Inspiration

The Capital of Metal : unifier par la passion 765 430 Visages regionaux

The Capital of Metal : unifier par la passion

Chez Visages régionaux, on prend plaisir à faire vivre les marques territoriales que l’on développe. Comme on s’intéresse à ce qui se fait dans le monde en matière de marketing territorial, on a pensé vous partager nos 5 coups de coeur du dernier City Nation Place Awards. Il s’agit d’une remise de prix destinée à récompenser l’innovation, la création et l’ingéniosité dont ont fait preuve des villes et des régions à travers leurs campagnes.

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Coup coeur #5

Avec sa campagne The Capital of Metal, le ministère des Affaires étrangères finlandais a remporté un prix dans la catégorie de la meilleure stratégie de communication, et un autre dans celle du meilleur engagement citoyen.

Cette campagne met de l’avant la fougue, l’énergie, la passion… et la musique heavy métal.

En effet, la musique heavy métal fait partie intégrante de la culture finlandaise. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la Finlande est le pays ayant le plus de groupes métal par habitant au monde!

Source : Aleksi Tuomola

Suivant les traces de la campagne #RubbishRubbish, la Finlande a décidé d’engager une discussion virale. Pour ce faire, elle a choisi d’exploiter le heavy métal, cet aspect important de sa culture, afin de rejoindre sa communauté et de faire connaître ses facettes moins connues. Pour s’assurer une certaine visibilité, elle devait s’entourer de partenaires. En tout, 10 villes se sont rattachées à la campagne, en plus de plusieurs festivals comme le Festival de Tuska et le Finnish Metal Events

La campagne s’est majoritairement déroulée sur le plan numérique. En plus des réseaux sociaux, un site Web avec une carte interactive a été développé. Les gens étaient invités à participer en y situant les différents groupes métal du pays. La plateforme faisait également la vente de chandails à l’image de la campagne et proposait une liste d’écoute de musique métal.

La Finlande a également encouragé sa communauté à déterminer quelle était LA capitale du métal sur son territoire. Rapidement, une compétition amicale s’est développée entre les 10 villes en liste. Chacune avait une vidéo, une description et un logo sur mesure. C’est finalement la ville de Lemi qui a remporté le grand titre, avec 13 groupes pour 3000 résidents.

En évoquant une force unique de sa culture, la Finlande a pu briser des barrières et engager sa communauté de façon originale.

WE ARE WAUPACA 1024 320 Visages regionaux

WE ARE WAUPACA

Chez Visages régionaux, on prend plaisir à faire vivre les marques territoriales que l’on développe. Comme on s’intéresse à ce qui se fait dans le monde en matière de marketing territorial, on a pensé vous partager nos 5 coups de coeur du dernier City Nation Place Awards. Il s’agit d’une remise de prix destinée à récompenser l’innovation, la création et l’ingéniosité dont ont fait preuve des villes et des régions à travers leurs campagnes.

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Coup coeur #4

La ville de Waupaca, au Wisconsin, a remporté l’un des prix récompensant les meilleures utilisations du design pour son site Web.

Le site fait partie du projet lancé en collaboration avec les citoyens pour créer une stratégie de marketing territorial et une identité visuelle. À l’aide de cette image de marque, la ville souhaitait unifier sa communauté en adoptant une vision et une voix communes. De plus, la marque est dite partagée : différents acteurs de la communauté peuvent se l’approprier et l’adapter à leurs besoins.

 

Waupaca ne voulait pas faire comme les autres; elle voulait se distinguer de ses voisines. 

 

Elle a donc misé sur son caractère unique et authentique pour développer son concept Main & Chain, un clin d’œil au Chain O’Lakes : les villes en périphérie étant soit très touristiques (Chain), soit très résidentielles (Main), la ville a décidé de se positionner au centre, se décrivant comme un juste milieu, un parfait équilibre entre vie familiale et tourisme.

Source : CivicBrand

À l’image de la Finlande avec The Capital of Metal, Waupaca a voulu unifier sa communauté. Dans le style « nouvelle nostalgie », qui souligne son caractère traditionnel mais tout de même rafraîchissant, Waupaca a pu créer un design avenant et universel ralliant tourisme, développement économique, attraction de talents, municipalité et résidents.

L’implication de la communauté s’est manifestée via plusieurs activités, comme le lancement d’une bière spéciale en collaboration avec les brasseries locales, des tables rondes et des entrevues.

Pour tout savoir sur le processus de création de cette marque partagée primée au CNP Awards, regardez ce court documentaire :

#MEETSOUTHAFRICA : démystifier l’Afrique du Sud 1024 533 Visages regionaux

#MEETSOUTHAFRICA : démystifier l’Afrique du Sud

Chez Visages régionaux, on prend plaisir à faire vivre les marques territoriales que l’on développe. Comme on s’intéresse à ce qui se fait dans le monde en matière de marketing territorial, on a pensé vous partager nos 5 coups de coeur du dernier City Nation Place Awards. Il s’agit d’une remise de prix destinée à récompenser l’innovation, la création et l’ingéniosité dont ont fait preuve des villes et des régions à travers leurs campagnes.

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Coup coeur #2

L’Afrique du sud s’est fait récompenser pour son utilisation des réseaux sociaux, avec la campagne #MeetSouthAfrica. Cette campagne à littéralement fait le tour du monde.

Pour défaire la vision faussée selon laquelle l’Afrique du Sud est un pays sous-développé et de peu d’intérêt comparativement à d’autres destinations, l’agence Sparkloft Media a lancé une campagne originale et inclusive basée sur la connexion humaine, en utilisant le mot-clic #MeetSouthAfrica. 

L’Afrique du Sud a donc commencé par identifier clairement son public cible : les communautés noire et LGBTQ à la recherche de destinations progressistes et accueillantes. En visant principalement cette clientèle parfois laissée pour compte, le pays est sorti du lot, démontrant son universalité.

Source : Instagram @SouthAfrica

L’agence a organisé des rencontres entre des influenceurs nord-américains et des résidents sud-africains. Des voyageurs ont aussi été appelés à documenter leur expérience

 

Ces initiatives avaient pour but d’illustrer la culture tolérante et ouverte du pays, son authenticité, son histoire et les avancées de la communauté LGBTQ, ainsi que son caractère coloré, excitant et sécuritaire pour tous et toutes.

 

Partagées sur les réseaux sociaux et assemblées en un balado, ces histoires font la promotion de la chaleur humaine africaine et encouragent ainsi à venir à la rencontre de l’Afrique du Sud, la vraie.

Ces témoignages inspirants ont été vus plus de 2,8 millions de fois, totalisent quelque 16 millions de réactions et 125 000 engagements en plus d’avoir généré plus de 14 000 clics vers le site Web.

Un bel exemple inspirant d’inclusion sociale pour démontrer toute la richesse d’un territoire!

Source : Instagram @SouthAfrica
#RubbishRubbish 1024 461 Visages regionaux

#RubbishRubbish

Chez Visages régionaux, on prend plaisir à faire vivre les marques territoriales que l’on développe. Comme on s’intéresse à ce qui se fait dans le monde en matière de marketing territorial, on a pensé vous partager nos 5 coups de coeur du dernier City Nation Place Awards. Il s’agit d’une remise de prix destinée à récompenser l’innovation, la création et l’ingéniosité dont ont fait preuve des villes et des régions à travers leurs campagnes.

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Coup de coeur #1

Parmi les récipiendaires de la catégorie du meilleur engagement citoyen et de celle du meilleur usage des réseaux sociaux se trouve la campagne environnementale #RubbishRubbish de esencial Costa Rica.

#RubbishRubbish, mot-clic pour « déchets », a été lancée par des citoyens pour dénoncer la pollution excessive liée à l’abus de plastique dans les emballages.

Alors que le Costa Rica est considéré depuis des années comme étant un axe de la biodiversité mondiale et un exemple de durabilité, le pays produisait pourtant 564 tonnes de plastique par jour. Même si le plastique à usage unique sera officiellement interdit dès 2021, le regroupement de citoyens esencial Costa Rica a décidé d’agir sans attendre.

 

L’idée est simple : alerter respectueusement une compagnie lorsqu’un de ses produits est suremballé, et lui proposer un nouvel emballage éliminant le plastique inutile.

 

Comment participer?
  1. Prendre une photo d’un produit suremballé
  2. Publier la photo sur un réseau social en identifiant la marque
  3. Mettre le mot-clic #RubbishRubbish

Les photos sont ensuite partagées sur le site Libres de plastico où des designers industriels de l’Instituto Tecnológico de Costa Rica et l’Universidad Veritas proposent des designs pratiques, écologiques et rentables.

La force d’une communauté

Comme avec Rent A Finn et The Capital of Metal, les citoyens se sont massivement engagés dans la campagne.

Dans les 20 premières semaines, le Costa Rica a enregistré des réductions de 249 millions de morceaux de plastique et 1 113 tonnes de déchets. On estime que seulement en éliminant le plastique inutile, on peut réduire la production de plastique de 46 tonnes par jour.

Grâce au pouvoir de cette campagne propulsée par la communauté, des géants comme McDonald’s et Walmart ont ainsi revu le design de certains de leurs produits. 

Jusqu’à maintenant, la campagne a aussi fait réagir dans 12 autres pays. Mais c’est le monde entier que l’équipe de esencial Costa Rica invite à défier le suremballage avec #RubbishRubbish. 

Le Festif!: Mettre Baie-Saint-Paul sur la carte auprès des 18-40 ans 1024 683 Visages regionaux

Le Festif!: Mettre Baie-Saint-Paul sur la carte auprès des 18-40 ans

Fondé en 2011, le Festif! de Baie-Saint-Paul est un rassemblement incontournable de la scène musicale québécoise dont l’engagement local, l’écoresponsabilité, l’audace et la créativité sont devenus des éléments distinctifs de l’événement. Sa dernière édition a enregistré un nombre record de 40 000 festivaliers.

Voici une entrevue réalisée avec Clément Turgeon, fondateur du festival, qui nous explique comment les arts et la culture peuvent dynamiser un milieu de vie et attirer l’attention des 18-40 ans.

 

Clément

Clément Turgeon. Photo : Jay Kearney

Visages régionaux : J’aimerais que tu nous parles de ton parcours et de ton choix de vivre en région.

Clément : Je suis né à Baie-Saint-Paul. J’ai toujours été très sensible à l’organisation d’événements; quand j’étais jeune, c’était moi l’organisateur en chef. Après mon secondaire, je suis parti à Québec étudier en cinéma. Je suis revenu travailler en tant qu’animateur-intervenant à la maison des jeunes, puis en tant que travailleur de rue. Dans le cadre de ce travail, j’ai fait de l’organisation pour un festival de musique destiné aux jeunes. Après, je suis allé étudier en service social à l’Université Laval mais j’ai abandonné après une session pour revenir à Baie-Saint-Paul me concentrer sur le Festif!. C’est assez dur à dire pourquoi je suis revenu en région… Je ne me voyais pas grandir ailleurs qu’ici.

 

Le rythme d’une plus petite ville, la proximité du fleuve, cet espèce de sentiment d’appartenance, c’est juste extrêmement beau. 

Peux-tu nous donner un petit peu plus de détails sur la façon dont ton projet du Festif! a émergé?

Il y a eu un mini festival pour commémorer les 25 ans du Cirque du Soleil, qui a été créé à Baie-Saint-Paul dans les années 80. Je trouvais vraiment inspirant que ce projet qui a connu autant de succès ait débuté à Baie-Saint-Paul. La nuit de cet événement, on a rencontré le maire par hasard dans les rues. Je lui ai parlé de mon flash de faire un festival. Après ça, j’y suis allé avec mon intuition. 

Une autre étape importante est quand je suis allé solliciter l’aide de Daniel Gauthier, un des cofondateurs du Cirque du Soleil. Il m’avait directement fait un chèque et une lettre d’appui. C’est cet après-midi-là que j’ai abandonné l’université pour retourner à Baie-Saint-Paul partir le festival.

C’est super de voir qu’il y a des gens qui ont cru en ton projet…

À la base, c’est vraiment moi qui y ai cru à fond. Dans mon for intérieur, j’étais sûr que ça allait fonctionner. Au début, c’était tout petit. Le financement, c’était de l’emballage à l’épicerie, des soirées de quilles, des ventes de citrouilles en porte-à-porte, bref, vraiment n’importe quoi. Les deux premières années, c’était dans un parc avec cinq groupes de musique et une scène. On a déménagé au centre-ville la troisième année pour mettre en place la formule qu’on connaît aujourd’hui. Maintenant, on a 28 scènes incluant toutes les petites salles. 

Photo : Le Festif!

Photo : Le Festif!

La municipalité a-t-elle été un élément facilitateur? Considères-tu qu’elle vous a donné un bon coup de main?

Au début, ça a été difficile : on n’avait pas d’appui financier. Puis, en déménageant au centre-ville, il y a eu beaucoup d’opposition. Plusieurs personnes avaient peur qu’on dérange. Maintenant, la ville nous appuie en argent, en ressources humaines, et nous donne beaucoup de latitude pour faire les spectacles un peu partout. Ça, c’est un secret de la réussite du Festif! : on a réussi en travaillant beaucoup les relations avec les conseillers pour avoir un appui. Sans ça, on aurait de la difficulté à faire les formules qu’on fait jusqu’à trois heures du matin. 

Selon toi, quel est le rôle de la communauté de Baie-Saint-Paul, et de Charlevoix au sens plus large, envers le Festif!?

La communauté est vraiment au cœur du festival, et on fait en sorte qu’elle le reste. Il y a beaucoup de festivaliers qui se sentent vraiment accueillis quand ils viennent à Baie-Saint-Paul. Sans ce soutien de la communauté, le Festif! n’existe plus. On fait des spectacles chez les citoyens, on développe des partenariats avec les entreprises locales… Certains ouvrent même leur terrain pour que les festivaliers aient un endroit où dormir. C’est indissociable : quand tu viens au Festif!, tu viens aussi à la rencontre de Baie-Saint-Paul et de sa population.

À part le fait qu’il y a des alliances avec les citoyens et les entreprises, comment penses-tu que l’identité du territoire de Baie-Saint-Paul rend le Festif! aussi unique et distinctif des autres festivals?

Déjà, Baie-Saint-Paul est une ville axée sur la culture. Il y a beaucoup de galeries d’art, le Cirque du Soleil a été créé ici… Je pense que la population a une ouverture naturelle là-dessus et un sentiment d’appartenance ultra fort qui fait que les gens sont très fiers quand d’autres arrivent de Québec, Montréal, Saguenay, partout. Je pense que cette sensibilité aux arts, à la culture, aux événements, c’est une attitude qu’on n’aurait pas ailleurs. Beaucoup de gens viennent travailler au Festif! et nous demandent comment on fait pour avoir toutes ces autorisations.

Il y a un réseau très fort et solidaire à Baie-Saint-Paul, et cette force de collaboration s’est adaptée au Festif!. Tout le monde est habitué de travailler ensemble et de se soutenir, alors ça paraît beaucoup dans le Festif!.

Déjà, on est un peu bénis d’être ici; on a une rivière qui passe directement au milieu de la ville, qui nous permet d’y faire des shows, et la belle rue Saint-Jean-Baptiste… C’est carrément le territoire en tant que tel qui nous avantage beaucoup. On est à une heure de Québec, mais en arrivant ici, on se sent complètement ailleurs en montagne. Ce sentiment d’évasion est très fort, mais en même temps très accessible.

Photo : Le Festif!

Photo : Le Festif!

As-tu l’impression qu’après autant d’années, le Festif! contribue aussi à l’identité de Baie-Saint-Paul?

C’est sûr. On a surtout mis Baie-Saint-Paul sur la carte pour les 18-35 ans. Touristiquement parlant, c’est plus axé sur les 50 ans et plus, mais la ville veut de plus en plus rajeunir. Le Festif! est le meilleur exemple pour développer une nouvelle clientèle. Les gens d’affaires, les commerces et la ville en bénéficient vraiment pour renouveler le tourisme. Je suis sûr qu’on donne une image super dynamique de la ville. Je connais beaucoup de gens maintenant qui ont déménagé à Baie-Saint-Paul et qui l’ont connue grâce au Festif!. On crée des opportunités qu’on n’aurait pas autrement.

Vous êtes vraiment branchés sur la clientèle-cible que les régions cherchent souvent à attirer pour renouveler leur population… Des initiatives comme le Festif!, il y en a qui en voudraient! C’est souvent parce que les gens vont venir s’imprégner en mode vacances estivales et découvertes (comme nous dans cet article) qu’ils vont avoir envie de vous connaître davantage. 

De ton point de vue, comment les arts et la culture contribuent à l’attractivité des régions en général? Comment est-ce que ça les aide à être belles, dynamiques, trippantes?

C’est une carte de visite très importante pour les régions. Le Festif! est une vitrine grand public où on fait découvrir Baie-Saint-Paul à 40 000 personnes. Pour une fin de semaine, le festival donne à Baie-Saint-Paul un rayonnement à l’année. Ça permet à une région, à une ville de rayonner aux quatre coins du Québec. 

Que donnerais-tu comme conseils aux municipalités du Québec qui auraient le goût d’encourager des projets comme le tien à émerger?

Je pense qu’il est important de mettre toutes les ressources disponibles pour que des initiatives comme celles-là fonctionnent. Si je n’avais pas été aussi entêté, la ville serait passée à côté du Festif!. Les municipalités doivent reconnaître les retombées des initiatives et aider les entrepreneurs. 

Que dirais-tu aux jeunes qui sont en ville mais qui se freinent parce qu’ils trouvent que les régions manquent de culture et d’événements?

Je pense qu’au contraire, il y a aussi toujours quelque chose à faire en région. En fait, ça dépend de comment tu le vois.

Les régions, c’est beaucoup plus dynamique que ce que certains peuvent véhiculer. Je n’ai jamais vu de désavantages, de manque de dynamisme dans les petits milieux.

Malheureusement, en raison du COVID-19, la prochaine édition du Festif! est annulée. Nous leur envoyons plein d’amour de l’autre bord du fleuve et on leur dit à l’année prochaine. 

S’accrocher les mots et les pieds aux Canaries 1024 574 Marie-Eve Arbour

S’accrocher les mots et les pieds aux Canaries

Au large des côtes du Sahara occidental et du Maroc. Un territoire insulaire volcanique. Quelque part non loin de Madère, des Açores et du Cap-Vert. Un archipel bien connu des touristes allemands.


C’est dans une atmosphère de COVID-19, de Journée de la femme et de quasi-déconnection que Marie-Eve nous raconte son voyage aux Îles Canaries: à travers ses yeux de femme, de mère, de voyageuse, d’entrepreneure et de passionnée des territoires.


Les Iles Canaries.

La culture ici est forte de l’héritage mystique d’un peuple autochtone.
Les Guanches.
Il y a quelque 2 500 ans, peut-être.
Venus des Monts Atlas. Peuple berbère. Des prisonniers, peut-être.
Des familles déposées çà et là, sur les sept îles que forme l’archipel. Peut-être.
On dit qu’ils auraient été les premiers habitants des îles. Peut-être.
Avant eux: lézards géants. Tortues géantes. Rats géants. Nada màs.

Tous des «peut-être», car rien n’est 100% sûr concernant les Guanches.
Trop de preuves disparues, il y a trop longtemps.

Toujours est-il qu’ils avaient de bonnes connaissances en élevage.
Des connaissances correctes en agriculture.
Et aucune en navigation.

Ce qui leur a permis de survivre. Sans pouvoir fuir.
Dans un endroit où dit-on, on y vit dans le meilleur climat au monde.
Rien de moins.

Un endroit où l’économie est largement influencée par le fait que le monde entier aime autant manger des bananes.
Et qu’on aime y voyager.
J’incarne bien ici ces deux moteurs économique

Hermigua, Ile de la Gomera
Une envie constante et incontrôlable de crier !!! B-A-N-A-N-A !!!
Ceux qui ont de jeunes enfants me comprendront peut-être.

J’écris ces lignes en enfonçant mes pieds dans le sable noir.
Volcanique.
Sur une minuscule plage.
En regardant la collection de trésors que je ramènerai à mon fils.
Roches. Coquillages. Morceaux de verres lavés par la mer.

Il aime tellement que je lui ramène des trouvailles durant mes voyages pour le travail.

Cette fois, c’est pour le plaisir de retrouver mon amoureux que je suis aux Canaries.
Lire ici: vacances sans enfants.
Ou encore: décrocher de Visages régionaux quelques instants.

Punta Hidalgo, Ile de Tenerife

Bon.

J’ai trainé mon ordi. J’avoue.
J’ai presque répondu à un appel d’offres. J’avoue.
J’ai répondu à quelques courriels, payé des factures, fait les paies. J’avoue.
Tout ne peut pas s’arrêter complètement.
Mais j’ai vraiment décroché quelques instants.

Masca, Ile de Tenerife

Trouver les mots

Mais…
Ma passion des territoires me suit partout.
J’aime les observer. Les analyser.
Voir le beau. Le troublant.

Comprendre l’histoire. Le présent.
Poser des questions. Trouver les mots.
Ceux qui collent. Qui s’accrochent.

Là et nulle part ailleurs.
C’est plus fort que moi… J’aime ça, qu’est-c’tu veux!

Alors j’ai joué aux mots. Ceux des Iles Canaries.
Humble exercice. D’une fille en vacances.
Rien d’officiel. Tout en subjectivité.

Avec un horizon de presque deux semaines pour m’imprégner.
C’est peu.
Mais c’est assez pour laisser une trace.
Un avant-goût.

En cette dernière journée de vacances, ils sont prêts.
Au moment de les déposer, ils se bousculent.
Prennent forme.
Sortent dans le désordre.
Ou dans l’ordre, va savoir.

Positionnement_territorial_v1

Lors d’une de nos conversations, Simon (mon amoureux) a dit…
C’est l’Europe tropicale ici.

J’aime comment ça sonne.
J’aime mettre ces deux mots-là côte à côte.

Si j’avais le mandat de construire un positionnement pour les Canaries (c’est beau de rêver!), tout cela serait une base pour l’élaborer.

Une V1.

Partir du senti.
Garocher tout ce qui vient.
Faire du ménage après.

Voici en rafale, sans ménage, pourquoi ces mots.

Gigantesque. Envergure. Puissance.

J’en ai vu des montagnes.
Les Rocheuses de l’Ouest Canadien. Les Alpes suisses. Les Andes péruviennes.
Ici, c’est différent. Ça donne le vertige.

C’est impressionnant.
Intimidant. Imperturbable.

Malgré leur envergure, leur imposante présence, parfois écrasante, elles ne sont que de minuscules îles en plein Atlantique.
Fragiles malgré tout.
Héritage d’une éruption volcanique majeure.
Qui les aurait soulevées du fond des mers.

Masca, Ile de Tenerife

Minuscule.

C’est l’humain qui est minuscule devant cette immensité.

Les crêtes nous enseignent nos propres limites.
Nous remettent à notre place.
Les seules qui osent s’y aventurer courageusement (ou aveuglement) sont les chèvres. Véritables alpinistes.

Insoumise. Indomptable.

C’est encore mêlé dans ma tête. Je veux parler ici autant de la nature, de la culture.
C’est un climat aride. Ce n’est pas simple de faire de l’agriculture.
Ce le serait plus d’acheter de l’Espagne.

Et pourtant, ils cultivent.
Avant, sur des terrasses creusées, aménagées à même les montagnes.
Maintenant, avec un système d’ombrière bien à eux.

En après-midi, plusieurs boutiques sont fermées.
Les gens relaxent.
Insoumise au système économique qui les voudrait ouvertes en tout temps.

De grands pans du territoire sont complètement inaccessibles.
Malgré la technologie.
Malgré notre capacité à construire des routes, des infrastructures.
Un territoire indomptable.

La mer aussi est insoumise.
Une mer puissante.
Sans repos.

Impardonnable par endroits.

Hermigua, Ile de la Gomera

Héritage. Sentiers.

Quand on marche dans les rues, ça sent l’histoire.
Le goût du beau.
De préserver. D’honorer.
Ça sent aussi les crevettes à l’ail dans les maisons et sur les terrasses.
Mais ça, c’est probablement juste parce que je suis un peu folle de ce plat-là.

Sinon, ici, le piéton est roi.
On peut parcourir l’île par ses mille sentiers.
Les anciennes routes, celles des Guanches, peut-être.
Les chemins de traverse, qui leur permettaient d’aller à la rencontre les uns des autres.
Les chemins dans lesquels ils ont inventé une langue nouvelle. Sifflée. Le silbo.
Oui. Une langue sifflée! Qui leur permettait de s’entendre à des kilomètres.
Avant les cellulaires.

Quand je marche dans les sentiers, je pense souvent aux Guanches.
Eux qui ont été exterminés à grands coups d’ambition de colonisation espagnole.
Comme trop souvent dans l’histoire.

Je ne peux m’empêcher de me demander si leurs pieds ont marché aux mêmes endroits.
S’ils percevaient leur vie ici comme une nouvelle prison. Ou comme un paradis.
S’ils avaient envie de partir à l’aventure, comme il m’arrive souvent.
S’ils ressentaient le même vertige que moi en regardant les montagnes.

Distinguée. Délicate. Douce.

J’aime ces mots. Je trouve que ça leur va bien.
La vie semble douce ici.
L’Euro leur donne une chance.
Le meilleur climat au monde aussi.
C’est le paradis ces plantes grasses.
Elles ne demandent pas grand-chose. Pas d’eau. Pas d’entretien.
Et sont rayonnantes. Je ne sais pas pourquoi j’aime autant les plantes grasses.

Les places publiques sont belles. Propres.
Ils y font attention.
De beaux efforts sont faits pour l’environnement.
Beaucoup de sensibilisation.
Du compostage dans les espaces publics.

Les touristes sont traités avec respects.
Les femmes aussi. Selon ce que j’ai pu observer.

Garachico, Ile de Tenerife

En parlant des femmes…

Parenthèse qui s’ouvre.

Le soir de la journée de la femme, nous sommes allés voir une projection de documentaire.
Sur l’émigration massive des Canaries, vers le Venezuela, dans les années 50.
Des hommes partis travailler. Qui ne sont pour la plupart jamais revenus.
Pour être acceptés au Venezuela, ils devaient avoir femme et enfants aux Canaries.
Troublante ironie.

Un flot d’émotions.
Prosternation devant le courage des femmes. Celles qui restent.
Leur dévotion envers leurs enfants.
Un violent paradoxe avec ma lecture du moment.
La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette.
Une histoire d’émancipation. De Refus Global. D’abandon, encore ici.
Qui m’a heurté profondément.

J’en veux à ceux qui abandonnent. Qui brisent les autres.
Plein de réflexions sur mon rôle de femme. De mère. D’entrepreneure.
De ma place dans mon moi-même.
Bref. Je vous épargne les détails!

Fermeture de la parenthèse.


Conclusion

Ce voyage, ou plutôt ces vacances me rappellent à quel point j’aime partir.
Être ailleurs. Découvrir.
En même temps ça me rappelle à quel point j’aime chez nous.
Mes enfants.
Mon chum.
Mes collègues.
Visages régionaux.

Un feeling agréable de faire ce que je devrais faire.
Et d’aimer le faire.

On vous invite au City Nation Place 2020! 1024 576 Visages regionaux

On vous invite au City Nation Place 2020!

L’équipe de Visages régionaux participera au forum City Nation Place America les 19 et 20 mai prochains à Toronto. Et on veut vous emmener avec nous!


Qu’est-ce que le City Nation Place America

Un incontournable en attractivité territoriale 
Le City Nation Place est un événement pour les régions, les villes et les municipalités du Canada et des États-Unis qui souhaitent collaborer et échanger sur les meilleures pratiques en termes de stratégies d’attractivité et de marketing territorial.

Cet événement a lieu chaque année et est très attendu par toutes les personnes impliquées dans les stratégies d’image de marque et d’attraction sur leur territoire.

Venez écouter les conseils d’experts en marketing territorial et faire le plein d’idées!

Vous voulez obtenir des outils pour développer votre attractivité? Vous souhaitez attirer des résidents, des touristes et des investisseurs? Le City Nation Place est l’événement à ne pas manquer.


AU PROGRAMME

L’événement a lieu du 19 au 20 mai 2020. La première journée est optionnelle.

MARDI 19 MAI | Activité Think Tank | de 13 h 30 à 17 h 30

Vous vous demandez comment le numérique peut vous permettre d’améliorer la qualité de vie dans votre territoire, mais aussi d’attirer des travailleurs, des touristes et des investisseurs? Apprenez-en plus sur le futur du marketing territorial numérique grâce à des présentations d’experts et des ateliers de discussion sur les médias sociaux, le géorepérage et la réalité augmentée.

Pour en savoir plus, consultez le site Web de l’événement.

MERCREDI 20 MAI | Conférences et réseautage | de 8 h à 17 h 30

Vous avez le choix parmi plusieurs sujets de conférences, comme les avantages de l’innovation dans les milieux ruraux, l’adaptation aux nouvelles générations de décideurs, l’importance des données dans l’élaboration d’une stratégie, et bien plus

Pour connaître l’heure de chaque conférence, consultez l’agenda

Tarifs et informations logistiques 

TARIFS

Think thank
196 $ par personne (places limitées, pas de rabais applicable).

Conférences et réseautage
778 $ par personne si vous procédez à l’inscription avant le 6 mars
890$ à partir du 7 mars
*** Ces montants incluent 20 % de rabais.

HÉBERGEMENT
On a fait des petites recherches. Voici le tarif pour l’hôtel Delta, lieu de la conférence: pour les 2 nuits (18 et 19 mai) : 578 $
Mais vous pouvez certainement trouver d’autres hôtel à moindre coût dans le centre-ville!

TRANSPORT
Faites comme nous et voyagez en train; assurez-vous d’acheter vos billets sur le site de VIA Rail
– Tarif pour le trajet de Montréal à Toronto : environ 90$ par personne pour l’aller-retour.

Exemple d’itinéraire:
Le lundi 18 mai :
– Départ de Montréal : 6 h 42
– Arrivée à Toronto : 11 h 46

Le mercredi 20 mai :
– Départ de Toronto : 18 h 07
– Arrivée à Montréal : 22 h 59 

Profitez d’un rabais de 20 %
en utilisant le
code promo VR20.

On a hâte de vivre cette expérience avec vous! 
Vous avez des questions? Communiquez avec nous!

Personne ressource : 
Amélie D. St-Pierre
[email protected]
418 805-8811

Innover pour se distinguer 959 634 Visages regionaux

Innover pour se distinguer

Pour illustrer des initiatives de municipalités inspirantes, on vous présente une entrevue réalisée avec le maire de St-Camille, monsieur Philippe Pagé et Marie-Ève Arbour, fondatrice de Visages régionaux. St-Camille, c’est un village qui a connu une remontée démographique remarquable grâce à l’audacieuse initiative des fermettes du Rang 13, un projet domiciliaire qui a permis d’attirer 23 nouvelles familles dans la municipalité.

Marie-Ève Arbour: Philippe, j’aimerais que tu nous parles un peu de toi, de ton parcours, et de ton implication dans le village qui t’a vu naître.

Philippe Pagé : Quand j’ai eu 10 ans, mes parents ont acheté une ferme porcine, et nous avons déménagé à St-Camille. Après mes études, je suis allé à Québec pour travailler comme conseiller politique au cabinet du ministre de la Santé. Je suis revenu m’établir à St-Camille en 2014 et je me suis rapidement impliqué dans plusieurs organismes du village; j’ai été président pendant 3 ans du P’tit Bonheur, et j’ai aussi été responsable du journal local. En 2017, le maire de la municipalité avait déjà mentionné qu’il ne souhaitait pas se représenter. J’ai sauté dans l’arène et j’ai été élu, il y a déjà 2 ans de ça.

Qu’est-ce que ça signifie pour toi, être maire de St-Camille?

Je dirais que c’est d’être un leader rassembleur et un conciliateur. À St-Camille, on avait beaucoup d’initiatives qui étaient géniales mais qui manquaient peut-être un peu de directions. On a donc commencé par établir nos priorités. Puis, on a fait une démarche de consultation auprès des citoyens pour voir où on se projetait dans 10 ans et quelle allait être notre stratégie pour parvenir aux objectifs qu’on allait se donner. Je considère donc que mon rôle est beaucoup de donner des idées, de dire où la direction s’en va. Je veux être certain que la communauté nous suive.

Votre fameux projet des fermettes du Rang 13 a permis à St-Camille d’attirer 23 nouvelles familles. Il y a beaucoup de gens qui s’intéressent à ce projet et qui aimeraient s’en inspirer. J’aimerais que tu nous parles un peu du contexte, du déroulement et d’où ça en est aujourd’hui.

À St-Camille, on a eu un long déclin démographique au courant des années 1900. On est passés d’environ 1600 personnes, avec plusieurs entreprises, à environ 400 personnes à la fin des années 90. Au début des années 2000, on s’est rendu compte que si on ne faisait rien, il y aurait de gros risques qu’on perde notre école. Sans école, une municipalité commence à perdre de l’attrait pour les jeunes familles. On s’est donc réunis pour déterminer quelles allaient être les stratégies qu’on devait mettre en place pour contrer ça.

Il y avait un terrain en zone blanche à l’extérieur du village qui était très agricole au début des années 1900. À la fin de la Première Guerre mondiale, avec l’exode rural qui s’est accéléré, plus personne ne vivait dans le secteur. Le propriétaire a été vraiment fantastique en prenant l’initiative de le lotir. Des personnes qui voulaient s’y établir ont formé la coopérative, qui a permis de construire deux routes, d’amener l’électricité et la fibre optique et d’attirer 23 nouvelles familles à s’y installer. 

Au départ, il y avait vraiment un projet de fermettes, mais on a été obligés de constater que ce volet a été moins réussi parce que les gens n’ont pas fait de l’agriculture leur métier, même si certains élèvent des animaux, ont des poules ou des gros jardins. Ça a amené un dynamisme au village : ces gens-là souhaitaient une vie plus simple, plus proche de la communauté, et voulaient s’impliquer. On est passés d’à peu près 400 personnes à la fin des années 90 à un bon 550. C’est un grand gain dont on est très fiers.

Les familles du Rang 13

C’est là qu’on comprend que d’avoir eu cette ouverture en tant que municipalité a permis d’avoir de belles réalisations. Plus tôt, tu as parlé du P’tit Bonheur dont tu as été président. Ça fait aussi partie des éléments qui sont importants dans le paysage de St-Camille, qui ont contribué à sa notoriété. As-tu l’impression qu’un lieu de rencontre comme celui-là est un incontournable pour un village?

Pour nous, c’est majeur. On dit souvent qu’avec la fin de la religion, les lieux de rencontre comme le perron de l’église n’existent plus. Nous, on est convaincus que d’avoir un lieu commun et démocratique où toutes les personnes du village peuvent se rencontrer, et ce, peu importe leurs horizons, c’est ce qui permet à la population de se connaître. Avec le projet du Rang 13, il y a beaucoup de familles qui sont venues s’installer, des gens qui avaient parfois des valeurs différentes des nôtres. Toutefois, un lieu de rencontre où tout le monde se réunit permet de connaître l’autre, de le comprendre et de le respecter. On peut ainsi aller plus vite et développer des projets aussi audacieux et innovants. Ici, on a vraiment une pluralité d’idées, et c’est très important pour nous de garder cette diversité-là.

Les petits milieux encouragent la proximité. En essayant d’être plus près des citoyens, on peut développer des projets qui vont leur ressembler.

Pour les gens qui ne connaissent pas Le P’tit Bonheur, il s’y passe quoi concrètement?

Le P’tit Bonheur, c’est plusieurs choses. C’est tout d’abord un centre culturel : ils font une programmation où il y a environ 12 ou 13 spectacles par année. Récemment, on a reçu les sœurs Boulay, Bernard Adamus, Paul Piché, bref, des artistes professionnels. Il y a aussi un bistro où ils font leur propre pizza avec des produits régionaux. À chaque vendredi midi, les gens vont en manger, et c’est justement là qu’ils discutent. Le P’tit Bonheur, c’est aussi un formidable outil de développement culturel : il mène beaucoup de projets, pour lesquels il a plusieurs partenaires, que ce soit le CIUSSS de l’Estrie – CHUS ou le gouvernement du Québec. Ça permet de beaucoup développer notre municipalité et c’est très névralgique pour notre village.

Le bistro du P’tit Bonheur

Dirais-tu que Le P’tit Bonheur agit un peu comme votre corporation de développement, ou il existe aussi une corporation de développement?

Nous avons aussi une corporation de développement qui est très active dans le communautaire, le développement des affaires et l’attraction des jeunes familles et des entreprises. Le P’tit Bonheur, sa spécialité, c’est le volet culturel, et même rural.

J’imagine que vous continuez à vous poser des questions pour agir et poursuivre votre belle lancée des 10 dernières années… Sur quoi travaillez-vous ces temps-ci à St-Camille?

On travaille sur plusieurs projets. Tout d’abord, il faut répondre aux besoins du marché en ajoutant des terrains. Le conseil municipal voulait s’attarder à cette problématique, et ce, dans une optique de développement durable. Cependant, on veut s’assurer de garder la cohérence et la vitalité du cœur villageois. On travaille donc avec les experts de Vivre en ville, une coopérative d’urbanisme spécialisée dans le milieu rural, pour créer un nouveau quartier dans le village. On a plein de bonnes idées : miser sur des maisons écoénergétiques, par exemple, et essayer que le quartier soit vivant tout en gardant le cachet du village pour permettre aux gens de vivre l’expérience St-Camille. On a besoin d’attirer des gens, mais il faut le faire intelligemment. On veut faire quelque chose en continu qui va nous permettre de garder une croissance soutenue.

On est aussi en train de faire une planification de nos loisirs avec la MRC pour que les gens qui nous visitent ne sentent pas qu’ils viennent dans un milieu ennuyeux. On veut que les jeunes aient une belle expérience du milieu rural pour qu’ils aient envie de revenir s’établir ici après leurs études.

Y a-t-il d’autres choses que tu aimerais nous dire par rapport à certaines stratégies ou à des actions auxquelles vous avez réfléchi pour améliorer votre attractivité envers les jeunes familles?

Ce que je dis souvent, c’est de miser sur ce qui rend nos communautés uniques. Vendre la proverbiale bonne qualité de vie, l’endroit où il fait bon vivre, tout le monde fait ça. Faire ce que tout le monde fait, ce n’est pas ce qui fait avancer nos communautés, la ruralité.

On n’a pas le choix d’être innovants si on veut continuer à exister, et c’est la responsabilité de chacun d’entre nous d’essayer de penser en-dehors de la boîte, d’être rafraîchissant et de trouver des nouvelles options plutôt que de simplement copier le voisin.

C’est souvent ça qu’on fait en premier lieu quand on (Visages régionaux) arrive dans un milieu. Avant de faire des campagnes de communication et des logos, on essaie de trouver comment le milieu se distingue dans l’identitaire et qui ne se retrouve pas nécessairement ailleurs. C’est l’équation du positionnement.

C’est sûr que c’est plus facile à dire qu’à faire, d’être uniques. C’est tout un travail, et je pense que Visages régionaux sert à ça, mais c’est un exercice qui est non négligeable. Le statu quo, ça pourrait être un jour la disparition de certains milieux. Si on veut continuer à rester, à être prospères, à avoir des emplois et une bonne qualité de vie, il faut s’y attarder tous ensemble. Je pense que c’est en innovant qu’on va y arriver.


Un grand merci à Philippe Pagé, maire de Saint-Camille, pour cette entrevue inspirante!

Philippe Pagé, maire de Sainte-Camille.
Source : Actualités l’Étincelle
Sainte-Luce: ma première destination! 819 1024 Marie-Ève Michaudville

Sainte-Luce: ma première destination!

Voilà mon premier article de bloyeee (eh oui, je me suis appropriée assez rapidement les expressions de ma collègue Claudia Tessier!). C’est d’ailleurs elle qui m’a convaincue de rédiger cet article. Elle a bien vu que j’avais des milliers d’étoiles dans les yeux lorsque je parlais de la gang de Sainte-Luce et de leur processus consultatif.

Le conseil municipal et les citoyens de Sainte-Luce ont de quoi inspirer bien des gens, et voici pourquoi.

Photo by Riccardo Annandale on Unsplash

Commençons par le début…

Le 9 octobre 2018, était ma première journée chez Visages régionaux. T’imagines même pas l’excitation et la fierté que j’avais de me joindre à cette belle équipe créative!

Tellement excitée que j’ai fait une solide rechute de caféine. Ça faisait un an que j’avais pratiquement arrêté de consommer cette boisson catalyseur d’anxiété dans mon cas (à l’exception d’un petit latté une fois de temps en temps, parce que c’est ssiiii bon !).

Bref, me joindre à une belle gang et contribuer à des mandats hautement stimulants me comblaient de joie! Après quelques semaines, malgré les lattés vraiment délicieux au bureau, le tout est revenu à la normale et j’ai banni à nouveau la caféine de ma vie, mais je n’étais pas peu moins fière et excitée par mon nouveau travail.

Mon rôle se concrétisait de jour en jour. J’étais la nouvelle recrue responsable des consultations publiques en personne et en ligne, ainsi que du développement des milieux (planification stratégique et concertation locale).

Je sais, LA JOB DE RÊVE !  

Sainte-Luce: le mandat

Sainte-Luce est une municipalité de 2 801 habitants située dans la MRC de la Mitis au Bas-Saint-Laurent. Située à 16km de Rimouski, Sainte-Luce ne connaît pas d’importants enjeux démographiques, en raison de sa proximité avec Rimouski et de son dynamisme. Reconnue pour sa plage et la promenade en bordure du fleuve Saint-Laurent, Sainte-Luce attire chaque été des milliers de touristes.  

Depuis les élections municipales de 2017, Sainte-Luce a la chance d’avoir à la tête de son conseil municipal Maïté Blanchette Vézina.

Une femme proactive, visionnaire, et qui a sincèrement à coeur le développement et l’avenir de Sainte-Luce.  

Nouvelle maire, nouveau plan d’action… une opportunité de réaffirmer collectivement les priorités de développement.

À première vue, tout semble bien aller à Sainte-Luce. Cependant, comme toute municipalité, quelques défis de développement y sont présents.

Voici les deux principaux défis soulevés par le conseil municipal de Sainte-Luce lorsqu’ils nous ont contactés:

#1 Abondance de comités… un beau problème non?

Sainte-Luce a la chance d’avoir de nombreux bénévoles s’impliquant dans plusieurs comités diversifiés. Cependant, on soulevait chez ces bénévoles un certain essoufflement et un chevauchement dans la mission de certains comités, surtout au niveau touristique. Un besoin de concertation et de recadrage de mission était nécessaire. De plus, le conseil municipal souhaitait s’assurer que les gens voulant contribuer aient la place pour le faire.

#2 Sentiment d’appartenance & guérison d’une fusion douloureuse

Sainte-Luce est une municipalité formée par la fusion de Sainte-Luce-sur-mer et de Luceville en 2001. Une fusion qui n’a pas fait l’affaire de tous et toutes… Cependant, une grande volonté existe afin de réconcilier les deux secteurs, et de partager une vision commune de Sainte-Luce sur l’ensemble de son territoire.  

Positionner l’importance d’agir ensemble.

Devant ces défis, le conseil municipal souhaitait obtenir une vision concertée des enjeux prioritaires à adresser collectivement.

Il nous a alors été donné le mandat de consulter la population sur différents enjeux et de proposer au conseil municipal des orientations pour son prochain plan d’action stratégique.

  • Pour ce faire, nous avons animé un atelier de vision avec les nombreux comités et organismes à but non lucratif de Sainte-Luce.
  • Afin de prendre le pouls de la population sur les enjeux prioritaires à aborder, nous avons organisé une grande journée de consultation. Les citoyens étaient invités à un parcours de consultation fort dynamique! Plus de 100 citoyens ont participé à cet événement.
  • Puis, nous avons utilisé notre plateforme de consultation en ligne pour poursuivre l’échange avec la communauté.

Nous avons utilisé les résultats de ces trois activités pour dresser les principales orientations du plan stratégique que nous avons présenté aux élus municipaux. Avec eux, nous avons priorisé les actions à inclure à la version finale.

Ce plan d’action fut adopté par le conseil municipal en début d’année 2019.

Pourquoi consulter?

Le conseil municipal de Sainte-Luce a de quoi en inspirer plus d’un. Pourquoi?

Car, en mettant la population au coeur des décisions comme elle a su le faire en novembre dernier, elle s’assure un avenir fort prometteur. En construisant le plan de développement de la municipalité en totalité sur la base des différentes consultations, elle s’assure l’engagement et l’adhésion des citoyens aux décisions qu’elle prendra ou aux projets qu’elle mettra sur pied.

Souvent, on entend que la consultation publique ne sert pas à grand-chose, et que les plans de développement des municipalités terminent la plupart du temps sur une tablette.

Ce ne sera pas le cas de Sainte-Luce. Ils ont une recette gagnante:

  • Implication des citoyens dans le processus de décision
  • Ouverture aux nouvelles propositions
  • Engagement du conseil municipal à la réalisation de ce plan
  • Présence d’une ressource pour faire avancer les différents dossiers s’y retrouvant.

Avec une consultation aussi importante, un plan stratégique collé serré sur cette consultation, et une forte intention de TOUT réaliser, cette municipalité met toutes les chances de son côté afin d’avoir une population engagée, mobilisée, qui s’implique et surtout, qui est extrêmement fière d’y vivre.

Voilà, ma première destination fut très inspirante comme vous pouvez le voir.

Riche d’apprentissages, cette première expérience d’accompagnement de municipalité m’a permis de connaître davantage Sainte-Luce, mais surtout de constater l’éventail de pouvoirs et tout le potentiel d’actions qu’une municipalité peut mettre en oeuvre.

La preuve qu’à l’échelle municipale, on peut réaliser de bien grandes choses! 

Pour terminer, voici la preuve que le conseil municipal de Sainte-Luce est en feu. Depuis la réalisation de ce mandat à l’automne dernier,  Sainte-Luce s’est mise en action, et fait parler d’elle très régulièrement dans les médias!

Voici un topo des articles mettant les actions de Sainte-Luce en vedette

Il était une fois dans l’ouest 999 1024 Marie-Eve Arbour

Il était une fois dans l’ouest

Inspirations

Ça fait maintenant 10 ans qu’une personne que j’adore et avec qui j’ai fais plusieurs expériences de jeunesse a déménagé dans l’Ouest canadien.

Jusqu’à maintenant, à chaque fois que j’avais l’opportunité de voyager, je me gâtais avec un billet d’avion vers un endroit un peu plus exotique que notre beau grand Canada.

Comme j’allais bientôt obtenir le titre d’amie indigne-qui-n’était-encore-jamais-venue-lui-rendre-visite-en-10-ans, il était grand temps que j’y mette les pieds. J’ai profité des vacances estivales pour faire un saut dans l’ouest et du même coup, découvrir le Kootenay Park, Canmore et Fernie.

Dans son article sur le Festif de Baie-Saint-Paul, Claudia nous explique à quel point ça peut être tannant de voyager avec une graphiste. Elle regarde chaque affiche sur son passage et ramasse un million de dépliants.

Ma déformation professionnelle, c’est d’analyser chaque ville, chaque village. Tenter de comprendre comment ils se distinguent, comment ils se vendent et surtout, pourquoi les gens qui y vivent ont fait ce choix.

«Why here», je leur demande.

«Look around you», qu’ils répondent. «Isn’t it just amazing?»

En effet… Peu importe où tu regardes, il y a la plus belle montagne que t’as jamais vue. 360 degrés de pure beauté. Les amateurs d’outdoor sont plus que servis. À quelques pas de chez eux: randonnée, descente de rivière en n’importe quoi (canot, kayak, paddle board, tube gonflable… définitivement mon activité préférée). Escalade, vélo de montagne, rafting.

Mon sport préféré
Descente de rivière en tube

«Yes», but why here? I mean, there are many more communities around that has de same landscape. So why here precisely? What is so special about this place that you decided to live here?»

 

Qu’est-ce qui rend un lieu si unique?

Cette question-là, j’ai l’impression de l’avoir posée des milliers de fois. C’est celle à la base de toute démarche de marketing territorial. Quand on travaille avec un village, une ville ou une région, on la pose d’abord aux élus, aux responsables de la stratégie et éventuellement aux résidents et entrepreneurs.

Trop de gens ont tendance à nommer les paysages comme étant ce qui les distingue.

C’est bien beau, les paysages. Mais des beaux paysages, il y en a partout. Alors, why here?

On continue à gratter.

Le travail.
La maison.
La famille.
Les amis.
La communauté.
Les services.
Le dynamisme.
Le hasard…

Les milliers de réponses que j’ai obtenues depuis que je pose cette question tournent toujours autour des raisons que je viens d’énumérer. J’aime croire que c’est un heureux mélange de timing, d’opportunité et de coup de coeur. «Finding the right place at the right moment», comme diraient nos amis anglophones.

Alors, comment est-ce qu’on peut agir là-dessus? La question qui tue, dans le métier. Et à laquelle je réfléchis constamment.

Évidemment, on a développé un paquet de trucs pour développer l’attractivité des communautés et régions qu’on accompagne.

Mais comme on est en voyage, c’est le temps de s’inspirer. D’aller voir ce que d’autres font.

En discutant avec mon amie, j’ai découvert Story & Co. Des comme nous, du BC que je raconte à mon équipe. Ils ont travaillé notamment avec les villes de Kimberley, Grans Forks et Revelstoke.

Leur approche est essentiellement basée autour de l’idée de raconter l’histoire d’une communauté. Pas d’un point de vue historique. Plutôt son récit, son essence, son vécu.

Pour eux, «community story is about the place, but also about the many different stories of those who live, work and travel there». Ils disent aussi que «story and brands are not created. They already exist. The task is to improve community communication, strengthen the story, and help it tell best.»

De la musique à mes oreilles. Ou plutôt à mes yeux, puisque je lis tout ça sur leur site web.

Parce qu’au fond, ce qu’on cherche à faire en marketing territorial, c’est d’influencer positivement la perception que les gens (idéalement notre clientèle cible) ont d’un lieu.

Oui, les paysages c’est beau. Oui, on utilisera cet argument à quelque part dans nos communications. Mais ce qui compte vraiment, c’est l’histoire qu’on raconte. Les projets, les gens, la communauté, la culture qu’on met de l’avant. C’est le caractère. L’essence. La vibe…

C’est ça qui fait qu’on entend parler d’un lieu.

Qu’on s’y intéresse.

Et qu’on se voit y faire sa vie.

Maudit que j’aime ma job!

Fini les vacances, de retour au boulot.