Néoruralité

Sondage
VIVRE EN RÉGION – SONDAGE DESTINÉ AUX 18-40 ANS 681 1024 Marie-Ève Michaudville

VIVRE EN RÉGION – SONDAGE DESTINÉ AUX 18-40 ANS

LES MILLÉNIAUX – ON VEUT VOUS ENTENDRE

Chez Visages régionaux, vous le savez, nous sommes des milléniaux qui ont fait le choix de vivre en région.

Notre quotidien, c’est d’utiliser notre créativité et nos idées afin de  rendre les municipalités, les MRC et les régions encore plus attractives auprès des 18-40 ans. Nous les voulons ambitieuses, audacieuses et fières.

Pour remplir cette mission, nous devons bien connaître la génération des milléniaux.

Qui sont-ils? Qu’est-ce qui les motive?

Nous avons donc créé un sondage qui nous permettra de parfaire notre compréhension de votre expérience ainsi que de vos ambitions, motivations et besoins. Ces informations nous seront utiles pour mieux conseiller les municipalités, MRC et régions qui pourront ensuite, travailler à ce que leur milieu de vie corresponde davantage aux aspirations de notre génération.

Nous avions lancé un sondage du même genre en 2016. Plus de 2 000 personnes y avaient répondu.

OBJECTIFS DU SONDAGE


Ce sondage-ci nous permettra de recueillir d’autres informations sur votre réalité afin d’en faire un portrait plus détaillé. Les résultats serviront, entre autres, à créer une formation en ligne destinée aux municipalités, MRC et régions.

Donc, si vous avez décidé d’aller vivre en région ou que vous pensez le faire, nous voulons vous entendre!

On vous promet que ça ne prendra pas trop de votre temps, ce sondage prend environ 10 minutes à répondre.

POUR PARTICIPER : www.tpquoi.ca

À GAGNER

Douze bouteilles de vins nature et de spiritueux québécois. Le tirage au sort parmi les participants aura lieu dans la première semaine de mars.

Merci de votre participation!

***Si les résultats de ce sondage t’intéressent ou si tu souhaites obtenir des renseignements complémentaires, n’hésite pas à nous contacter.***

Marie-Eve Michaudville, chargée de projets consultation publique

Kamouraska | Visages régionaux
Montréal je te quitte 1024 683 Jérémie Perreault

Montréal je te quitte

Le début de la fin

Ça faisait déjà un bon moment que moi et la jungle de béton, communément appelée Montréal, étions dans une relation conflictuelle. Petit à petit, je me suis mis à aller voir ailleurs et à mon retour, elle me faisait la baboune. Oui, la ville me boudait. Elle pis moi, ça connectait pu autant qu’avant. À chacun de mes retours, j’avais ce sentiment de malaise qui envahissait mon échine dorsale. Toutefois, cette sensation s’effaçait progressivement à chaque fois que je visitais de nouvelles régions et municipalités québécoises. Désolé Montréal, je te trompais et j’y prenais de plus en plus goût.

Ce n’est pas toi, c’est moi. Le classique quoi.

Jérémie Perreault - nouveau membre de l'équipe de Visages régionaux
Hey Montréal!
C'est pas toi, c'est moi...
Le gazon est juste vraiment plus vert ailleurs

Le Québec c’est grand, c’est beau, c’est inspirant. Pourquoi ne pas prendre le temps de découvrir son propre chez soi au lieu de croire que tout est plus beau ailleurs? Ici, c’est riche, c’est fier, c’est vibrant. On a une chance unique d’être né sur ces terres boisées où une rivière n’en attend pas une autre. De plus, les découvertes inoubliables s’enfilent lorsqu’on sillonne nos routes… Chaque village à son histoire, son patrimoine, sa couleur qui fait de notre belle province, un amalgame extraordinaire.

Ceci étant dit, au cours de l’été, l’idée faisait tranquillement son chemin que Montréal et moi étions voué à une déchirante rupture. Après 10 ans de fréquentations en dent de scie, je commençais à regarder mes portes de sortie afin de trouver une autre municipalité avec laquelle m’acoquiner. Dur de faire un choix quand il y a autant d’options sur la table. Se coller sur les belles courbes du bas du fleuve, sentir le doux parfum des épinettes de l’Estrie ou encore caresser les montagnes des Laurentides.

Évidemment quand un choix de la sorte s’impose, différents facteurs sont à prendre en considération: famille, amie, boulot, centres d’intérêt et j’en passe.

Si j’avais un journal intime, on y trouverait de quoi du genre:

«[…] Sœur et mère s’étant exilées depuis plusieurs années dans les racoins du Kamouraska et des régions environnantes, je décidai d’aller y cuver ma peine quelques jours afin de prendre le pouls de cette région.

Fait notoire,  selon le prestigieux National Geographic, cette région possède le 2e plus beau coucher de soleil au monde. Je ne peux que confirmer cette affirmation! Je t’avouerai humblement cher journal, que je n’aie jamais su où était le numéro 1 – le sais-tu toi?

La sérénité qui y règne est palpable, entre une pinte de mousse à la Tête d’Allumette, une petite grimpe à la Sebka et une saucette (très vite fait) dans le fleuve, il ne m’en fallait pas plus pour être convaincu. […]»

Jérémie Perreault - nouveau membre de l'équipe de Visages régionaux
Moi qui cuve ma peine
Dans les battures du Kamouraska
Et la réalité puncha la prose dans gorge

Ma décision était donc prise à 80%. Un obstacle majeur se présentait à moi -> mon domaine d’expertise (communications et arts). On ne se le cachera pas, la région n’est pas forcément le terreau le plus fertile en offres d’emploi en com. Pour vrai, l’idée de retourner servir des pintes dans un bar tout en multipliant les jobines afin d’arriver à fin du mois était ZÉRO une option envisageable. J’ai donc passé le mot à ma seule amie du kamou (shout out à toi ma pote Sara Anne)… et la magie s’opéra.

Sara Anne, trouve moi LA job de rêve!

Il n’en fallait pas plus pour que cette dernière se munisse de sa loupe et parte à la recherche d’employeurs potentiels. 3 jours plus tard, mon nom était taggué à l’offre d’emploi sur Facebook qui allait finir de me convaincre. J’ai envoyé mon CV chez Visages régionaux et puis j’ai reçu une convocation.

Encore une fois, si j’avais un journal intime, on y trouverait de quoi du genre:

«[…] Ainsi, je rencontrai Marie-Eve Arbour un samedi matin, 8h00 – un peu trop matinal à mon goût, certes, mais lorsque ta future patronne a 2 kids, tu t’ajustes et tu fermes ta yeule –  dans un coquet café du chic St-Lambert.

Dès lors, je me munis de mon plus beau sourire et allai à sa rencontre. J’aurais imaginé le meilleur scénario qui soit avec une mise en scène de René Richard Cyr que celui-ci n’aurait pas été à la hauteur de cet entretien. Au fur et à mesure que Marie-Eve me décrivait les différents projets sur lesquels j’allais être appelé à travailler, mes yeux s’équarquillaient à vu d’oeil, si bien que je crains d’en perdre un dans mon expresso serré… Et mon ventre, mon cher journal, était saisi d’une fébrilité presqu’inquiétante (l’effet du café, peut-être? Je ne le saurai jamais.).

Non seulement je sentais que mes compétences étaient à la hauteur du mandat proposé, mais je voyais que TOUS les projets touchaient à ma fibre environnementale et sociale. Parce que oui, cher journal, il importe d’aimer son emploi, mais je crois que dans un monde en constante évolution, il s’avère primordial de redonner au suivant, via les actions de son quotidien… Tiens donc, quelle étrange sensation… Je me sens soudainement rempli d’une mission, d’un devoir, d’une raison de vivre! («Ah ta yeule!» as-tu envie de me rétorquer cher journal, –  ok ça achève). 

FAIT QUE

Pas besoin de temps de réflexion ou d’analyse de pour et de contre: le jeudi d’après, 5h00 am, j’ai jumpé dans mon char pis je me suis clanché la 20, en route vers ma destinée et mes nouveaux défis. Ça fait déjà un mois que je suis dans l’équipe de Visages régionaux, 10 jours que j’habite officiellement le Kamouraska, et crois moi, aucun regret à l’horizon. Best move ever.

Petite conclu

Donc à toi qui est à l’aube de la trentaine et dont la petite voix intérieure te crie de prendre tes jambes à ton cou, j’ai juste envie de te dire GO.

Les régions en valent le coup.

Montréal c’est pas le nombril du monde, et le Québec, c’est grand, il y a de la place en masse, mais surtout il y a TA place, à toi de la trouver.

La vente en ligne: défi et opportunité pour les artisans 1024 684 Claudia Tessier

La vente en ligne: défi et opportunité pour les artisans

SOIRÉE CAUSERIE – QUARTIER ARTISAN

Mon engouement inné pour les métiers d’art, la bière de micro, et les rassemblements de beau monde ont fait en sorte que je me suis retrouvée hier – lundi soir 7 mai 2018 – à boire une pinte de Tête Carrée à la Tête d’Allumette avec des créateurs du Kamouraska et les gens de Quartier Artisan. J’ai quitté l’espace de travail partagé Haut-Village à 17h15 et me suis retrouvée assise à 17h40 entre Caroline Roberge, alias La Mortaise (Le Tenon et la Mortaise) et Julien, de l’Atelier Vcuir. Deux artisans flamboyants qui produisent des produits faits à la main et au design exceptionnel.

Laissez-moi vous faire un humble résumé à chaud de ma soirée devant mon souper frette (je viens d’arriver à la maison, il est  21h30).

Vendre en ligne vient avec un lot impressionnant de questions fondamentales…

« Est-ce que mon modèle d’affaires est adapté au e-commerce? »
« Est-ce que mon produit va être facile à expédier? »
« Est-ce que je trahis mes valeurs en m’embarquant là-dedans? »
« Est-ce que c’est écologique? »
« S’tu moi ou Poste Canada m’offre pas de deal intéressant?»
« Est-ce que mon beau-frère Jean-Paul qui bizoune sur les ordinateurs est capable de m’organiser ça? »
« Qu’est-ce qu’on mange pour souper? »

Bref, ce sont les mêmes questions pour tout le monde.
Il importe de clarifier son besoin et de savoir ce qu’on veut vraiment.

LA RECETTE MAGIQUE

Elle n’existe pas. Désolée.

Nous avions 3 panélistes qui semblaient maîtriser le monstre à trois têtes de la vente en ligne, dont deux entrepreneurs qui géraient une croissance avec des produits relativement faciles à expédier. Un est propriétaire de chandaildeloup.com et l’autre de akrochetatuk.com. Le troisième travaille pour la stratégie numérique de Simons.

On se doute bien que tout l’auditoire les écoutait en espérant qu’une des recettes présentées fitte avec les ingrédients déjà présents dans leur frigo, mais rien n’est moins évident. Nul besoin de se rappeler qu’une lampe en verre soufflée représente un lot de défis d’expédition et de manutention hautement différent et anxiogène par rapport à un t-shirt de loup en coton.

Lancer sa propre boutique: un pari alléchant

La vente en ligne apparaît comme la meilleure façon d’atteindre un public restreint. Le meilleur exemple était là pour nous en parler. Chandaildeloup.com… Le nom et la clientèle visés sont clairs, même si l’entreprise a modifié sa trajectoire depuis sa création. On comprend qu’on s’adresse à une clientèle de l’ordre du 0,0009% de la population, celle qui trippe chandails de loup.  Un marché de niche comme disent les chiens savants du marketing.

On a donc entendu parler de Etsy, Shopify, WooCommerce, Votresite.ca, Snipcart, Monpanierdachat.com… Il a été dit à plusieurs reprises que la meilleure stratégie était d’opter pour les plateformes les plus utilisées, qui offrent du service en français et locales, idéalement. Shopify répond à ces critères et semble être une bonne avenue pour quelqu’un qui veut une solution rapide et maîtriser son environnement de vente. En plus d’offrir une panoplie de thèmes personnalisables, on peut y attacher un blogue et une infolettre assez facilement. Pour ce qui est de WordPress, le principal avantage réside dans le fait qu’on possède vraiment son site, contrairement à Shopify qui ne fait que prêter sa plateforme.

Il a aussi été mentionné que la sorcière du village, Votresite.ca, n’était pas seulement à éviter, c’est un gros NON catégorique. Comme quoi « la structure du code était trop opaque pour optimiser le référencement. » Je n’aime pas ça ne pas aimer quelque chose parce que tout le monde le fait. Pensez ce que vous voulez, mais personne n’a encore rien dit de tel pour les autres plateformes.

Créer une audience engagée: le nerf de la guerre

TROIS HEURES

C’est le temps que la propriétaire de Akroche Tatuk investit CHAQUE JOUR pour créer du contenu (photo, vidéo, tutoriel, article de blogue, infolettre, animation des réseaux sociaux, etc.). Les panélistes étaient unanimes. Pour réussir à vendre en ligne, il ne suffit pas d’avoir de beaux produits… « Les consommateurs achètent d’abord et avant tout une histoire, une personnalité ». Faut donc se mettre en scène, parler de soi, transmettre les valeurs de l’entreprise, etc. C’est là que plusieurs se découragent. Et avec raison! Quel artisan a trois heures de lousse par jours pour faire de l’ordinateur? Chose certaine, de manière générale, un blogue et les infolettres sont extrêmement efficaces pour générer du trafic sur son site web et ainsi augmenter son référencement organique. Ça vaut la peine de s’y investir un peu… Quitte à engager quelqu’un pour le faire!

Les panélistes ont tous suggéré de se créer une audience avec un produit niché tout en se diversifiant en intégrant d’autres gammes de produits connexes pour bonifier le volume du panier d’achats. Il s’agit d’une astuce intéressante pour augmenter ses profits, mais ça peut devenir plus compliquer à gérer. Et la vente en ligne sert mieux certains types de produits que d’autres.

UNE BONNE IDÉE QUI A ÉTÉ LANCÉE

Pourquoi ne pas regrouper les artisans d’une même région sous une même adresse d’expédition? Pourquoi ne pas ouvrir un compte entrepreneur commun chez Poste Canada? Tous les colis réunis permettront une économie d’échelle et des tarifs préférentiels qui profiteront à tous.

CE QUE JE RETIENS DE MA SOIRÉE
Les pour d’une boutique en ligne (Shopify, WordPress, WooCommerce)
  1. On peut attacher une infolettre pour diffuser du contenu et des promotions. Il s’agit d’une véritable arme de vente massive qu’on peut paramétrer pour atteindre un public segmenté par habitudes de consommation.
  2. On peut suggérer des produits connexes (ventes croisées) et bonifier le panier d’achats.
  3. Les frais tournent autour de 50$ par mois, ce qui est faible par rapport aux frais d’une boutique physique ou les salons, marchés, etc.
Les contre
  1. Il arrive qu’il y ait certaines erreurs de traduction sur votre site.
  2. Ça prend quand même un minimum de talent en design graphique… et un maximum de patience! Parce que le web, c’est le web. C’est un gouffre de temps innommable. Si tu es du genre à pogner les nerfs rapidement quand ça ne marche pas du premier coup, engage un professionnel. Perds pas le goût de la vie pour ça.
Les pour de Etsy
  1. Etsy permet d’atteindre une clientèle qui autrement ne vous aurait jamais vu. C’est reconnu pour être «user friendly» et votre contenu sera facile à traduire. De l’Australie en passant par l’Irlande, vos produits seront vus partout à travers le monde.
  2. Etsy crée du trafic vers votre site web. Peut-être que Etsy ne sera pas votre meilleure plateforme de vente, mais il s’agit certainement d’un carrefour giratoire très achalandé qui redirigera beaucoup d’acheteurs potentiels vers votre site web, et qui contribuera à asseoir votre «autorité» aux yeux des moteurs de recherche.
  3. Etsy mise sur l’esprit de communauté. Les salons Etsy permettent un réseautage et une synergie entre artisans qui peuvent contribuer à établir des relations d’affaires intéressantes.
  4. Le coût est très faible, ce qui rend la plateforme intéressante pour le développement d’affaires. Et les artisans peuvent y tester de nouveaux produits sans trop investir (0,20$ par fiche produit).
Les contre
  1. Vous êtes simplement une boutique dans «le gros centre d’achat Etsy». Il se peut que votre publicité attire des gens sur la page de vos produits, mais qu’après avoir navigué tout bonnement en cliquant sur des liens, ceux que vous avez séduits avec une belle photo achètent un produit d’un concurrent.
  2. Les produits les mieux référencés resteront les mieux référencés… Les meilleurs vendeurs apparaîtront toujours en premier, ce qui crée une sorte de concurrence déloyale.
  3. La plateforme catégorise les produits par silo et il devient difficile d’établir et de positionner sa marque.

Je tiens à remercier Quartier Artisan pour leur arrêt dans le Kamouraska! Ce fut très pertinent et hautement inspirant.

Une super photo trouvée sur unsplash.com
Anne: Le rang Mississipi 1024 516 Visages regionaux

Anne: Le rang Mississipi

Je suis native du Kamouraska. Née à St-Germain dans le Mississipi. Oui celui qu’on trouve le plus beau du Québec, que les gens cherchent et où ils veulent tous et toutes s’établir. Pendant mon enfance, j’étais chanceuse, ma meilleure amie était à 5 minutes de vélo. Folle enfance de découvertes des grottes dans la montagne, des meilleurs spots pour faire des maisons dans les arbres et des baignades au fleuve, en plus des pâtisseries et des bretzels de Niemand!! Toutefois, rendue au secondaire, ce rang si attrayant était pour moi une barrière. Un trou d’un ennui fou ! Je me trouvais loin, loin de tout, loin de la culture, de l’effervescence de la ville, loin des possibilités. Je me sentais toujours observée par tout le monde. Incapable de faire mes expériences et de vivre pleinement selon mes valeurs.


J’ai choisi de revenir parce que je voyais ma chance d’avoir un réseau, une douceur de vie en harmonie avec mes valeurs. J’ai choisi de revenir pour l’espace et tout ce qu’il permet ! J’ai finalement accepté les choix de mes parents et je vois maintenant la richesse de vivre dans un endroit aussi beau que stimulant!


En quittant la région pour mes études, je ne croyais pas revenir, ou du moins pas si vite. Je me voyais rapidement terminer le cégep et quitter pour Montréal ou l’Europe pour l’université! Je trouvais que le mode de vie lent du Kamouraska n’était pas pour moi. J’étais en confrontation avec mes parents, qui eux, avaient quitté la ville pour s’établir en campagne 15 ans plus tôt. Je me voyais, indépendante, féministe, dans un grand loft à New York, à la tête des manifestations contre tout ce qui m’offusquait !


J’ai tenté cette vie, et je me suis étourdie en ville, j’avais mille et un projets et je m’impliquais partout. Quand je revenais voir mes parents pendant les longs congés, le temps s’arrêtait. Tout devenait moins stressant, moins pressant. J’ai vite commencé à me « pousser » de la ville dès que je le pouvais. Sur la route, plus je me rapprochais de mon fleuve, déjà je me sentais davantage moi-même.


En arrivant à La Pocatière, je quittais la 20 pour continuer mon chemin par la 132. Souvent la fenêtre ouverte et enfin, je respirais.
J’aime ma vie ici, j’aime les gens, le fleuve. Je ne me vois pas ailleurs, puisque j’espère redonner la magie de la nature à mes enfants. Je veux passer au suivant le goût du cèdre mâché, des vêtements collants de gomme de sapin, des bottes mouillées d’avoir voulu traverser le ruisseau l’hiver… et surtout mon bien-être mental, le fait de pouvoir choisir, pour moi mes projets.
Photo by Elliot Sloman on Unsplash
Résultats: Sondage sur les 18-37 ans en région 936 936 Marie-Eve Arbour

Résultats: Sondage sur les 18-37 ans en région

Que ce soit à Sept-Îles, Val-D’Or, Saint-Camille ou Pohénégamook, la plupart des municipalités se sont déjà posé la question : comment faire pour attirer des jeunes à venir s’installer chez nous ?

Question complexe qui méritait que l’on renverse la question pour la poser aux principaux intéressés : les jeunes de 18-37 ans qui ont migré en région depuis les 5 dernières années et ceux qui pensent le faire d’ici les 5 prochaines.

Le sondage auquel plus de 2000 personnes ont répondu entre le 18 avril et le 9 mai visait à éclaircir trois grandes questions.

  1. Quels sont les principaux motifs de migration des jeunes? Que recherchent les jeunes lorsqu’ils quittent un grand centre urbain ?
  2. Qu’est-ce qui influence leur choix d’une municipalité plutôt qu’une autre?
  3. Quels types d’incitatifs ou d’actions mis de l’avant par les municipalités ou MRC ressortent comme étant les plus attrayants.

Voici donc, bien humblement, notre analyse des résultats.

Contactez-nous si vous pensez que Visages régionaux peut vous aider à travailler sur l’attractivité de votre territoire.

Je n’ai jamais pensé vivre en région 1024 573 Marie-Eve Arbour

Je n’ai jamais pensé vivre en région

Et pourtant!

Depuis 4 ans, je vis dans une communauté de 1100 habitants, lovée dans le haut pays d’un Kamouraska enchanteur. À chaque été, un nouvel arrivage de jeunes fraîchement débarqués de la ville vient remplir les maisons à louer le long de la 132. L’automne venu, plusieurs restent pris dans nos filets et ne retournent plus d’où ils sont venus.

Ce phénomène n’est pas exclusif au Kamouraska. Il existe dans plusieurs villages au Québec.

Qu’est-ce qui fait que des jeunes s’accrochent les pieds dans un village? Comment choisissent-ils leur nouvelle terre d’accueil? Pourquoi ce village plutôt qu’un autre? Comment se passe leur intégration? Leur engagement dans la communauté?

Autant de questions auxquelles je ne pourrai pas répondre en quelques paragraphes. Ce serait dommage d’accorder si peu d’importance à un phénomène qui change le visage de nos campagnes. Ces questions, je m’engage à les aborder avec vous, au fil de mes publications sur ce blogue.

Donc.

Pourquoi des milliers de jeunes urbains qui comme moi, n’avaient jusque-là jamais vraiment pensé vivre en région font le saut? Choisissent délibérément de quitter l’effervescence de la ville, des cafés, des restos, des événements culturels tous les coins de rue. Les Bixis, leurs amis, leur famille, les boutiques, le transport en commun? Tout ça pour devenir un néorural.

Mais justement, qui sont ces néoruraux? Le Groupe de recherche sur la migration ville/campagne et les néoruraux amène un éclairage intéressant sur cette question. Leurs travaux confirment que quitter la ville pour s’établir en campagne est un projet souvent concrétisé par des jeunes adultes – en majorité les 25-39 ans. Plusieurs d’entre eux sont très scolarisés et détiennent un diplôme universitaire. Ils arrivent généralement avec un conjoint et parfois un enfant en bas âge.

Ces jeunes, ils sont en quête de deux choses : de nouveaux défis et une meilleure qualité de vie. Ils choisissent la campagne davantage à cause de ses attraits, que par une répulsion de la ville. En fait, la campagne représente pour eux un cadre idéal dans lequel concrétiser un projet. Que ce soit celui d’acheter une maison, d’avoir des enfants, de démarrer une entreprise, la migration vient répondre au besoin d’enrichir son expérience globale.

Ce cadre, ils le considèrent plus calme, plus tranquille, limite bucolique. Ils le choisissent pour ses qualités physiques : la nature, le grand air. Et pour ses qualités sociales : l’entraide, la convivialité.

Par contre, tout comme moi, la plupart ont des attentes élevées envers cette campagne! Elle doit être proche d’une grande ville, mais pas trop. Habiter dans le village? Hum, pas tellement. À moins d’une offre incroyable, on recherche plutôt de grands espaces à l’abri des voisins. Mais il doit y avoir des services disponibles, et surtout : Internet haute vitesse!

Évidemment, ce portrait est grossier et incomplet. Malgré tout, il me correspond tout à fait. Tout comme il correspond à 100% des personnes ayant migré dans le Kamouraska que je côtoie.

Ce portrait, il soulève aussi des questions importantes que j’aborderai dans de prochains articles.

Premièrement, s’ils ont migré pour relever un défi, qu’arrivera-t-il une fois leur projet réalisé? Vont-ils repartir vers de nouveaux défis? Est-ce que le fait d’être impliqué socialement ou politiquement est suffisant pour les retenir? Et si oui, comment stimuler cette implication?

Autre question cruciale : comment les ruraux de longue date perçoivent-ils les néoruraux et quels sont les liens qui unissent les deux populations qui cohabitent?

Car si c’est bien d’y arriver, c’est encore mieux d’y rester!

Cet article a d’abord été publié sur le site Nous.blogue.

Frédérique : je rêvais de Montréal! 1024 683 visagesregion

Frédérique : je rêvais de Montréal!

J’ai grandi à Québec avant de déménager, à 17 ans, pour étudier à Jonquière. Je ne considère toutefois pas que c’est à ce moment que ma vie en région a commencé ! Parce qu’à Jonquière, c’est une ville étudiante un peu hétéroclite qui réunit des gens de partout. Quand on étudie au Cégep de Jonquière (et particulièrement en ATM), on est un peu en marge. On vit en région, sans vraiment vivre la région.

C’est un peu par hasard que je me suis retrouvée en « vraie » région ! Après ma technique, je voulais voyager et prendre une pause d’études. Puis, à la toute dernière journée de mon stage, une amie avec qui j’avais étudié écrit sur notre groupe Facebook qu’une petite radio communautaire de la Baie-James cherche deux employés : un journaliste et un animateur. Je me suis dit : « Tant qu’à revenir au Québec et n’avoir rien de particulier à faire, pourquoi ne pas travailler dans le domaine dans lequel j’ai étudié ». On a toutes les deux obtenu un poste et c’est ainsi que j’acceptais de déménager à Matagami, à 1000 km au nord de la ville de Québec (et à 300 km au nord de Val-d’Or). Je n’avais jamais entendu parler de cette ville de 1500 personnes. Je n’en savais vraiment rien de rien. Mais, je venais quand même d’accepter le poste et mon déménagement était prévu pour le 14 juillet. C’est un coup de tête et je voyais ça comme une courte aventure, une parenthèse à ma vie « normale ».

Pensais-tu t’installer en région un jour?

Eh boy… non ! À l’adolescence, je trouvais que Québec, c’était trop petit ! Je rêvais de Montréal, de la vie urbaine, d’arts et spectacles et de restaurants à tous les coins de rue. Même si j’ai toujours aimé les grands espaces et le plein air, je croyais dur comme fer que j’irais vivre à Montréal. J’étais loin d’imaginer que je me retrouvais un jour dans le Nord-du-Québec, là où la plus grosse ville compte à peine 8000 âmes.

Même si mon arrivée en vraie région a été un coup de tête, j’ai vite trouvé des avantages à ce mode de vie. M’adapter n’a pas été facile (notamment parce que la seule amie que j’avais est partie après quelques mois et je me suis retrouvée VRAIMENT seule) et les petites villes sont souvent extrêmement chaleureuses, mais hermétiques aussi. Les milieux sont tissés serré et il peut être difficile de s’intégrer dans un groupe. Il faut dire que je n’avais qu’une collègue à la radio: ma directrice générale. Le temps a fait son œuvre, je me suis reposée, je me suis retrouvée grâce à mes longues marches quotidiennes, je me suis impliquée dans la communauté et j’ai eu des amis !

J’ai d’abord aimé la vie en région pour la proximité de la nature et la facilité d’en profiter. D’abord à Matagami, puis maintenant à Chibougamau, je pars à pied pour rejoindre les sentiers de raquettes, de ski de fond ou de randonnées, tout en habitant au centre-ville! La particularité de la Jamésie (la partie sud de la région Nord-du-Québec), c’est que nos villes sont jeunes et qu’elles ont été construites pour le développement minier et forestier. Tous les services sont donc à proximité (il est assez facile de vivre sans véhicule!) : je marche sept minutes pour aller travailler, aller faire l’épicerie ou quinze minutes pour aller à la piscine municipale. Avec cette proximité vient le temps que l’on gagne dans nos déplacements et on peut consacrer nos énergies à autre chose qu’être dans le trafic ! La vie en région, c’est, pour moi, la tranquillité d’esprit, le calme, le ressourcement, la nature et le bien-être. C’est aussi toutes les activités qui sont offertes et les services disponibles. Ce n’est pas parce qu’on est loin qu’on n’a pas tout ce qu’il faut pour être parfaitement heureux et occupé !

Ma plus grande surprise en m’installant en région est sans contredit tous les services offerts aux populations. En Jamésie, comme les petites villes sont éloignées les unes des autres, chacune d’entre elles doit offrir les services d’une ville régulière, si elle veut que ses citoyens y demeurent. On a accès à des cours de toutes sortes, tant sportifs qu’artistiques, des spectacles, des ateliers, des conférences… Les villes ont des piscines, des arénas, des terrains de tennis, de basket, des sentiers de randonnées (pédestres, motoneige, VTT)… C’est aussi grâce à ceux qui s’impliquent sans compter les heures que les milieux sont si dynamiques. Surtout, il est facile de s’impliquer, de monter des projets ou des événements. La grande majorité des citoyens ont un grand sentiment d’appartenance et souhaitent que leur milieu de vie s’améliore continuellement. Tout ça, ça se reflète dans l’ambiance. De Chibougamau à Matagami, on n’a pas l’impression d’être dans des villages en décrépitude où rien ne se passe. Au contraire, on se retrouve simplement dans des villes-avec-pas-beaucoup-de-voisins !