Action Collective

Sainte-Luce: ma première destination! 819 1024 Marie-Ève Michaudville

Sainte-Luce: ma première destination!

Voilà mon premier article de bloyeee (eh oui, je me suis appropriée assez rapidement les expressions de ma collègue Claudia Tessier!). C’est d’ailleurs elle qui m’a convaincue de rédiger cet article. Elle a bien vu que j’avais des milliers d’étoiles dans les yeux lorsque je parlais de la gang de Sainte-Luce et de leur processus consultatif.

Le conseil municipal et les citoyens de Sainte-Luce ont de quoi inspirer bien des gens, et voici pourquoi.

Photo by Riccardo Annandale on Unsplash

Commençons par le début…

Le 9 octobre 2018, était ma première journée chez Visages régionaux. T’imagines même pas l’excitation et la fierté que j’avais de me joindre à cette belle équipe créative!

Tellement excitée que j’ai fait une solide rechute de caféine. Ça faisait un an que j’avais pratiquement arrêté de consommer cette boisson catalyseur d’anxiété dans mon cas (à l’exception d’un petit latté une fois de temps en temps, parce que c’est ssiiii bon !).

Bref, me joindre à une belle gang et contribuer à des mandats hautement stimulants me comblaient de joie! Après quelques semaines, malgré les lattés vraiment délicieux au bureau, le tout est revenu à la normale et j’ai banni à nouveau la caféine de ma vie, mais je n’étais pas peu moins fière et excitée par mon nouveau travail.

Mon rôle se concrétisait de jour en jour. J’étais la nouvelle recrue responsable des consultations publiques en personne et en ligne, ainsi que du développement des milieux (planification stratégique et concertation locale).

Je sais, LA JOB DE RÊVE !  

Sainte-Luce: le mandat

Sainte-Luce est une municipalité de 2 801 habitants située dans la MRC de la Mitis au Bas-Saint-Laurent. Située à 16km de Rimouski, Sainte-Luce ne connaît pas d’importants enjeux démographiques, en raison de sa proximité avec Rimouski et de son dynamisme. Reconnue pour sa plage et la promenade en bordure du fleuve Saint-Laurent, Sainte-Luce attire chaque été des milliers de touristes.  

Depuis les élections municipales de 2017, Sainte-Luce a la chance d’avoir à la tête de son conseil municipal Maïté Blanchette Vézina.

Une femme proactive, visionnaire, et qui a sincèrement à coeur le développement et l’avenir de Sainte-Luce.  

Nouvelle maire, nouveau plan d’action… une opportunité de réaffirmer collectivement les priorités de développement.

À première vue, tout semble bien aller à Sainte-Luce. Cependant, comme toute municipalité, quelques défis de développement y sont présents.

Voici les deux principaux défis soulevés par le conseil municipal de Sainte-Luce lorsqu’ils nous ont contactés:

#1 Abondance de comités… un beau problème non?

Sainte-Luce a la chance d’avoir de nombreux bénévoles s’impliquant dans plusieurs comités diversifiés. Cependant, on soulevait chez ces bénévoles un certain essoufflement et un chevauchement dans la mission de certains comités, surtout au niveau touristique. Un besoin de concertation et de recadrage de mission était nécessaire. De plus, le conseil municipal souhaitait s’assurer que les gens voulant contribuer aient la place pour le faire.

#2 Sentiment d’appartenance & guérison d’une fusion douloureuse

Sainte-Luce est une municipalité formée par la fusion de Sainte-Luce-sur-mer et de Luceville en 2001. Une fusion qui n’a pas fait l’affaire de tous et toutes… Cependant, une grande volonté existe afin de réconcilier les deux secteurs, et de partager une vision commune de Sainte-Luce sur l’ensemble de son territoire.  

Positionner l’importance d’agir ensemble.

Devant ces défis, le conseil municipal souhaitait obtenir une vision concertée des enjeux prioritaires à adresser collectivement.

Il nous a alors été donné le mandat de consulter la population sur différents enjeux et de proposer au conseil municipal des orientations pour son prochain plan d’action stratégique.

  • Pour ce faire, nous avons animé un atelier de vision avec les nombreux comités et organismes à but non lucratif de Sainte-Luce.
  • Afin de prendre le pouls de la population sur les enjeux prioritaires à aborder, nous avons organisé une grande journée de consultation. Les citoyens étaient invités à un parcours de consultation fort dynamique! Plus de 100 citoyens ont participé à cet événement.
  • Puis, nous avons utilisé notre plateforme de consultation en ligne pour poursuivre l’échange avec la communauté.

Nous avons utilisé les résultats de ces trois activités pour dresser les principales orientations du plan stratégique que nous avons présenté aux élus municipaux. Avec eux, nous avons priorisé les actions à inclure à la version finale.

Ce plan d’action fut adopté par le conseil municipal en début d’année 2019.

Pourquoi consulter?

Le conseil municipal de Sainte-Luce a de quoi en inspirer plus d’un. Pourquoi?

Car, en mettant la population au coeur des décisions comme elle a su le faire en novembre dernier, elle s’assure un avenir fort prometteur. En construisant le plan de développement de la municipalité en totalité sur la base des différentes consultations, elle s’assure l’engagement et l’adhésion des citoyens aux décisions qu’elle prendra ou aux projets qu’elle mettra sur pied.

Souvent, on entend que la consultation publique ne sert pas à grand-chose, et que les plans de développement des municipalités terminent la plupart du temps sur une tablette.

Ce ne sera pas le cas de Sainte-Luce. Ils ont une recette gagnante:

  • Implication des citoyens dans le processus de décision
  • Ouverture aux nouvelles propositions
  • Engagement du conseil municipal à la réalisation de ce plan
  • Présence d’une ressource pour faire avancer les différents dossiers s’y retrouvant.

Avec une consultation aussi importante, un plan stratégique collé serré sur cette consultation, et une forte intention de TOUT réaliser, cette municipalité met toutes les chances de son côté afin d’avoir une population engagée, mobilisée, qui s’implique et surtout, qui est extrêmement fière d’y vivre.

Voilà, ma première destination fut très inspirante comme vous pouvez le voir.

Riche d’apprentissages, cette première expérience d’accompagnement de municipalité m’a permis de connaître davantage Sainte-Luce, mais surtout de constater l’éventail de pouvoirs et tout le potentiel d’actions qu’une municipalité peut mettre en oeuvre.

La preuve qu’à l’échelle municipale, on peut réaliser de bien grandes choses! 

Pour terminer, voici la preuve que le conseil municipal de Sainte-Luce est en feu. Depuis la réalisation de ce mandat à l’automne dernier,  Sainte-Luce s’est mise en action, et fait parler d’elle très régulièrement dans les médias!

Voici un topo des articles mettant les actions de Sainte-Luce en vedette

Le Festif - Visages régionaux
Le Festif!, ou ton prochain déménagement 1024 576 Claudia Tessier

Le Festif!, ou ton prochain déménagement

Crédit photo: Jacques Viel

VISAGES RÉGIONAUX AU FESTIF!

Le festival de musique Le Festif! de Baie-Saint-Paul est maintenant devenu un incontournable pour de nombreux Québécois. Avec plus de 70 spectacles sur plus de 20 sites à travers le village (dont les dépanneurs, le quai, le sous-sol de la chapelle et la grande scène Desjardins), Le Festif! est le résultat du travail colossal d’un comité de jeunes citoyens. Eh oui, tu t’en doutes bien, il y avait une délégation de Visages régionaux, bien curieuse de voir la magie s’opérer.
Et l’événement marquait le début de nos vacances…

Chasse le naturel, et il reviendra au galop comme ils disent…

Dans mon cas, impossible de vivre l’événement sans l’observer sous tous ses angles.
Mon cerveau est en mode marketing territorial, graphisme et développement des communautés.

Tu peux passer par-dessus l’aparté inutile si tu veux du contenu un peu plus pertinent. C’est ton choix.

[APARTÉ INUTILE]

Les graphistes, vous allez me comprendre…
Dans la vie d’aujourd’hui, impossible d’ouvrir les yeux sans que du graphisme te saute dans la face! C’est sans arrêt. On est juste constamment mitraillé.
Impossible de décrocher de notre travail.

Le t-shirt que tu portes? On l’analyse.
Tu as apporté une bonne bière de micro? On analyse l’étiquette.
Même chose pour le vino, ton bon petit fromage fancy, ta belle bouteille de Kombucha…

Tu ne le sais pas, mais tu nourris un monstre.
À vrai dire, on t’écoute à peine parler. Notre esprit est ailleurs.
Notre corps est là, mais concrètement, ton étiquette nous propulse dans un genre de voyage astral qui nous aspire dans le trou noir du design graphique.—> On TCHÈKE l’étiquette.
C’est sérieux. L’autre jour, 3 commis à la SAQ sont intervenus à tour de rôle voir si j’avais besoin d’aide. «Pitié, sortez moi d’ici, je fais juste repasser les étiquettes une après les autres, j’en peux pu… Ramenez-moi à la maison s.v.p.»
Nous examinons le design, l’auscultons, le disséquons…
C’est de l’art chirurgical, man, rien de moins!

LES PROCHES AIDANTS
Pour les proches, ce n’est pas facile.
On met le pied dehors et puis oups, silence radio.
—> Houston, on vient de perdre le signal.

– Elle fait quoi Clau, on l’attend? On dirait qu’elle fait du piquette devant le poteau, a vraiment pas l’air bien…
– Elle regarde les flyers collés, inquiète-toi pas, laisse-la faire.

Affiches, enseignes, panneaux, dépliants… Partout, il y a toujours une création graphique quelque part qui va attirer capter notre attention.
Sérieux, partir avec un(e) graphiste en vacances, penses-y deux fois.
Parce que les vacances, qu’on se le dise c’est l’apogée du dépliant.

PIS JE LES RAMASSE 😳

Mais bref, là n’est pas mon propos.

[FIN DE L’APARTÉ INUTILE]

Le Festif!, c’est beau dans les yeux!

Tout le graphisme, la signalétique, les outils web étaient tout simplement magnifiques… et tellement pratiques! Du beau pour du beau c’est une chose, mais quand ça sert à la logistique d’un événement qui doit organiser des centaines de bénévoles, des fournisseurs, des artistes et des dizaines de milliers de jeunes sur le party, ça vient redonner un sens à nos vies de despotes du marketing.

Chapeau à Camille Rioux, la designer graphique derrière l’image du Festif! 2018.

Sur le bord de l’évanouissement à 40 degrés, je me suis assise et j’ai pleuré

Ben non.

J’ai juste répondu à un sondage, bien étendue sur un beanbag vraiment confo de l’entreprise Karibu… Une bénévole s’est agenouillée avec sa tablette pour recueillir mon humble avis sur l’incroyable machine du Festif. Il y avait plein de questions sur différents aspects de l’événement, et j’ai d’ailleurs j’ai donné un 9/10 pour appréciation générale.

Un 9 vraiment émotif, je le regrette aujourd’hui.
Juste parce qu’il n’y avait plus de billet pour Random Recipe.
J’ai dit 9 sous le coup de la colère… J’ai biaisé le sondage.

Toutes mes excuses auprès de l’organisation.
Sinon j’aurais donné une note de 20/10.

Et voici la dernière question du sondage:

«Qu’est-ce qui ferait que tu deviendrais résidente de Baie-Saint-Paul plutôt que touriste?»

Hum, la belle question.
J’ai répondu vite sans réfléchir: l’accessibilité au logement.

Mon chum m’a regardé avec un œil plus gros que l’autre: «c’est tout ce qu’il te manque pour déménager ici toi, un logement accessible?»

Ben non Guillaume, ben non.

Ç’a même vraiment pas de rapport à ben y penser.
Déménager et s’installer dans une nouvelle région c’est clairement plus compliqué que ça, c’est multifactoriel, et bien souvent, ça part du ventre plus que de la tête. Un élan amoureux, un coup de cœur, de la famille, des amis, etc.

Une chose est certaine, c’est que c’est beaucoup plus facile de déménager dans une région où une ville que l’on connaît déjà et qu’on porte dans son coeur.

Pour vrai, si je décidais de quitter le Kamouraska, je considèrerais sérieusement Baie-Saint-Paul.

Voici comment un événement comme le Festif! agit concrètement sur l’attractivité d’un territoire chez une jeune femme de 31 ans.

Les 3 raisons pour lesquelles je déménagerais à Baie-Saint-Paul
  1. Ma perception générale de la place est positive
  2. J’ai l’impression que la communauté partage mes valeurs
  3. J’ai un sentiment d’appartenance qui se construit avec les années

Et tout ça, c’est 100% à cause du Festif.

1- Perception positive de la place

C’est sûr! À chaque fois que je suis allée à Baie-Saint-Paul, c’était dans le cadre du Festif.
Je découvre, je rencontre, je fête, je mange, je danse, je ris, je dors
Dans mon p’tit cerveau-là, BSP = FUN.

J’ai beau me dire rationnellement : ouais, mais Le Festif ma belle cocotte, il n’est pas là à l’année longue! «Ouain. Pis? Je sais!». Mais c’est ça. Ce n’est pas rationnel. J’aime ça pis c’est tout. Ma tête fait volontairement abstraction des facteurs situationnels pour me faire une idée sur la place. Je suis fondamentalement convaincue que Baie-Saint-Paul ça doit être agréable en tout temps.

Y’a un magasin de bonbons, pis on peut descendre une rivière sur une licorne gonflable! Il est où le bonheur il est où? Il est drette-là : sac de jujubes à la main, chevauchant une licorne des mers.

2- L’impression que la communauté partage mes valeurs

La majorité des événements, malheureusement, sont de véritables catastrophes environnementales. Ya pas moyen de manger ou de boire sans contribuer au désastre. Les organisateurs du Festif! sont manifestement, très sensibles à cette question.

  • Stations d’eau potable disponibles sur plusieurs sites
  • Élimination complète des verres en plastique (35 000 Verres EcoCup)
  • Élimination complète des bouteilles d’eau en plastique
  • Nourriture vendue dans des contenants 100% compostables
  • Numérisation de l’information (billetterie, dépliants minimisés)
  • 92% des fournisseurs sont basés dans un rayon de 100km du site du festival
  • 80% des matières résiduelles recyclées ou compostées
  • Cible de 0,10kg de déchets destinés à l’enfouissement par festivalier
  • Fournisseurs alimentaires et bière = 100% local !
  • Transport de l’équipe + artiste : compensé par des arbres plantés dans Charlevoix

Source: site web du Festif!

Donc, j’ai l’impression qu’à Baie-Saint-Paul, les gens sont respectueux de l’environnement. Du moins, les gens de l’organisation. Et voir le nombre de bénévoles, je me dis que c’est déjà un bon ratio. Je généralise, c’est certain. Mais c’est déjà ça.

La programmation me correspond
Le développement durable me parle
La bière est bonne
Il y a plein de gens que je connais
Le graphisme est magnifique
Le café chez Arômes et Saveurs est malade mental

Bref, on a un match.
Je suis en harmonie avec mes valeurs quand je me promène à BSP.
Je ne me souviens pas d’avoir vécu ça au Festival de St-Tite.

3- Sentiment d’appartenance

J’en suis à mon 3e Festif!

Ça fait 2 fois que je fais le tour de l’ile-aux-Coudres
Le cousin à mon père habite là
Mon amie Ophélie vient de là
J’ai une nouvelle amie qui a une maison aux Éboulements
On pogne la radio de Charlevoix de chez nous au Kamouraksa
On a trouvé THE spot pour se baigner

Vous me voyez venir… On aime ce qu’on connaît! Pour développer un sentiment d’appartenance et avoir une attitude favorable envers quelque chose, faut y être exposé souvent. Avoir de belles images mentales. De beaux souvenirs.

En gros

Vous voulez attirer des jeunes dans votre municipalité, ville, région?

Laissez vos jeunes innover
Donnez-leur les ressources nécessaires pour réinventer leur localité
Mobilisez par l’art et la culture
Permettez l’expérientiel
Soyez fous, faites confiance!

Ou bien contactez Visages régionaux, on va vous accompagner 😛

P.S.

Avis aux festivaliers: Avez-vous eu l’occasion de vivre l’expérience 360 degrés au kiosque de La Fabrique Culturelle? J’ai visionné un clip vraiment touchant de Karim Ouellet et Fanny Bloom. J’étais immergée dans une expérience musicale vraiment enveloppante. J’ai adoré. J’ai littéralement capoté. Quand j’ai retiré mon casque de Robocop, mes yeux avaient carrément doublé de volume. Devant mon émerveillement débordant de points d’exclamation, les filles de la Fabrique Culturelle ont décidé de me donner une visionneuse 360 en carton. Je tiens à les remercier publiquement, car je peux maintenant faire des manèges dans ma cuisine, des sauts en parachute et plonger avec les requins.

Visages régionaux - Fabrique culturelle - Le Festif

Stéphane Lafleur (Avec pas d'casque) à l’Hôtel & Spa Le Germain Charlevoix

Crédit vidéo: François Viel

Émile Bilodeau sur la scène Radio-Canada

Crédit vidéo: François Viel

Milk & Bone au sous-sol de la chapelle

Crédit vidéo: François Viel

Photo by Elliot Sloman on Unsplash
Résultats: Sondage sur les 18-37 ans en région 936 936 Marie-Eve Arbour

Résultats: Sondage sur les 18-37 ans en région

Que ce soit à Sept-Îles, Val-D’Or, Saint-Camille ou Pohénégamook, la plupart des municipalités se sont déjà posé la question : comment faire pour attirer des jeunes à venir s’installer chez nous ?

Question complexe qui méritait que l’on renverse la question pour la poser aux principaux intéressés : les jeunes de 18-37 ans qui ont migré en région depuis les 5 dernières années et ceux qui pensent le faire d’ici les 5 prochaines.

Le sondage auquel plus de 2000 personnes ont répondu entre le 18 avril et le 9 mai visait à éclaircir trois grandes questions.

  1. Quels sont les principaux motifs de migration des jeunes? Que recherchent les jeunes lorsqu’ils quittent un grand centre urbain ?
  2. Qu’est-ce qui influence leur choix d’une municipalité plutôt qu’une autre?
  3. Quels types d’incitatifs ou d’actions mis de l’avant par les municipalités ou MRC ressortent comme étant les plus attrayants.

Voici donc, bien humblement, notre analyse des résultats.

Contactez-nous si vous pensez que Visages régionaux peut vous aider à travailler sur l’attractivité de votre territoire.

Photo by Riccardo Annandale on Unsplash
Conférence – Congrès 2017 «L’aménagiste régional, artisan du développement» 936 936 visagesregion

Conférence – Congrès 2017 «L’aménagiste régional, artisan du développement»

Le 19 avril 2017, Marie-Eve Arbour a prononcé une conférence dans le cadre du congrès 2017 de l’Association des aménagistes régionaux du Québec.

 

Description de la conférence

Qu’est-ce qui fait qu’une communauté est dynamique? Qu’un village réussisse à renverser la tendance de la dévitalisation? Nos milieux ruraux sont remplis d’exemples qui fournissent des réponses à ces questions. Visages régionaux vous propose de porter un regard sur des communautés qui se prennent en main et sur les meilleures pratiques adoptées par celles-ci pour y arriver.

 

Voir la programmation du congrès.

Pour obtenir le contenu de la formation en format PDF, suivez ce lien.

Et les gagnants sont … 1024 573 Marie-Eve Arbour

Et les gagnants sont …

C’est aujourd’hui qu’on dévoile les gagnants des bourses qui récompensent deux projets inscrits sur Visages régionaux!

Roulements de tambours……

Visages régionaux remet une première bourse de 1 000$ (désignée par tirage au sort) à l’initiative La Factrie, coop de solidarité éco-créative. Située à Dunham, La Factrie est un espace collectif de création, de formation et de solidarité sociale. C’est à la fois un atelier de production, une salle de cours et d’événements culturels et communautaires. Imaginez une Factrie dans chaque village… ce genre de projet stimule la créativité de la communauté, tout en créant des liens dans la population !

La deuxième bourse de 500$ est remise au Centre pour l’immigration en région. L’organisme aide les familles immigrantes à s’installer dans les régions du Québec et stimule leur participation active au développement de leur communauté d’accueil. Ils mettent une emphase particulière à encourager la création d’emplois et d’entreprises comme moyen d’intégration en région, en priorisant le secteur agroalimentaire, agricole et le développement durable. 

C’est l’organisme Place aux Jeunes en région qui leur remet cette bourse. Si tu ne connais pas Place aux jeunes en région, c’est le temps de les découvrir. Leur mission: favoriser la migration, l’établissement et le maintien des jeunes en région. Des agents de migration travaillent aux quatre coins du Québec pour t’aider à t’installer, te trouver un emploi, t’intégrer, etc. Ils offrent même des séjours exploratoires pour mieux connaître les réalités locales avant de faire le saut. Un incontournable!

Visages régionaux et Place aux Jeunes en région unissent finalement leur voix pour décerner une mention Coup de Cœur. Celle-ci va au projet Banque de terres agricoles. Présentement accessible dans 8 MRC au Québec, il vise un déploiement provincial prochainement. Banque de terre se concentre à augmenter l’accessibilité des terres pour la relève agricole et à maintenir le dynamisme agricole de nos régions. À découvrir si tu es à la recherche d’une terre!

Il y aura une autre remise de bourse en 2017. La date sera annoncée prochainement. Tous les projets qui s’inscriront à compter d’aujourd’hui y seront admissibles.

Si tu souhaites contribuer au financement d’une bourse, tu peux communiquer avec moi. Toutes les contributions recueillies via le site internet sont réinvesties dans des initiatives rurales sous forme de bourse.

Je te laisse aller découvrir les 250 autres initiatives inscrites sur le répertoire et t’inspirer. De belles heures bien remplies en perspective!

Le frisson du Nous 1024 573 Marie-Eve Arbour

Le frisson du Nous

Cet été, j’ai profité de mes vacances pour aller voir l’exposition 25 x la Révolte!Un chef-d’œuvre présenté au Musée de la Civilisation, signé Hugo Latulippe. Dans cette exposition, on découvre vingt-cinq événements qui depuis la chute du mur de Berlin, marquent notre époque.

À travers la proposition du documentariste, on rencontre des personnalités politiques qui ont été chez eux au cœur d’une contestation : mouvement des indignés, premières élections libres en Afrique du Sud, mariage gai aux Pays-Bas, opposition à la guerre en Irak aux États-Unis, armée zapatiste de libération nationale au Mexique, conflit israélo-palestinien, printemps arabe, printemps érable…

Ça m’a fait réfléchir : d’où est-ce que je tiens cette sensibilité aux luttes sociales et environnementales d’ici et d’ailleurs?

Mon éveil à l’action collective a passé comme bon nombre de citoyen-ne-s de mon âge par la grève étudiante de 2005. Je n’étais pourtant pas personnellement touchée par les coupures de 103 millions dans le régime des prêts et bourses. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont assumé mes frais de scolarité.

Pourtant, ce que j’ai connu pendant ces quelques semaines, c’est le frisson du Nous. Celui que tu attrapes lors d’une manif ou d’une assemblée générale. Qui te fait oublier les cours à rattraper ou la session qui s’allonge indéfiniment. C’est le même frisson qui traverse à mon avis tous ceux qui sacrifient leur temps au nom d’une lutte collective. Celui qui te laisse croire que la force du nombre va peut-être bien nous la faire gagner cette bataille, contre ce dirigeant, cette compagnie, cette loi, ce système qui nous opprime.

L’idée géniale d’Hugo Latulippe est de faire ressortir des liens entre ces soulèvements populaires. Mais au-delà de ça, il s’agit de mettre de l’avant une génération mobilisée et politisée, qui agit avec conviction. On comprend à travers ce regard que les vingt-cinq événements sont loin d’être des contestations isolées : ils sont liés par le même optimisme de faire changer les choses et guidés par une indignation collective profonde. Mais aussi par la certitude que le changement est possible, autant qu’on s’y attarde en tant que société.

Au Québec, cette génération mobilisée et politisée dont il est question a vu ses capacités renforcées par la mobilisation du printemps érable de 2012. Comme l’explique Gabriel Nadeau-Dubois dans l’entretien présenté au musée, nous avons gagné une bataille. Nous avons obtenu gain de cause et fait tomber le gouvernement! Plus encore, la question des frais de scolarités dont il était question au départ a vite été transcendée par un cri du cœur d’autres pans de la société québécoise. Un malaise collectif a eu la chance de s’exprimer. Nous avons été nombreux à le ressentir ce frisson du Nous. Avoir dans notre société des gens qui ont vécu une lutte victorieuse, ça, c’est encourageant pour la suite des mobilisations à mener au Québec, dit-il.

Évidemment, on connaît la suite de l’histoire. Après un court séjour au pouvoir des péquistes, les libéraux sont revenus en force, mettant en place des politiques d’austérité des plus draconiennes, au nom du sacrosaint équilibre budgétaire.

Celles-ci ont – et continuent d’avoir – un impact sur la société québécoise. Comme l’évoque avec justesse Nadeau-Dubois dernièrement dans l’Actualité, « les médias rendent compte chaque semaine des conséquences humaines de cet entêtement comptable : recours au socio-financement pour se payer des soins d’hygiène en CHSLD, réductions de services dans les écoles défavorisées, fermeture d’un centre d’accueil, révision à la baisse des heures d’ouverture des bibliothèques dans les cégeps et les universités, etc. ».

Si les changements espérés par les casseroles qui résonnaient à travers la province n’ont pas encore vu le jour, c’est faux de dire que personne n’y travaille et que les mouvements sociaux nagent dans l’immobilisme en attentant le prochain grand soulèvement populaire. Les groupes, organisations et regroupements sont à l’œuvre au quotidien et tentent de trouver des alternatives pour répondre aux enjeux qui les préoccupent. Et à palier aux coupures budgétaires dont de nombreux programmes sociaux sont victimes. À force de créativité, de travail collectif et de génie humain, la volonté du changement social et environnemental continue son chemin.

Dans cette grande mosaïque de l’action collective, je m’intéresse plus spécifiquement à la ruralité québécoise. À comprendre comment les petites communautés rurales réussissent à trouver et mettre en place les solutions aux défis qui les confrontent. Je travaille plus précisément à construire une référence du développement collectif en milieu rural. Avec Visages régionaux, je vise à démontrer que les petites communautés s’attèlent ensemble à réinventer les bases de leur avenir. Cette référence, elle se construit collectivement. Ce sont les gens d’action eux-mêmes qui inscrivent leurs initiatives au répertoire. Je vous invite d’ailleurs à le faire si vous êtes impliqué dans un projet qui s’opère de manière collective.

Encore ici, la génération mobilisée et politisée est à l’œuvre, alimentée par le frisson du Nous. Si ces acteurs ont choisi d’habiter en campagne, ce n’est pas faute de connaître ce qui se passe ailleurs au Québec et dans le monde. C’est qu’ils ont choisi ce terreau pour canaliser leurs efforts pour le changement qu’ils estiment nécessaire.

En terminant, je ne sais pas pour vous, mais j’ai souvent ressenti le sentiment de l’urgence d’agir. Voir des bombardements sévir dans un pays, entendre que telle loi vient d’être adoptée, que tel pipeline serait construit. Urgence d’agir, mêlée à une certaine impuissance à la fois. C’est normalement l’effet que l’exposition aurait dû me faire, à voir autant de luttes qui restent encore souvent à terminer. Or, j’en suis pourtant ressortie avec deux certitudes.

La première, c’est qu’Hugo avait raison. Les événements présentés sont loin d’être isolés. Et les gens qui y mettent l’épaule à la roue non plus. La quantité de gens qui militent en faveur des droits et de la dignité humaine devrait nous donner confiance en l’avenir. Nous sommes plus nombreux que ceux qui profitent du système et de ses inégalités.

La deuxième, c’est que le changement, c’est long. On ne peut pas s’attendre à des bouleversements systémiques avec quelques coups de cuillères sur une casserole, aussi retentissant en soit l’écho. Le changement, c’est sur du long terme. C’est une question de réseautage, d’interconnexion des luttes, de dialogue. C’est la fin du travail en silo. De nos jours, nous n’avons jamais été aussi liés, via internet et les réseaux sociaux. Une force vive à utiliser, sans pour autant délaisser la rencontre en chair et en os. Si les casseroles sont l’étincelle du changement, il y a un long travail de définition et de construction collective qui doit s’en suivre. C’est facile de savoir ce qu’on ne veut pas. Encore faut-il rassembler les pièces du casse-tête et former l’image qui nous fait rêver pour la suite. Ça, c’est le véritable défi.

Cet article a d’abord été publié sur le site Nous.blogue.