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Quand un projet prend une tout autre tournure

Le mandat à venir était clair. FAIRE LA PROMOTION DES LEVIERS D’ATTRACTIVITÉ DE LA RÉGION D’ABITIBI-OUEST EN produiSANT trois vidéos promotionnelles de 3 minutes chacune. Le genre de projet qu’on connaît bien ET SUR LEQUEL ON AIME TRAVAILLER. Un format COURT ET efficace pour mettre en valeur un territoire.

Autour de la table, le comité client — Éric, Gaétan, Sébastien et Sylvain — les pros de l’attractivité en Abitibi-Ouest. Dès le départ, leur souhait est précis : parler du territoire autrement. Pas à travers ses grands espaces et ses paysages spectaculaires, mais par le prisme du quotidien — la vie sociale, la culture et les services. Répondre aux questions que se posent les gens qui n’ont jamais mis les pieds là-bas.

On jase, on réfléchit. Avec l’équipe de production, on teste des pistes. Et plus on avance, plus une évidence s’impose : pour servir les objectifs, le format n’est peut-être pas le bon. Il faut ralentir et repenser la forme pour mieux rejoindre celles et ceux qu’on cherche à convaincre.

VOICI L’HISTOIRE D’UN PROJET QUI A PRIS UNE TOUT AUTRE TOURNURE.

Cap sur l'Abitibi-Ouest

En partant de Montréal : tu traverses le parc de La Vérendrye et tu roules direction nord-ouest pendant 700 kilomètres. Et là, tu arrives en Abitibi-Ouest. C’est un territoire immense, vivant, avec des forêts, des rivières et des lacs à perte de vue. C’est un endroit où on respire mieux
et où on peut exister pour vrai.

ACCOMPAGNER LA DÉCISION

Initialement, les trois vidéos promo sont imaginées comme des outils ciblés les employeur·euses de la région et le Carrefour jeunesse-emploi d’Abitibi-Ouest. Leur but : accompagner celles et ceux qui réfléchissent sérieusement à s’y établir, en rassurant, en levant les freins et en facilitant le passage à l’action.

Si de nombreux contenus de l’Abitibi-Ouest valorisent la nature, il manque encore des ressources pour aborder le quotidien avec nuance et défaire certaines perceptions négatives : la peur de l’isolement, le manque de services et l’absence de vitalité culturelle — autant d’éléments qui pèsent dans la balance. L’enjeu n’est pas de séduire les aventurier·ères, mais de rejoindre celles et ceux qui hésitent à venir y travailler parce qu’elles et ils ne connaissent pas encore l’Abitibi.

PORTER UNE PROMESSE

Pour construire une perception crédible et rassurante du territoire, il fallait dépasser les arguments classiques. Une promesse s’est rapidement imposée comme fil conducteur :

Ici, vous ne ferez pas de compromis.

Pour porter cette promesse, les contenus doivent être chaleureux, accessibles et conviviaux, avec une approche peu hiérarchique. À l’image par ailleurs du climat dans plusieurs milieux de travail en Abitibi-Ouest. Créer une projection réelle pour des futur·es citoyen·nes nécessite des témoignages incarnés, des émotions positives, des récits racontés par celles et ceux qui les vivent, qui sont arrivé·es et qui sont resté·es.

Vivre en Abitibi-Ouest

C’est un coin du Québec qu’on connaît peu, mais qu’on n’oublie pas une fois qu’on y met les pieds. Dans cette région, il y a 20 000 humains, répartis dans 21 municipalités. Là-bas, ils savent accueillir le monde et ils vont t’appeler par ton prénom. Il y a plein de gens qui ont décidé de bâtir leur vie ici et ils ont trouvé un vrai chez-soi.
Vue du village de Taschereau

changer de direction

Les limites du format court sont apparues assez vite.
Les freins à l’établissement sont complexes et émotionnels.
Difficilement réglés en 2 minutes.
Ce que cherchent les clientèles ciblées par le projet,
ce sont des preuves et du vécu pour se projeter.

C’est dans ce contexte qu’une proposition a émergé de notre réalisateur, Guillaume Monette : le balado-vidéo.
Un format plus long, loin du ton publicitaire, permettant des discussions nuancées avec des vraies personnes,
qui sont réellement arrivées en Abitibi-Ouest, et qui ont fait face à des épreuves.
On ne vend pas du rêve, on fait entendre des histoires vraies.

On crée un lien en montrant du concret.
On entre dans la tête et dans le cœur des invité·es.
Le format long n’est pas une contrainte.
Au contraire, il inspire confiance et humanise la région.

choisir les profils

Comme le projet initial prévoyait trois vidéos, c’est ce chiffre qui a guidé la suite. On a choisi de produire trois balados-vidéos, chacun orienté sur un profil humain spécifique :

➜ des professionnel·les qui avaient une carrière ailleurs et qui ont commencé une nouvelle vie en Abitibi-Ouest;
➜ des jeunes diplômé·es qui ont choisi d’y débuter leur carrière;
➜ des personnes ayant quitté leur pays natal pour construire une nouvelle vie dans la région.

Réunir autour d’une même table des invité·es dont les parcours partagent des similarités allait permettre des échanges plus spontanés. Et pour l’auditeur·trice, selon son profil également, un effet miroir : « Ces personnes me ressemblent. Elles l’ont fait. Je peux le faire moi aussi. » Bref, le groupe d’invité·es de chaque balado incarnerait l’une des clientèles que l’on souhaite rejoindre.

Les vedettes du projet

On nous a orienté vers celle qui est devenue notre animatrice : la sympathique Dylane.
Ses connaissances en accueil et en intégration : un atout majeur.
L’ambiance réussie autour de la table, c’est à elle qu’on la doit.

Avec l’aide du comité client et d’Alicia du Carrefour jeunesse – qu’on doit absolument remercier pour ses recherches! –, on a choisi les 9 candidat·es pour nos 3 épisodes. Est-ce que c’est grâce à elles et à eux que le produit final est bon? Absolument.

Sans elles, sans eux pas de balado.
Les histoires vraies, ce sont les leurs.
Le prisme du quotidien en Abitibi-Ouest,
c’est à travers leur regard qu’on le découvre.

On vous les présente.

Écouter, prévoir, s’ajuster

Les préentrevues qu’on a menées avec tout ce beau monde ont révélé un constat sans équivoque : les relations humaines et l’accessibilité de la nature étaient omniprésentes, voire centrales dans leur expérience d’arrivée en Abitibi. Ça n’allait pas être difficile d’en discuter durant le tournage.

Par contre, nos questions sur l’accès aux soins de santé,
sur ce qu’il y a en épicerie,
sur les installations sportives disponibles,
sur les établissements scolaires régionaux…
étaient moins propices aux témoignages.
Évidemment.
Mais il fallait quand même le démontrer.

Plutôt que de forcer les participant·es à parler de sujets moins naturels, une décision stratégique a été prise : assurer la démonstration de l’accès aux services et à la culture autrement que dans les discussions. Une séquence argumentaire a donc été imaginée pour servir de conclusion aux épisodes et pallier l’absence de ces sujets si jamais, lors de l’enregistrement, les conversations tendaient vers autre chose.

Pour ajouter du rythme aux vidéos finales, on avait aussi prévu d’illustrer au montage certains des propos des invité·es par des images captées dans des lieux qu’ils et elles fréquentent. Exemple : Jean-Sébastien dit qu’il y a des spectacles chaque semaine au centre culturel. On montre des images d’un spectacle au centre culturel.

Mais pendant le tournage, un autre constat s’est imposé.
Les prises de parole étaient belles, touchantes.
Les échanges, les regards, les silences avaient autant de valeur que des images.
Couper ces moments par des inserts nous aurait fait perdre l’essence.
On a donc laissé tomber cette idée pour préserver l’intégrité des échanges.
Avec trois caméras durant le tournage (merci à Marc-André!),
tout était en place pour capter ces réactions.

Permettre au projet d’évoluer

Ça donne quoi, finalement, ce projet-là?

On se souvient que le mandat initial, c’était de réaliser trois publicités de 3 minutes.
Alors oui, on l’avoue, on s’en est légèrement éloigné en cours de route.

Le format final, c’est une série de trois balados-vidéos d’environ 25 minutes
présentant des discussions entre pairs, dans une ambiance décontractée.
Chaque épisode mettant en vedette des participant·es qui ont des parcours similaires.
En introduction, un portrait du territoire et de ses paysages.
En conclusion, l’inventaire des services en culture, en alimentation, en sports et loisirs, en éducation et en santé.
Et un générique où on voit les participant·es dans leur milieu de travail.

Le produit final est à l’image de notre cheminement : réfléchi. Et un peu plus long que prévu.

Ce qu’il faut retenir

Plusieurs détours dans cet article pour en arriver à un petit bilan qu’on pourrait résumer ainsi.
Travailler avec Visages régionaux, c’est parfois accepter de se laisser guider
vers un résultat qu’on n’avait pas envisagé à la base.
Avec l’équipe, quand on change de cap, c’est avec l’accord de nos clients.
Et toujours dans un but précis. Celui de faire honneur aux objectifs du mandat.

Crédits du projet

Stratégie, recherche et coordination – Véronique Drouin et Claudia Tessier
Réalisation et prise de son –
Guillaume Monette
Captation vidéo –
Marc-André Laurin et Sacha Roy
Montage –
Paul Bergeron et Guillaume Monette

Une présentation de :
MRC d’Abitibi-Ouest
Carrefour jeunesse-emploi d’Abitibi-Ouest
Mobilisation de la Grande séduction

Une production signée
Visages régionaux © 2026

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