Inspiration

Sainte-Luce: ma première destination! 819 1024 Marie-Ève Michaudville

Sainte-Luce: ma première destination!

Voilà mon premier article de bloyeee (eh oui, je me suis appropriée assez rapidement les expressions de ma collègue Claudia Tessier!). C’est d’ailleurs elle qui m’a convaincue de rédiger cet article. Elle a bien vu que j’avais des milliers d’étoiles dans les yeux lorsque je parlais de la gang de Sainte-Luce et de leur processus consultatif.

Le conseil municipal et les citoyens de Sainte-Luce ont de quoi inspirer bien des gens, et voici pourquoi.

Photo by Riccardo Annandale on Unsplash

Commençons par le début…

Le 9 octobre 2018, était ma première journée chez Visages régionaux. T’imagines même pas l’excitation et la fierté que j’avais de me joindre à cette belle équipe créative!

Tellement excitée que j’ai fait une solide rechute de caféine. Ça faisait un an que j’avais pratiquement arrêté de consommer cette boisson catalyseur d’anxiété dans mon cas (à l’exception d’un petit latté une fois de temps en temps, parce que c’est ssiiii bon !).

Bref, me joindre à une belle gang et contribuer à des mandats hautement stimulants me comblaient de joie! Après quelques semaines, malgré les lattés vraiment délicieux au bureau, le tout est revenu à la normale et j’ai banni à nouveau la caféine de ma vie, mais je n’étais pas peu moins fière et excitée par mon nouveau travail.

Mon rôle se concrétisait de jour en jour. J’étais la nouvelle recrue responsable des consultations publiques en personne et en ligne, ainsi que du développement des milieux (planification stratégique et concertation locale).

Je sais, LA JOB DE RÊVE !  

Sainte-Luce: le mandat

Sainte-Luce est une municipalité de 2 801 habitants située dans la MRC de la Mitis au Bas-Saint-Laurent. Située à 16km de Rimouski, Sainte-Luce ne connaît pas d’importants enjeux démographiques, en raison de sa proximité avec Rimouski et de son dynamisme. Reconnue pour sa plage et la promenade en bordure du fleuve Saint-Laurent, Sainte-Luce attire chaque été des milliers de touristes.  

Depuis les élections municipales de 2017, Sainte-Luce a la chance d’avoir à la tête de son conseil municipal Maïté Blanchette Vézina.

Une femme proactive, visionnaire, et qui a sincèrement à coeur le développement et l’avenir de Sainte-Luce.  

Nouvelle maire, nouveau plan d’action… une opportunité de réaffirmer collectivement les priorités de développement.

À première vue, tout semble bien aller à Sainte-Luce. Cependant, comme toute municipalité, quelques défis de développement y sont présents.

Voici les deux principaux défis soulevés par le conseil municipal de Sainte-Luce lorsqu’ils nous ont contactés:

#1 Abondance de comités… un beau problème non?

Sainte-Luce a la chance d’avoir de nombreux bénévoles s’impliquant dans plusieurs comités diversifiés. Cependant, on soulevait chez ces bénévoles un certain essoufflement et un chevauchement dans la mission de certains comités, surtout au niveau touristique. Un besoin de concertation et de recadrage de mission était nécessaire. De plus, le conseil municipal souhaitait s’assurer que les gens voulant contribuer aient la place pour le faire.

#2 Sentiment d’appartenance & guérison d’une fusion douloureuse

Sainte-Luce est une municipalité formée par la fusion de Sainte-Luce-sur-mer et de Luceville en 2001. Une fusion qui n’a pas fait l’affaire de tous et toutes… Cependant, une grande volonté existe afin de réconcilier les deux secteurs, et de partager une vision commune de Sainte-Luce sur l’ensemble de son territoire.  

Positionner l’importance d’agir ensemble.

Devant ces défis, le conseil municipal souhaitait obtenir une vision concertée des enjeux prioritaires à adresser collectivement.

Il nous a alors été donné le mandat de consulter la population sur différents enjeux et de proposer au conseil municipal des orientations pour son prochain plan d’action stratégique.

  • Pour ce faire, nous avons animé un atelier de vision avec les nombreux comités et organismes à but non lucratif de Sainte-Luce.
  • Afin de prendre le pouls de la population sur les enjeux prioritaires à aborder, nous avons organisé une grande journée de consultation. Les citoyens étaient invités à un parcours de consultation fort dynamique! Plus de 100 citoyens ont participé à cet événement.
  • Puis, nous avons utilisé notre plateforme de consultation en ligne pour poursuivre l’échange avec la communauté.

Nous avons utilisé les résultats de ces trois activités pour dresser les principales orientations du plan stratégique que nous avons présenté aux élus municipaux. Avec eux, nous avons priorisé les actions à inclure à la version finale.

Ce plan d’action fut adopté par le conseil municipal en début d’année 2019.

Pourquoi consulter?

Le conseil municipal de Sainte-Luce a de quoi en inspirer plus d’un. Pourquoi?

Car, en mettant la population au coeur des décisions comme elle a su le faire en novembre dernier, elle s’assure un avenir fort prometteur. En construisant le plan de développement de la municipalité en totalité sur la base des différentes consultations, elle s’assure l’engagement et l’adhésion des citoyens aux décisions qu’elle prendra ou aux projets qu’elle mettra sur pied.

Souvent, on entend que la consultation publique ne sert pas à grand-chose, et que les plans de développement des municipalités terminent la plupart du temps sur une tablette.

Ce ne sera pas le cas de Sainte-Luce. Ils ont une recette gagnante:

  • Implication des citoyens dans le processus de décision
  • Ouverture aux nouvelles propositions
  • Engagement du conseil municipal à la réalisation de ce plan
  • Présence d’une ressource pour faire avancer les différents dossiers s’y retrouvant.

Avec une consultation aussi importante, un plan stratégique collé serré sur cette consultation, et une forte intention de TOUT réaliser, cette municipalité met toutes les chances de son côté afin d’avoir une population engagée, mobilisée, qui s’implique et surtout, qui est extrêmement fière d’y vivre.

Voilà, ma première destination fut très inspirante comme vous pouvez le voir.

Riche d’apprentissages, cette première expérience d’accompagnement de municipalité m’a permis de connaître davantage Sainte-Luce, mais surtout de constater l’éventail de pouvoirs et tout le potentiel d’actions qu’une municipalité peut mettre en oeuvre.

La preuve qu’à l’échelle municipale, on peut réaliser de bien grandes choses! 

Pour terminer, voici la preuve que le conseil municipal de Sainte-Luce est en feu. Depuis la réalisation de ce mandat à l’automne dernier,  Sainte-Luce s’est mise en action, et fait parler d’elle très régulièrement dans les médias!

Voici un topo des articles mettant les actions de Sainte-Luce en vedette

Il était une fois dans l’ouest 999 1024 Marie-Eve Arbour

Il était une fois dans l’ouest

Inspirations

Ça fait maintenant 10 ans qu’une personne que j’adore et avec qui j’ai fais plusieurs expériences de jeunesse a déménagé dans l’Ouest canadien.

Jusqu’à maintenant, à chaque fois que j’avais l’opportunité de voyager, je me gâtais avec un billet d’avion vers un endroit un peu plus exotique que notre beau grand Canada.

Comme j’allais bientôt obtenir le titre d’amie indigne-qui-n’était-encore-jamais-venue-lui-rendre-visite-en-10-ans, il était grand temps que j’y mette les pieds. J’ai profité des vacances estivales pour faire un saut dans l’ouest et du même coup, découvrir le Kootenay Park, Canmore et Fernie.

Dans son article sur le Festif de Baie-Saint-Paul, Claudia nous explique à quel point ça peut être tannant de voyager avec une graphiste. Elle regarde chaque affiche sur son passage et ramasse un million de dépliants.

Ma déformation professionnelle, c’est d’analyser chaque ville, chaque village. Tenter de comprendre comment ils se distinguent, comment ils se vendent et surtout, pourquoi les gens qui y vivent ont fait ce choix.

«Why here», je leur demande.

«Look around you», qu’ils répondent. «Isn’t it just amazing?»

En effet… Peu importe où tu regardes, il y a la plus belle montagne que t’as jamais vue. 360 degrés de pure beauté. Les amateurs d’outdoor sont plus que servis. À quelques pas de chez eux: randonnée, descente de rivière en n’importe quoi (canot, kayak, paddle board, tube gonflable… définitivement mon activité préférée). Escalade, vélo de montagne, rafting.

Mon sport préféré
Descente de rivière en tube

«Yes», but why here? I mean, there are many more communities around that has de same landscape. So why here precisely? What is so special about this place that you decided to live here?»

 

Qu’est-ce qui rend un lieu si unique?

Cette question-là, j’ai l’impression de l’avoir posée des milliers de fois. C’est celle à la base de toute démarche de marketing territorial. Quand on travaille avec un village, une ville ou une région, on la pose d’abord aux élus, aux responsables de la stratégie et éventuellement aux résidents et entrepreneurs.

Trop de gens ont tendance à nommer les paysages comme étant ce qui les distingue.

C’est bien beau, les paysages. Mais des beaux paysages, il y en a partout. Alors, why here?

On continue à gratter.

Le travail.
La maison.
La famille.
Les amis.
La communauté.
Les services.
Le dynamisme.
Le hasard…

Les milliers de réponses que j’ai obtenues depuis que je pose cette question tournent toujours autour des raisons que je viens d’énumérer. J’aime croire que c’est un heureux mélange de timing, d’opportunité et de coup de coeur. «Finding the right place at the right moment», comme diraient nos amis anglophones.

Alors, comment est-ce qu’on peut agir là-dessus? La question qui tue, dans le métier. Et à laquelle je réfléchis constamment.

Évidemment, on a développé un paquet de trucs pour développer l’attractivité des communautés et régions qu’on accompagne.

Mais comme on est en voyage, c’est le temps de s’inspirer. D’aller voir ce que d’autres font.

En discutant avec mon amie, j’ai découvert Story & Co. Des comme nous, du BC que je raconte à mon équipe. Ils ont travaillé notamment avec les villes de Kimberley, Grans Forks et Revelstoke.

Leur approche est essentiellement basée autour de l’idée de raconter l’histoire d’une communauté. Pas d’un point de vue historique. Plutôt son récit, son essence, son vécu.

Pour eux, «community story is about the place, but also about the many different stories of those who live, work and travel there». Ils disent aussi que «story and brands are not created. They already exist. The task is to improve community communication, strengthen the story, and help it tell best.»

De la musique à mes oreilles. Ou plutôt à mes yeux, puisque je lis tout ça sur leur site web.

Parce qu’au fond, ce qu’on cherche à faire en marketing territorial, c’est d’influencer positivement la perception que les gens (idéalement notre clientèle cible) ont d’un lieu.

Oui, les paysages c’est beau. Oui, on utilisera cet argument à quelque part dans nos communications. Mais ce qui compte vraiment, c’est l’histoire qu’on raconte. Les projets, les gens, la communauté, la culture qu’on met de l’avant. C’est le caractère. L’essence. La vibe…

C’est ça qui fait qu’on entend parler d’un lieu.

Qu’on s’y intéresse.

Et qu’on se voit y faire sa vie.

Maudit que j’aime ma job!

Fini les vacances, de retour au boulot.

La vente en ligne: défi et opportunité pour les artisans 1024 684 Claudia Tessier

La vente en ligne: défi et opportunité pour les artisans

SOIRÉE CAUSERIE – QUARTIER ARTISAN

Mon engouement inné pour les métiers d’art, la bière de micro, et les rassemblements de beau monde ont fait en sorte que je me suis retrouvée hier – lundi soir 7 mai 2018 – à boire une pinte de Tête Carrée à la Tête d’Allumette avec des créateurs du Kamouraska et les gens de Quartier Artisan. J’ai quitté l’espace de travail partagé Haut-Village à 17h15 et me suis retrouvée assise à 17h40 entre Caroline Roberge, alias La Mortaise (Le Tenon et la Mortaise) et Julien, de l’Atelier Vcuir. Deux artisans flamboyants qui produisent des produits faits à la main et au design exceptionnel.

Laissez-moi vous faire un humble résumé à chaud de ma soirée devant mon souper frette (je viens d’arriver à la maison, il est  21h30).

Vendre en ligne vient avec un lot impressionnant de questions fondamentales…

« Est-ce que mon modèle d’affaires est adapté au e-commerce? »
« Est-ce que mon produit va être facile à expédier? »
« Est-ce que je trahis mes valeurs en m’embarquant là-dedans? »
« Est-ce que c’est écologique? »
« S’tu moi ou Poste Canada m’offre pas de deal intéressant?»
« Est-ce que mon beau-frère Jean-Paul qui bizoune sur les ordinateurs est capable de m’organiser ça? »
« Qu’est-ce qu’on mange pour souper? »

Bref, ce sont les mêmes questions pour tout le monde.
Il importe de clarifier son besoin et de savoir ce qu’on veut vraiment.

LA RECETTE MAGIQUE

Elle n’existe pas. Désolée.

Nous avions 3 panélistes qui semblaient maîtriser le monstre à trois têtes de la vente en ligne, dont deux entrepreneurs qui géraient une croissance avec des produits relativement faciles à expédier. Un est propriétaire de chandaildeloup.com et l’autre de akrochetatuk.com. Le troisième travaille pour la stratégie numérique de Simons.

On se doute bien que tout l’auditoire les écoutait en espérant qu’une des recettes présentées fitte avec les ingrédients déjà présents dans leur frigo, mais rien n’est moins évident. Nul besoin de se rappeler qu’une lampe en verre soufflée représente un lot de défis d’expédition et de manutention hautement différent et anxiogène par rapport à un t-shirt de loup en coton.

Lancer sa propre boutique: un pari alléchant

La vente en ligne apparaît comme la meilleure façon d’atteindre un public restreint. Le meilleur exemple était là pour nous en parler. Chandaildeloup.com… Le nom et la clientèle visés sont clairs, même si l’entreprise a modifié sa trajectoire depuis sa création. On comprend qu’on s’adresse à une clientèle de l’ordre du 0,0009% de la population, celle qui trippe chandails de loup.  Un marché de niche comme disent les chiens savants du marketing.

On a donc entendu parler de Etsy, Shopify, WooCommerce, Votresite.ca, Snipcart, Monpanierdachat.com… Il a été dit à plusieurs reprises que la meilleure stratégie était d’opter pour les plateformes les plus utilisées, qui offrent du service en français et locales, idéalement. Shopify répond à ces critères et semble être une bonne avenue pour quelqu’un qui veut une solution rapide et maîtriser son environnement de vente. En plus d’offrir une panoplie de thèmes personnalisables, on peut y attacher un blogue et une infolettre assez facilement. Pour ce qui est de WordPress, le principal avantage réside dans le fait qu’on possède vraiment son site, contrairement à Shopify qui ne fait que prêter sa plateforme.

Il a aussi été mentionné que la sorcière du village, Votresite.ca, n’était pas seulement à éviter, c’est un gros NON catégorique. Comme quoi « la structure du code était trop opaque pour optimiser le référencement. » Je n’aime pas ça ne pas aimer quelque chose parce que tout le monde le fait. Pensez ce que vous voulez, mais personne n’a encore rien dit de tel pour les autres plateformes.

Créer une audience engagée: le nerf de la guerre

TROIS HEURES

C’est le temps que la propriétaire de Akroche Tatuk investit CHAQUE JOUR pour créer du contenu (photo, vidéo, tutoriel, article de blogue, infolettre, animation des réseaux sociaux, etc.). Les panélistes étaient unanimes. Pour réussir à vendre en ligne, il ne suffit pas d’avoir de beaux produits… « Les consommateurs achètent d’abord et avant tout une histoire, une personnalité ». Faut donc se mettre en scène, parler de soi, transmettre les valeurs de l’entreprise, etc. C’est là que plusieurs se découragent. Et avec raison! Quel artisan a trois heures de lousse par jours pour faire de l’ordinateur? Chose certaine, de manière générale, un blogue et les infolettres sont extrêmement efficaces pour générer du trafic sur son site web et ainsi augmenter son référencement organique. Ça vaut la peine de s’y investir un peu… Quitte à engager quelqu’un pour le faire!

Les panélistes ont tous suggéré de se créer une audience avec un produit niché tout en se diversifiant en intégrant d’autres gammes de produits connexes pour bonifier le volume du panier d’achats. Il s’agit d’une astuce intéressante pour augmenter ses profits, mais ça peut devenir plus compliquer à gérer. Et la vente en ligne sert mieux certains types de produits que d’autres.

UNE BONNE IDÉE QUI A ÉTÉ LANCÉE

Pourquoi ne pas regrouper les artisans d’une même région sous une même adresse d’expédition? Pourquoi ne pas ouvrir un compte entrepreneur commun chez Poste Canada? Tous les colis réunis permettront une économie d’échelle et des tarifs préférentiels qui profiteront à tous.

CE QUE JE RETIENS DE MA SOIRÉE
Les pour d’une boutique en ligne (Shopify, WordPress, WooCommerce)
  1. On peut attacher une infolettre pour diffuser du contenu et des promotions. Il s’agit d’une véritable arme de vente massive qu’on peut paramétrer pour atteindre un public segmenté par habitudes de consommation.
  2. On peut suggérer des produits connexes (ventes croisées) et bonifier le panier d’achats.
  3. Les frais tournent autour de 50$ par mois, ce qui est faible par rapport aux frais d’une boutique physique ou les salons, marchés, etc.
Les contre
  1. Il arrive qu’il y ait certaines erreurs de traduction sur votre site.
  2. Ça prend quand même un minimum de talent en design graphique… et un maximum de patience! Parce que le web, c’est le web. C’est un gouffre de temps innommable. Si tu es du genre à pogner les nerfs rapidement quand ça ne marche pas du premier coup, engage un professionnel. Perds pas le goût de la vie pour ça.
Les pour de Etsy
  1. Etsy permet d’atteindre une clientèle qui autrement ne vous aurait jamais vu. C’est reconnu pour être «user friendly» et votre contenu sera facile à traduire. De l’Australie en passant par l’Irlande, vos produits seront vus partout à travers le monde.
  2. Etsy crée du trafic vers votre site web. Peut-être que Etsy ne sera pas votre meilleure plateforme de vente, mais il s’agit certainement d’un carrefour giratoire très achalandé qui redirigera beaucoup d’acheteurs potentiels vers votre site web, et qui contribuera à asseoir votre «autorité» aux yeux des moteurs de recherche.
  3. Etsy mise sur l’esprit de communauté. Les salons Etsy permettent un réseautage et une synergie entre artisans qui peuvent contribuer à établir des relations d’affaires intéressantes.
  4. Le coût est très faible, ce qui rend la plateforme intéressante pour le développement d’affaires. Et les artisans peuvent y tester de nouveaux produits sans trop investir (0,20$ par fiche produit).
Les contre
  1. Vous êtes simplement une boutique dans «le gros centre d’achat Etsy». Il se peut que votre publicité attire des gens sur la page de vos produits, mais qu’après avoir navigué tout bonnement en cliquant sur des liens, ceux que vous avez séduits avec une belle photo achètent un produit d’un concurrent.
  2. Les produits les mieux référencés resteront les mieux référencés… Les meilleurs vendeurs apparaîtront toujours en premier, ce qui crée une sorte de concurrence déloyale.
  3. La plateforme catégorise les produits par silo et il devient difficile d’établir et de positionner sa marque.

Je tiens à remercier Quartier Artisan pour leur arrêt dans le Kamouraska! Ce fut très pertinent et hautement inspirant.

Une super photo trouvée sur unsplash.com
La beauté rend heureux 1024 682 Marie-Eve Arbour

La beauté rend heureux

Tranche de vie

Avez-vous déjà eu l’impression de fusionner complètement avec la pensée d’un auteur? Ça m’est arrivé dernièrement. Une amie m’a suggéré de lire Et si la beauté rendait heureux, de Pierre Thibault et François Cardinal.

C’était au moment où nous commencions notre mandat avec la Maison de la famille du Kamouraska. Notre rôle est de les accompagner dans l’ouverture d’un espace de jeu libre pour les enfants, une véritable maison pour les familles de la région.

La beauté au service du bonheur

Il y a dans ce livre une profonde réflexion sur la façon dont la beauté devrait être mise au service du bonheur des habitants d’une ville. Une sorte de prérequis, d’élément inhérent à la conception et la création des lieux communs.

Cette réflexion est tout à fait en phase avec celle de l’attractivité des territoires. Au fond, c’est vrai, les gens veulent vivre dans un endroit où ils seront heureux.

Je vous suggère évidemment de faire la lecture complète de ce livre. Or, si le temps vous manque pour l’instant, je propose de vous amener dès maintenant dans le cinquième lieu. Le cinquième chapitre du livre : la ville du bonheur.

Avant de commencer, je porte à votre attention que les phrases entre guillemets sont tirées textuellement du livre. À quoi bon reformuler quand c’est si bien écrit!

La ville du bonheur

Cette ville, dont nous parlent l’architecte et le journaliste, c’est Copenhague au Danemark. Une ville modèle, selon eux. Et qui comme nous, évolue au rythme d’un climat nordique.

« Copenhague qui a multiplié les interventions pour devenir une ville à taille humaine, où il fait bon vivre. Et ce, en partant de loin et avec bien peu de moyens. »

À Copenhague, l’administration municipale propose des solutions adaptées à chaque besoin, en portant une attention particulière à chaque petit détail. Chaque coin de la ville est étudié, pensé, planifié pour optimiser le bonheur des citoyens. Les rues piétonnes, vélos et espaces publics sont autant d’occasions pour ceux-ci de se rencontrer.

« Tout favorise la mixité et la rencontre spontanée. […] Un environnement bien pensé fait ressortir l’humanité en chacun de nous. Et la beauté des lieux fait ressortir la beauté des gens. […] C’est un exemple à suivre. Il faut surtout éviter de ne pas agir, pensant que la transformation de nos villes nécessite des milliards de dollars. »

Mais alors, quelle est la recette gagnante de Copenhague? Et comment s’en inspirer pour nos régions?

« En misant sur de multiples projets bien pensés, à taille humaine, en se concentrant sur une chose : le bonheur des citoyens. Osons lancer quelques projets éphémères, des interventions ponctuelles, des actions très ciblées. »

Pour les élus et gestionnaires, il s’agit de :

« bien cerner le problème, de réfléchir à une solution et, surtout, de bien en communiquer la pertinence. Il ne faut pas négliger la communication des bonnes idées. C’est ce qui permet aux élus et à la population de se les approprier puis de les propager à leur tour. »

Ça, mon village l’a bien compris. J’habite Mont-Carmel, un village de 1100 habitants dans le Kamouraska. En 2016, j’ai approché le maire en lui expliquant que j’allais bientôt avoir besoin d’un lieu pour travailler et développer mon entreprise. Je lui ai parlé du concept de coworking.

Quelques semaines plus tard, on m’embauche pour travailler à l’ouverture d’un espace de travail collaboratif. Un projet comme celui-ci, ça amène du dynamisme, de la vitalité au village. Et de là pourront émerger d’autres bonnes idées.

« La grande participation des citoyens dans l’aménagement de la ville contribue aussi à développer le sentiment d’appartenance et d’appropriation. Et ce, peu importe l’âge. J’ai été frappé par l’aspect ludique des interventions de la municipalité, par la diversité des parcs et des espaces publics, par la qualité des équipements et des activités offertes. Clairement, les fonctionnaires ne se contentaient pas de choisir un module de jeu en plastique dans un catalogue! »

J’ai trouvé dans ce passage et dans les pages suivantes une grande source d’inspiration pour le projet d’espace de jeu pour les enfants que nous travaillons à ouvrir.

Les auteurs nous parlent du Amar’s Children’s Culture House. Allez voir les photos ici, c’est tout simplement magnifique! 

« Le bâtiment baignant dans la lumière naturelle grâce à de nombreuses ouvertures sur l’extérieur est vraiment étonnant, mais sa conception l’est plus encore : il a été pensé comme une montagne à gravir, sans début ni fin, avec des passages ludiques situés un peu partout. Comme l’aurait imaginé un enfant… puisque ce sont justement des enfants qui l’ont imaginé! La consultation organisée par les autorités était en effet destinée aux plus jeunes, pour que le lieu soit conçu par et pour les enfants. »

C’est justement ce que nous ferons avec la Maison de la famille. Consulter les familles et les enfants dans la création du design intérieur.

Bref, le beau, ça rend fier. Fierté des jeunes pour leur école, fierté des citoyens pour leur ville. Et c’est cette fierté qui, à mon avis, permettra aux villes, villages et régions de tirer leur épingle du jeu de la séduction, de l’attractivité.

« Je vois surtout qu’il est possible de créer un cercle vertueux avec un peu de courage et d’audace, à condition de prendre le temps de consulter, d’avoir les bons mots pour expliquer les projets. Il faut simplement oser ce contact avec le beau. Il faut relier le voir, le vivre et le bonheur. »

Émouvante, résiliente, inspirante Gaspésie 1024 998 Marie-Eve Arbour

Émouvante, résiliente, inspirante Gaspésie

Un texte de Bernard Vachon, Ph.D.
Professeur retraité du département de géographie de l’UQAM
Spécialiste en développement local et régional

Parti de la région de Trois-Pistoles où j’habite, j’ai fait récemment le « tour de la Gaspésie », accompagné de mon épouse. Pour une xième fois car à tous les quatre ou cinq ans nous prenons la route de la péninsule. Nous voyageons en escargot, lentement, multipliant les arrêts, déambulant dans les villages, observant, questionnant, explorant l’assise et l’âme de ce pays.

PÉNINSULE DE BEAUTÉ, CANEVAS POUR DEMAIN

Le Québec est une mosaïque, une courtepointe de territoires, chacun avec ses attraits et sa personnalité. Je les connais bien et je les aime tous. La Gaspésie émeut et invite à un regard prospectif. Elle émeut par la solidité sauvage de son socle appalachien, ses paysages majestueux, ses villages paisibles au fond des baies, le mariage tumultueux de la mer et de la montagne, l’horizon bleu qui n’en finit pas de se déployer et de se transformer sous l’action des vents et au gré des couleurs changeantes du ciel, son rocher qui défie les millénaires, son arrière-pays si peu domestiqué, le contraste marqué entre la rive océane brute et escarpée au nord et celle de la Baie des Chaleurs, douce et joyeuse, au sud. Elle invite à la prospective par la frugalité et la simplicité du mode de vie dont les gens d’ici semblent se satisfaire pour traverser leur existence, la faible densité de l’habitat qui laisse toute la place aux éléments naturels, la diversité des initiatives qui foisonnent dans les petites villes et les villages sous l’impulsion d’une population résiliente et des idées innovantes des nouveaux résidents venus le plus souvent des grands centres. Et s’il y avait là les conditions et les germes d’un prototype de société durable à inventer pour assurer la pérennité de notre planète.

Vous me direz que ce portrait idyllique masque une autre réalité faite d’îlots de frugalité subie, voire d’indigence, et d’un « retard de développement » de la région par rapport au reste du Québec que pointent des indicateurs tels l’évolution démographique, le vieillissement de la population, le niveau de revenu des ménages, les taux de chômage et d’assistance sociale, le degré de scolarisation, etc. Certes, mais plusieurs de ces indicateurs, notamment ceux à caractère économique, se sont appréciés au cours des quinze dernières années traduisant pour autant une amélioration des conditions de la vie quotidienne. Et des jeunes s’installent. Les temps sombres s’estompent, un nouveau dynamisme prend racine.

Tout aussi fondamental que les critères économiques, sinon plus, il y a le degré de satisfaction personnelle qui, sans nier les indicateurs de croissance, prend en compte des variables qualitatives qui réfèrent aux valeurs individuelles et collectives partagées par les membres d’une société. Il s’agit du vivre-ensemble, de l’appartenance à un lieu et à une communauté, de la promotion de la culture, de la qualité de l’air et de l’eau, de la sécurité, de l’accès libre au milieu naturel, de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale, de la sauvegarde de l’environnement, du développement durable, etc.

L’ENVIRONNEMENT COMME FACTEUR D’IMPLANTATION

Les écosystèmes biophysiques et sociaux retiennent une attention inédite depuis une trentaine d’années alors que des menaces pèsent sur l’équilibre et la « durabilité » des milieux naturels, et que nos modes de vie évoluent vers toujours plus de stress, d’atteintes à la santé et d’insécurité. Des virages importants sont requis pour assurer l’avenir de la planète et de l’humanité.

Dans ce contexte, des prises de conscience individuelles et collectives surviennent, modifiant les systèmes de valeurs établis et entraînant des changements dans les attitudes et les comportements des personnes, les modes de production et les organisations économiques et sociales. Ce processus évolutif qui intègre désormais des préoccupations à l’égard des environnements naturels et de vie, est appelé à s’amplifier avec l’aggravation des problématiques de croissance.

L’ÉCLATEMENT DES LIEUX DE PRODUCTION ET DE VIE

Parallèlement, la structure économique de plus en plus immatérielle du fait de l’apport des technologies de l’information et des communications et de la révolution numérique qui pénètre dans tous les secteurs de la production et des services, permet une déconcentration (déspatialisation) d’un nombre croissant d’entreprises et de lieux de travail.

Mobilité des entreprises, travail à distance (télétravail), coworking, nouvelles organisations du travail, travail indépendant…, autant de nouvelles réalités qui reflètent la sortie des activités de production et de services hors des grands centres et les exposent à des facteurs de localisation autres que les économies de proximité procurées par la concentration dans les pôles. Le rapport de l’activité économique avec l’espace change au profit des régions.

 

L’ATTRACTIVITÉ ACCRUE DES RÉGIONS. LE CAS DE LA GASPÉSIE

La conjugaison des révolutions technologique et numérique avec la dématérialisation accrue de la structure économique et la montée des valeurs environnementales et sociales contribue à accroître l’attractivité des régions, de leurs villes et territoires ruraux. Si l’on ne peut encore parler d’un renversement de tendance dans la courbe de l’exode pour plusieurs régions, les conditions sont de plus en plus réunies pour engager le ralentissement.

On fait le choix d’une région pour le cadre de vie, pour une meilleure qualité de vie. On y implante son entreprise, on y travaille localement ou à distance, on y fixe sa résidence, on y élève sa famille, on y écoule sa retraite. Pour ces raisons la Gaspésie est une région d’avenir et doublement car le développement durable trouve ici un territoire, des organisations sociales, des solidarités, des sensibilités à l’environnement et à la culture, une empreinte écologique faible, des ouvertures à l’innovation…, autant de préalables à ce virage incontournable. Sur le terrain, les initiatives dans les domaines économique, social et culturel se multiplient : agriculture biologique et transformation agroalimentaire, microbrasseries, vergers et vignobles, galeries d’art, restauration et hébergement, coopératives forestières et des pêches, services aux personnes et à la communauté, etc.

Les pouvoirs publics doivent prendre conscience des atouts et du potentiel d’avenir de la Gaspésie. La protection, la conservation et la mise en valeur de l’environnement seront au cœur des stratégies de développement. Des projets industriels tels la cimenterie McInnis de Port-Daniel-Gascons devront se soumettre à un code environnemental des plus rigoureux pour ne pas compromettre l’identité de la région et sa vocation en gestation de figure de proue du développement durable.

Le coworking en région 1024 572 Marie-Eve Arbour

Le coworking en région

La première fois que j’ai mis les pieds dans un espace de « coworking », c’était à Montréal, à l’Esplanade. C’était beau, chaleureux. Ça sentait le bon café expresso. Je me suis sentie interpellée par le mot. Et en faisant quelques recherches, je suis aussi tombée amoureuse de la philosophie qui se cache derrière.

Mais comment adapter ce phénomène très urbain à la vie en région ?

QU’EST-CE QUE LE COWORKING

 

Le coworking est d’abord une réponse organique aux nouvelles réalités du monde du travail. Avec l’évolution des technologies, on retrouve de plus en plus de travailleurs autonomes, de gens qui font du télétravail ou qui combinent plusieurs emplois. Les besoins des travailleurs changent.

Les espaces de coworking ont donc émergé suite à l’initiative d’entrepreneurs et travailleurs autonomes pour répondre à un de ces besoins : sortir de l’isolement et de la solitude du travail à la maison, tout en continuant d’être à leur compte et en préservant  autonomie et liberté.

Et pour plein d’autres bonnes raisons : recevoir ses clients ailleurs qu’à la table de cuisine, faire une réunion Skype sans que ses enfants passent derrière déguisés en pirate, retrouver moins souvent du Nutella sur ses dossiers importants, ne pas se sentir obligé de faire une brassée de lavage entre deux appels, etc.

Être un coworker, c’est avoir accès à un espace de travail partagé, où évolue un réseau pluridisciplinaire de travailleurs et de professionnels. La différence d’avec les centres d’affaires où on peut y louer un bureau est la philosophie qui donne sa couleur au coworking : tout est pensé pour favoriser les rencontres, les échanges, l’innovation, l’ouverture, la convivialité.

Il s’agit souvent de bureaux à aire ouverte, bien qu’il y ait parfois aussi des bureaux fermés. Ça créé une ambiance particulière, assez loin des espaces de travail conventionnels. Et c’est précisément cette ambiance que les coworkers recherchent. Ça et la flexibilité. Chaque espace opère avec son mode de fonctionnement : location à la journée, quelques jours par semaine ou à temps plein.

 

LE COWORKING EN RÉGION

 

Au Québec, l’émergence du coworking s’est déployée d’abord à Montréal, Québec, puis est arrivé graduellement dans des villes de taille moyenne et de plus petite taille. Il y en a maintenant à Gatineau, Drummondville, Trois-Rivières, Sherbrooke, Ste-Thérèse, Cowansville, Chicoutimi, Thetford Mines, etc. Rendez-vous ici pour voir la liste des espaces de coworking au Québec.

Bien que le concept soit particulièrement bien adapté pour les villes, surtout à cause du bassin de travailleurs pouvant être intéressé à y occuper un espace, il rejoint aussi un défi propre aux régions : celui de l’isolement et de la solitude que peuvent vivre les travailleurs autonomes et petits entrepreneurs.

J’ai parlé avec les responsables de quatre espaces de coworking en région pour connaître leur réalité, philosophie et recommandations pour que se déploient davantage de projets du genre.

EXEMPLES DE COWORKING EN RÉGION

 

Tout d’abord, direction St-Narcisse en Mauricie. Située dans la MRC des Chenaux, cette municipalité compte un peu plus de 1700 habitants. L’idée d’ouvrir l’ÉTAB a mijoté longtemps dans la tête des promoteurs avant de se concrétiser. C’est dans l’ancienne école du village que cohabitent maintenant 9 entreprises, depuis le début de l’année 2016. Une phase 2 est prévue en 2017 pour en accueillir davantage.

 

À Chicoutimi, Le Moulin à Cie est né par le désir des promoteurs de faire évoluer leurs entreprises respectives dans un endroit où la culture entrepreneuriale soit tournée vers la collaboration. En opération depuis le 6 octobre 2016, l’aire ouverte de travail peut accueillir jusqu’à 10 personnes simultanément.

 

Du côté de la FourmiliAire à Sherbrooke, l’aventure a pris 3 ans à se concrétiser sous la forme actuelle du projet. Installés dans leurs nouveaux locaux en juillet, ils accueillent maintenant une dizaine de locataires et la porte est ouverte pour d’autres.

 

Créagora existe depuis 2013 et est situé à Gatineau. Il s’agit d’un espace polyvalent où y circulent quelques 120 membres au total. Ils y organisent des expositions d’artistes, des causeries, des formations et des rencontres afin d’encourager les échanges et la création de partenariats entre organismes et entrepreneurs régionaux.

 

 

 

OUVRIR UN ESPACE DE COWORKING : DÉFIS ET RECOMMANDATIONS

 

Ça semble évident, mais la première recommandations des promoteurs à qui j’ai parlé est la suivante: s’assurer qu’il s’agisse d’un réel besoin au sein de la communauté. Analysez le marché, sondez les gens. Et créez un espace adapté à leurs besoins. Les espaces de coworking peuvent fonctionner avec différents forfaits : location au mois, à l’année, bureaux ouverts, fermés, occupation allant de « à la journée » à du 5 jours/semaine. Prenez le temps de développer les forfaits qui correspondent le mieux à votre clientèle.

Un des défis rencontrés par les promoteurs se situe au niveau du déploiement du projet. Le fameux paradoxe de l’œuf ou la poule : trouver d’abord un local, ou des coworkers ? Bien qu’il faille trouver un local pour attirer des coworkers, une fois qu’on l’a, il faut commencer à le payer ! Et les gens qu’on approche ne sont pas tous prêts à débuter en même temps. Ce qui a sauvé la mise pour la FourmiliAire, c’est d’avoir un propriétaire facilitant qui croit au projet et qui a fait preuve de flexibilité. Pour l’ÉTAB, c’est grâce à l’implication directe de la municipalité qui demeure propriétaire de l’infrastructure que le projet a pu démarrer.

Une autre recommandation est celle de bien définir et communiquer les valeurs, ainsi que le caractère particulier de l’espace. Ce type de milieu de travail ne correspond pas à tous les travailleurs et il faut respecter cette limite. Tenter de plaire à tous en dénaturant l’essence-même du concept peut repousser ceux qui étaient venus chercher précisément cette ambiance de travail.

Attention également à l’essoufflement des promoteurs. C’est souvent avec passion que se développe l’idée, par un groupe restreint de personnes. Prendre le temps de sonder le milieu, de bien connaître les besoins et d’impliquer les intéressés dans le processus de création est gagnant pour stimuler leur engagement. Car, surtout au début, il y aura plusieurs tâches qui auront à être effectuées, souvent bénévolement : rénovations, ouverture du local aux visiteurs, etc.

Dans tous les cas, les projets, lorsqu’ils étaient en phase de démarrage, ont pu compter sur la collaboration et l’expertise de d’autres espaces de coworking. Le partage d’expérience, d’outils, de modèles de contrat et de conseils semble être chose commune dans le mouvement. N’hésitez donc pas à prendre le téléphone et à poser vos questions !

 

10 RAISONS DE DEVENIR UN COWORKER

 

Pas encore convaincu par le coworking ? Voici 10 raisons qui achèveront de vous persuader.

Un espace de coworking, c’est :

1. Le remède numéro 1 contre la solitude du travail à la maison.
Fini les dîner en tête-à-tête avec l’ordinateur !

2. Un lieu de travail professionnel.
Avoir enfin l’impression « d’aller au bureau »… et d’avoir envie d’y aller !

3. Des prix de location compétitifs.
Le partage des ressources, c’est gagnant !

4. La flexibilité quant à votre occupation de l’espace.
Vous pourrez quand même travailler en jogging dans le confort de votre foyer quelques jours par semaine !

5. La possibilité d’avoir l’avis d’autres personnes sur vos projets.
Comme on dit, deux têtes en valent mieux qu’une !

6. Un lieu où accueillir ses clients.
Plus besoin de faire le ménage de la maison avant d’accueillir un client !

7. Des outils de travail à votre disposition.
Ayez enfin accès au fax, au projecteur et à l’imprimante que vous n’avez jamais pu vous payer !

8. Évoluer au contact des autres.
Fertilisez, contaminez et faites avancer vos idées !

9. L’accès à du savoir.
Participez à des formations, conférences et ateliers donnés par vos collègues !

10. La liberté, sans l’isolement.
Maintenant, êtes vous convaincus ?!

Photo de Marie-Eve Arbour. Présidente-fondatrice de Visages Régionaux.
Ce qui m’inspire 644 436 Marie-Eve Arbour

Ce qui m’inspire

Comme premier contact avec vous chers lecteurs de ce blogue sur l’action collective, on m’a proposé de vous partager ce qui m’inspire. C’est très simple. Ce qui m’inspire, ce sont les nouvelles formes de ruralité en émergence. Les initiatives qui sont propulsées par les communautés rurales, dans le but de répondre collectivement à leurs besoins et aspirations.

Née en ville, j’ai rapidement ressenti le besoin de grand air, d’espace pour créer, développer et de me sentir impliquée dans une communauté. C’est la région du Kamouraska qui m’a conquise. Car, comme bien des jeunes qui pensent à vivre en région, l’idée du mode de vie de la campagne m’interpellait, mais pas à n’importe quel prix. Femme d’action et de projets, pas question d’aller m’isoler dans le fond d’un rang. Bon, techniquement c’est vrai que j’habite dans le fond d’un rang! Mais je me sens au cœur d’une communauté bien vibrante, dans laquelle j’ai ma place. Dans laquelle les projets pour lesquels je m’investis ont un profond impact sur l’avenir de celle-ci.

Bref, ce qui m’inspire, ce sont les milliers d’initiatives collectives menées par des groupes et des organisations qui non seulement sont concernés par leur développement, mais qui mobilisent leurs pairs et s’engagent dans des projets pour agir concrètement sur leur milieu de vie. Ce sont toutes ces initiatives qui rendent nos régions encore plus vivantes que jamais. Cohabitat, conversions d’églises en projets communautaires, entreprises coopératives, marchés publics, démarches de démocratie directe, centres d’éducation populaire, construction écologique, permaculture, monnaies locales, accueil des immigrants, luttes environnementales, stratégies municipales d’attrait de jeunes en région, espaces de travail collectif, médias alternatifs, etc. La liste est longue!

La mission que je me suis donnée, c’est d’enfin donner une vitrine à cette mouvance alternative du Québec rural. Une réalité dont on entend encore peu parler. Nombreux sont ceux qui pensent encore que l’économie rurale et l’occupation du territoire sont essentiellement pensées en fonction de la foresterie et de l’agriculture. Or, cela tend à changer. Les milieux ruraux sont désormais les maîtres de leur propre destin et inventent collectivement les bases de leur avenir. Bien que ces deux secteurs d’activité aient encore une place prépondérante en région, tout n’est plus organisé en fonction de cela.

J’espère profiter de ma contribution à Nous.blogue pour mettre de l’avant ceux qui m’inspirent, pour partager des initiatives qui représentent le Québec rural alternatif.  Pour que cette nouvelle ruralité cesse d’être considérée comme marginale, mais qu’elle devienne la norme, tout simplement. Pour ce faire, j’irai puiser dans les expériences qui seront partagés sur le site Visages régionaux.

Cet article a d’abord été publié sur le site Nous.blogue.