITIATIVES EN LIEN AVEC LE SUJET

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à poursuivre votre découverte d’initiatives similaires à celles qui viennent d’être présentées :

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Visages régionaux peut vous aider à pousser plus loin votre réflexion et vos connaissances sur le sujet et vous accompagner dans la concrétisation d’un projet.

Conférence: 45 minutes à 1 heure de contenu et période de question

Atelier participatif: 45 minutes à 1 heure de contenu 2 heures d’atelier pratique

Accompagnement: Banque d’heures pour le développement ou le perfectionnement d’un projet

[email protected] // (581) 337-3727

Et les gagnants sont … 1024 573 Marie-Eve Arbour

Et les gagnants sont …

C’est aujourd’hui qu’on dévoile les gagnants des bourses qui récompensent deux projets inscrits sur Visages régionaux!

Roulements de tambours……

Visages régionaux remet une première bourse de 1 000$ (désignée par tirage au sort) à l’initiative La Factrie, coop de solidarité éco-créative. Située à Dunham, La Factrie est un espace collectif de création, de formation et de solidarité sociale. C’est à la fois un atelier de production, une salle de cours et d’événements culturels et communautaires. Imaginez une Factrie dans chaque village… ce genre de projet stimule la créativité de la communauté, tout en créant des liens dans la population !

La deuxième bourse de 500$ est remise au Centre pour l’immigration en région. L’organisme aide les familles immigrantes à s’installer dans les régions du Québec et stimule leur participation active au développement de leur communauté d’accueil. Ils mettent une emphase particulière à encourager la création d’emplois et d’entreprises comme moyen d’intégration en région, en priorisant le secteur agroalimentaire, agricole et le développement durable. 

C’est l’organisme Place aux Jeunes en région qui leur remet cette bourse. Si tu ne connais pas Place aux jeunes en région, c’est le temps de les découvrir. Leur mission: favoriser la migration, l’établissement et le maintien des jeunes en région. Des agents de migration travaillent aux quatre coins du Québec pour t’aider à t’installer, te trouver un emploi, t’intégrer, etc. Ils offrent même des séjours exploratoires pour mieux connaître les réalités locales avant de faire le saut. Un incontournable!

Visages régionaux et Place aux Jeunes en région unissent finalement leur voix pour décerner une mention Coup de Cœur. Celle-ci va au projet Banque de terres agricoles. Présentement accessible dans 8 MRC au Québec, il vise un déploiement provincial prochainement. Banque de terre se concentre à augmenter l’accessibilité des terres pour la relève agricole et à maintenir le dynamisme agricole de nos régions. À découvrir si tu es à la recherche d’une terre!

Il y aura une autre remise de bourse en 2017. La date sera annoncée prochainement. Tous les projets qui s’inscriront à compter d’aujourd’hui y seront admissibles.

Si tu souhaites contribuer au financement d’une bourse, tu peux communiquer avec moi. Toutes les contributions recueillies via le site internet sont réinvesties dans des initiatives rurales sous forme de bourse.

Je te laisse aller découvrir les 250 autres initiatives inscrites sur le répertoire et t’inspirer. De belles heures bien remplies en perspective!

Le frisson du Nous 1024 573 Marie-Eve Arbour

Le frisson du Nous

Cet été, j’ai profité de mes vacances pour aller voir l’exposition 25 x la Révolte!Un chef-d’œuvre présenté au Musée de la Civilisation, signé Hugo Latulippe. Dans cette exposition, on découvre vingt-cinq événements qui depuis la chute du mur de Berlin, marquent notre époque.

À travers la proposition du documentariste, on rencontre des personnalités politiques qui ont été chez eux au cœur d’une contestation : mouvement des indignés, premières élections libres en Afrique du Sud, mariage gai aux Pays-Bas, opposition à la guerre en Irak aux États-Unis, armée zapatiste de libération nationale au Mexique, conflit israélo-palestinien, printemps arabe, printemps érable…

Ça m’a fait réfléchir : d’où est-ce que je tiens cette sensibilité aux luttes sociales et environnementales d’ici et d’ailleurs?

Mon éveil à l’action collective a passé comme bon nombre de citoyen-ne-s de mon âge par la grève étudiante de 2005. Je n’étais pourtant pas personnellement touchée par les coupures de 103 millions dans le régime des prêts et bourses. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont assumé mes frais de scolarité.

Pourtant, ce que j’ai connu pendant ces quelques semaines, c’est le frisson du Nous. Celui que tu attrapes lors d’une manif ou d’une assemblée générale. Qui te fait oublier les cours à rattraper ou la session qui s’allonge indéfiniment. C’est le même frisson qui traverse à mon avis tous ceux qui sacrifient leur temps au nom d’une lutte collective. Celui qui te laisse croire que la force du nombre va peut-être bien nous la faire gagner cette bataille, contre ce dirigeant, cette compagnie, cette loi, ce système qui nous opprime.

L’idée géniale d’Hugo Latulippe est de faire ressortir des liens entre ces soulèvements populaires. Mais au-delà de ça, il s’agit de mettre de l’avant une génération mobilisée et politisée, qui agit avec conviction. On comprend à travers ce regard que les vingt-cinq événements sont loin d’être des contestations isolées : ils sont liés par le même optimisme de faire changer les choses et guidés par une indignation collective profonde. Mais aussi par la certitude que le changement est possible, autant qu’on s’y attarde en tant que société.

Au Québec, cette génération mobilisée et politisée dont il est question a vu ses capacités renforcées par la mobilisation du printemps érable de 2012. Comme l’explique Gabriel Nadeau-Dubois dans l’entretien présenté au musée, nous avons gagné une bataille. Nous avons obtenu gain de cause et fait tomber le gouvernement! Plus encore, la question des frais de scolarités dont il était question au départ a vite été transcendée par un cri du cœur d’autres pans de la société québécoise. Un malaise collectif a eu la chance de s’exprimer. Nous avons été nombreux à le ressentir ce frisson du Nous. Avoir dans notre société des gens qui ont vécu une lutte victorieuse, ça, c’est encourageant pour la suite des mobilisations à mener au Québec, dit-il.

Évidemment, on connaît la suite de l’histoire. Après un court séjour au pouvoir des péquistes, les libéraux sont revenus en force, mettant en place des politiques d’austérité des plus draconiennes, au nom du sacrosaint équilibre budgétaire.

Celles-ci ont – et continuent d’avoir – un impact sur la société québécoise. Comme l’évoque avec justesse Nadeau-Dubois dernièrement dans l’Actualité, « les médias rendent compte chaque semaine des conséquences humaines de cet entêtement comptable : recours au socio-financement pour se payer des soins d’hygiène en CHSLD, réductions de services dans les écoles défavorisées, fermeture d’un centre d’accueil, révision à la baisse des heures d’ouverture des bibliothèques dans les cégeps et les universités, etc. ».

Si les changements espérés par les casseroles qui résonnaient à travers la province n’ont pas encore vu le jour, c’est faux de dire que personne n’y travaille et que les mouvements sociaux nagent dans l’immobilisme en attentant le prochain grand soulèvement populaire. Les groupes, organisations et regroupements sont à l’œuvre au quotidien et tentent de trouver des alternatives pour répondre aux enjeux qui les préoccupent. Et à palier aux coupures budgétaires dont de nombreux programmes sociaux sont victimes. À force de créativité, de travail collectif et de génie humain, la volonté du changement social et environnemental continue son chemin.

Dans cette grande mosaïque de l’action collective, je m’intéresse plus spécifiquement à la ruralité québécoise. À comprendre comment les petites communautés rurales réussissent à trouver et mettre en place les solutions aux défis qui les confrontent. Je travaille plus précisément à construire une référence du développement collectif en milieu rural. Avec Visages régionaux, je vise à démontrer que les petites communautés s’attèlent ensemble à réinventer les bases de leur avenir. Cette référence, elle se construit collectivement. Ce sont les gens d’action eux-mêmes qui inscrivent leurs initiatives au répertoire. Je vous invite d’ailleurs à le faire si vous êtes impliqué dans un projet qui s’opère de manière collective.

Encore ici, la génération mobilisée et politisée est à l’œuvre, alimentée par le frisson du Nous. Si ces acteurs ont choisi d’habiter en campagne, ce n’est pas faute de connaître ce qui se passe ailleurs au Québec et dans le monde. C’est qu’ils ont choisi ce terreau pour canaliser leurs efforts pour le changement qu’ils estiment nécessaire.

En terminant, je ne sais pas pour vous, mais j’ai souvent ressenti le sentiment de l’urgence d’agir. Voir des bombardements sévir dans un pays, entendre que telle loi vient d’être adoptée, que tel pipeline serait construit. Urgence d’agir, mêlée à une certaine impuissance à la fois. C’est normalement l’effet que l’exposition aurait dû me faire, à voir autant de luttes qui restent encore souvent à terminer. Or, j’en suis pourtant ressortie avec deux certitudes.

La première, c’est qu’Hugo avait raison. Les événements présentés sont loin d’être isolés. Et les gens qui y mettent l’épaule à la roue non plus. La quantité de gens qui militent en faveur des droits et de la dignité humaine devrait nous donner confiance en l’avenir. Nous sommes plus nombreux que ceux qui profitent du système et de ses inégalités.

La deuxième, c’est que le changement, c’est long. On ne peut pas s’attendre à des bouleversements systémiques avec quelques coups de cuillères sur une casserole, aussi retentissant en soit l’écho. Le changement, c’est sur du long terme. C’est une question de réseautage, d’interconnexion des luttes, de dialogue. C’est la fin du travail en silo. De nos jours, nous n’avons jamais été aussi liés, via internet et les réseaux sociaux. Une force vive à utiliser, sans pour autant délaisser la rencontre en chair et en os. Si les casseroles sont l’étincelle du changement, il y a un long travail de définition et de construction collective qui doit s’en suivre. C’est facile de savoir ce qu’on ne veut pas. Encore faut-il rassembler les pièces du casse-tête et former l’image qui nous fait rêver pour la suite. Ça, c’est le véritable défi.

Cet article a d’abord été publié sur le site Nous.blogue.

Des vacances, mais pas comme tout le monde 1024 573 Marie-Eve Arbour

Des vacances, mais pas comme tout le monde

Cet été, pas besoin de passer les mêmes vacances que tes voisins. Oui, le Rocher-Percé, c’est beau. Les baleines à Tadoussac aussi. Le Château Frontenac, le Festival de Jazz, c’est agréable. Mais Visages régionaux t’a débusqué quelques endroits rafraîchissants, hors des sentiers battus. Pour des expériences inoubliables et des histoires pas communes à raconter au bureau au retour des vacances !

Tu t’es déjà demandé combien ça vaut un billet de vingt coupé en deux ? Facile. Ça vaut la moitié ! C’est ce qu’a conclu un groupe de citoyens en Gaspésie qui a eu envie de créer une discussion sur la monnaie, l’achat local et la prise de pouvoir citoyen. En coupant les billets, ils sont retirés de la circulation régulière et transigent alors dans un réseau parallèle. C’est ainsi qu’est né le Demi-Gaspésien. Tout le monde peut en émettre, en accepter, en refuser, en parler. Cet été, trainer une paire de ciseaux dans ses valises devient une belle façon d’encourager l’économie locale!

Direction Bas-Saint-Laurent. Le Collectif le Récif t’invite durant tout le mois de juillet au Festival de la Cueillette des savoirs. Il s’organise en quatre semaines thématiques : l’autonomie alimentaire, l’éducation alternative, les enjeux environnementaux et les bienfaits de l’art. À chaque jour, les citoyen-ne-s de la MRC des Basques te partagent leur savoir. Une cueillette bien diversifiée en perspective.

Dans les Laurentides, l’organisme Agir pour la Diable t’invite à descendre la rivière du Diable en canot. En plus de faire du plein air, tu termineras cette activité plus savant, en connaissant les enjeux et caractéristiques de la rivière, ainsi que sa faune ornithologique.

Un arrêt en Estrie s’impose cet été, à St-Camille. Ce village déjà dynamique vient d’ouvrir le Café du Flâneur. En référence au « Calepin d’un flâneur », recueil de Félix Leclerc. Le Café du Flâneur, c’est un endroit où on peut s’arrêter, sans raison, pour prendre le temps. Ouvert 7 jours sur 7, on y mange local et authentique.

Dans la Petite-Nation en OutaouaisVillages nourriciers vous fait quelques suggestions. Le Marché public est à voir les vendredis soirs pour les 5 à 7 et les samedi. Derrière le Marché public, il y a un jardin collectif et un magnifique jardin de plantes aromatiques et médicinales. À partir de la fin-août, le Verger Croque-Pomme est l’endroit indiqué pour de l’auto-cueillette (pomme, courge, citrouille) et des activités agrotouristiques. Et le parc des Montagnes Noires de Ripon est un must pour ses balades en forêt.

Sur la Côte-Nord, dans la Manicouagan, tu dois passer la Coopérative de solidarité Gaïa. On y cultive et offre des produits agroalimentaires locaux et écologiques. Il y a aussi une champignonnière de shiitake sur billots de bois. Très impressionnant à voir ! Des activités prévues au calendrier cet été et tu peux passer les voir. Mais appelle avant, pour être certain que Francis y sera pour t’accueillir : (418) 587-8367.

Dans la belle Mauricie, un passage Aux cinq sœurs s’impose. L’ancien Magasin Général de Ste-Thècle renaît de ses cendres et se transforme en Café-Boutique. Cet édifice patrimonial a été rénové et restauré selon les règles de l’art afin d’offrir un endroit chaleureux. On peut y découvrir la culture locale par les produits alimentaires et artisanaux qui y sont offerts par 60 artisans.

Habitat 07 dans la Capitale-Nationale est un bâtiment écologique qui vise à sensibiliser et informer la population sur les énergies nouvelles et sur les pratiques liées au développement durable. Tu peux visiter cette maison tous les jours. Mais Habitat 07, c’est beaucoup plus. Des activités éducatives en éco-foresterie y sont proposées, ainsi que des visites d’interprétation de la flore comestible, qui inclut une dégustation de produits forestiers non ligneux boréaux. Miam !

Pour les chanceux qui se rendront jusqu’en Abitibi-Témiscamingue, tu dois absolument passer par le Rift à Ville-Marie. Cet organisme travaille au rayonnement culturel de la région. Expositions, spectacles, films et activités culturelles y sont présentés. Mais l’incontournable de l’été, c’est la 13e Biennale internationale d’art miniature. C’est un concours de 400 œuvres miniatures, rassemblant 20 pays et plus de 200 artistes.

Tu as bien raison d’avoir choisi les fameuses Iles-de-la-Madeleine pour tes vacances. Là-bas, les produits locaux sont rois. La signature unique des produits de l’archipel vient de leurs deux garde-manger naturels : la terre et la mer. Le Bon goût frais des îles rassemble les producteurs des îles notamment à la boutique l’Étal. Des circuits et événements gourmands font également partie de la proposition.

Une maison en pneus, première maison de type « earthship » au Québec est située dans Lanaudière. Tu peux la visiter et rencontrer Hélène et Alain qui l’habitent et l’ont auto-construite. L’Es-cargo, c’est aussi un mode de vie très poussé vers l’autarcie. Deux dates officielles cet été : 24 juillet et 13 août.

La Ferme Berthe-Rousseau, c’est un coup de cœur assuré. Petite ferme de 20 hectares située à Durham-Sud au Centre-du-Québec, elle accueille des gens fragilisés ou blessés par la vie, ou simplement des visiteurs de passage. L’accueil y est une tradition. Pour y être allée, c’est vrai qu’ils excellent en la matière ! Et c’est impressionnant de voir comment ils arrivent à nourrir leur monde en produisant légumes, lait, oeufs, viande et miel.

Si tu passes par St-Jean-Port-Joli en Chaudière-AppalachesEst-Nord-Est est l’endroit tout indiqué pour voyager sans quitter le pays. Des artistes en art contemporain en résidences y sont durant plusieurs semaines, le temps de s’extraire du quotidien pour travailler dans un espace culturel différent, vivant et stimulant. Des belles discussions en perspective !

Et voilà, ça fait le tour de nos propositions estivales. Évidemment, il y en a bien plus, mais c’est un aperçu qui démontre que nos régions et nos petites communautés ont des propositions intéressantes et sont plus vivantes que jamais. Visages régionaux documente, analyse et communique cette ruralité en émergence. Projets collectifs, alternatives et mobilisation des communautés. Si tu as un projet du genre, tu peux l’inscrire ici, pour qu’on en parle encore plus !

Cet article a d’abord été publié sur le site Néorurale.ca

Je n’ai jamais pensé vivre en région 1024 573 Marie-Eve Arbour

Je n’ai jamais pensé vivre en région

Et pourtant!

Depuis 4 ans, je vis dans une communauté de 1100 habitants, lovée dans le haut pays d’un Kamouraska enchanteur. À chaque été, un nouvel arrivage de jeunes fraîchement débarqués de la ville vient remplir les maisons à louer le long de la 132. L’automne venu, plusieurs restent pris dans nos filets et ne retournent plus d’où ils sont venus.

Ce phénomène n’est pas exclusif au Kamouraska. Il existe dans plusieurs villages au Québec.

Qu’est-ce qui fait que des jeunes s’accrochent les pieds dans un village? Comment choisissent-ils leur nouvelle terre d’accueil? Pourquoi ce village plutôt qu’un autre? Comment se passe leur intégration? Leur engagement dans la communauté?

Autant de questions auxquelles je ne pourrai pas répondre en quelques paragraphes. Ce serait dommage d’accorder si peu d’importance à un phénomène qui change le visage de nos campagnes. Ces questions, je m’engage à les aborder avec vous, au fil de mes publications sur ce blogue.

Donc.

Pourquoi des milliers de jeunes urbains qui comme moi, n’avaient jusque-là jamais vraiment pensé vivre en région font le saut? Choisissent délibérément de quitter l’effervescence de la ville, des cafés, des restos, des événements culturels tous les coins de rue. Les Bixis, leurs amis, leur famille, les boutiques, le transport en commun? Tout ça pour devenir un néorural.

Mais justement, qui sont ces néoruraux? Le Groupe de recherche sur la migration ville/campagne et les néoruraux amène un éclairage intéressant sur cette question. Leurs travaux confirment que quitter la ville pour s’établir en campagne est un projet souvent concrétisé par des jeunes adultes – en majorité les 25-39 ans. Plusieurs d’entre eux sont très scolarisés et détiennent un diplôme universitaire. Ils arrivent généralement avec un conjoint et parfois un enfant en bas âge.

Ces jeunes, ils sont en quête de deux choses : de nouveaux défis et une meilleure qualité de vie. Ils choisissent la campagne davantage à cause de ses attraits, que par une répulsion de la ville. En fait, la campagne représente pour eux un cadre idéal dans lequel concrétiser un projet. Que ce soit celui d’acheter une maison, d’avoir des enfants, de démarrer une entreprise, la migration vient répondre au besoin d’enrichir son expérience globale.

Ce cadre, ils le considèrent plus calme, plus tranquille, limite bucolique. Ils le choisissent pour ses qualités physiques : la nature, le grand air. Et pour ses qualités sociales : l’entraide, la convivialité.

Par contre, tout comme moi, la plupart ont des attentes élevées envers cette campagne! Elle doit être proche d’une grande ville, mais pas trop. Habiter dans le village? Hum, pas tellement. À moins d’une offre incroyable, on recherche plutôt de grands espaces à l’abri des voisins. Mais il doit y avoir des services disponibles, et surtout : Internet haute vitesse!

Évidemment, ce portrait est grossier et incomplet. Malgré tout, il me correspond tout à fait. Tout comme il correspond à 100% des personnes ayant migré dans le Kamouraska que je côtoie.

Ce portrait, il soulève aussi des questions importantes que j’aborderai dans de prochains articles.

Premièrement, s’ils ont migré pour relever un défi, qu’arrivera-t-il une fois leur projet réalisé? Vont-ils repartir vers de nouveaux défis? Est-ce que le fait d’être impliqué socialement ou politiquement est suffisant pour les retenir? Et si oui, comment stimuler cette implication?

Autre question cruciale : comment les ruraux de longue date perçoivent-ils les néoruraux et quels sont les liens qui unissent les deux populations qui cohabitent?

Car si c’est bien d’y arriver, c’est encore mieux d’y rester!

Cet article a d’abord été publié sur le site Nous.blogue.

Photo de Marie-Eve Arbour. Présidente-fondatrice de Visages Régionaux.
Ce qui m’inspire 644 436 Marie-Eve Arbour

Ce qui m’inspire

Comme premier contact avec vous chers lecteurs de ce blogue sur l’action collective, on m’a proposé de vous partager ce qui m’inspire. C’est très simple. Ce qui m’inspire, ce sont les nouvelles formes de ruralité en émergence. Les initiatives qui sont propulsées par les communautés rurales, dans le but de répondre collectivement à leurs besoins et aspirations.

Née en ville, j’ai rapidement ressenti le besoin de grand air, d’espace pour créer, développer et de me sentir impliquée dans une communauté. C’est la région du Kamouraska qui m’a conquise. Car, comme bien des jeunes qui pensent à vivre en région, l’idée du mode de vie de la campagne m’interpellait, mais pas à n’importe quel prix. Femme d’action et de projets, pas question d’aller m’isoler dans le fond d’un rang. Bon, techniquement c’est vrai que j’habite dans le fond d’un rang! Mais je me sens au cœur d’une communauté bien vibrante, dans laquelle j’ai ma place. Dans laquelle les projets pour lesquels je m’investis ont un profond impact sur l’avenir de celle-ci.

Bref, ce qui m’inspire, ce sont les milliers d’initiatives collectives menées par des groupes et des organisations qui non seulement sont concernés par leur développement, mais qui mobilisent leurs pairs et s’engagent dans des projets pour agir concrètement sur leur milieu de vie. Ce sont toutes ces initiatives qui rendent nos régions encore plus vivantes que jamais. Cohabitat, conversions d’églises en projets communautaires, entreprises coopératives, marchés publics, démarches de démocratie directe, centres d’éducation populaire, construction écologique, permaculture, monnaies locales, accueil des immigrants, luttes environnementales, stratégies municipales d’attrait de jeunes en région, espaces de travail collectif, médias alternatifs, etc. La liste est longue!

La mission que je me suis donnée, c’est d’enfin donner une vitrine à cette mouvance alternative du Québec rural. Une réalité dont on entend encore peu parler. Nombreux sont ceux qui pensent encore que l’économie rurale et l’occupation du territoire sont essentiellement pensées en fonction de la foresterie et de l’agriculture. Or, cela tend à changer. Les milieux ruraux sont désormais les maîtres de leur propre destin et inventent collectivement les bases de leur avenir. Bien que ces deux secteurs d’activité aient encore une place prépondérante en région, tout n’est plus organisé en fonction de cela.

J’espère profiter de ma contribution à Nous.blogue pour mettre de l’avant ceux qui m’inspirent, pour partager des initiatives qui représentent le Québec rural alternatif.  Pour que cette nouvelle ruralité cesse d’être considérée comme marginale, mais qu’elle devienne la norme, tout simplement. Pour ce faire, j’irai puiser dans les expériences qui seront partagés sur le site Visages régionaux.

Cet article a d’abord été publié sur le site Nous.blogue.

How to become a Designer 1024 683 Visages Régionaux

How to become a Designer

Ought to Know

Dicta labitur alienum eam cu, ne quis iusto democritum has. Verear invenire inciderint cu eos. Ut nam tritani principes persequeris, dolorem suscipit posidonium cum ut. Solum tibique noluisse an sea, quando quaeque at eam.

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