Frédérique : je rêvais de Montréal!

Frédérique : je rêvais de Montréal!

Frédérique : je rêvais de Montréal! 1024 683 Visages Régionaux
J’ai grandi à Québec avant de déménager, à 17 ans, pour étudier à Jonquière. Je ne considère toutefois pas que c’est à ce moment que ma vie en région a commencé ! Parce qu’à Jonquière, c’est une ville étudiante un peu hétéroclite qui réunit des gens de partout. Quand on étudie au Cégep de Jonquière (et particulièrement en ATM), on est un peu en marge. On vit en région, sans vraiment vivre la région.

C’est un peu par hasard que je me suis retrouvée en « vraie » région ! Après ma technique, je voulais voyager et prendre une pause d’études. Puis, à la toute dernière journée de mon stage, une amie avec qui j’avais étudié écrit sur notre groupe Facebook qu’une petite radio communautaire de la Baie-James cherche deux employés : un journaliste et un animateur. Je me suis dit : « Tant qu’à revenir au Québec et n’avoir rien de particulier à faire, pourquoi ne pas travailler dans le domaine dans lequel j’ai étudié ». On a toutes les deux obtenu un poste et c’est ainsi que j’acceptais de déménager à Matagami, à 1000 km au nord de la ville de Québec (et à 300 km au nord de Val-d’Or). Je n’avais jamais entendu parler de cette ville de 1500 personnes. Je n’en savais vraiment rien de rien. Mais, je venais quand même d’accepter le poste et mon déménagement était prévu pour le 14 juillet. C’est un coup de tête et je voyais ça comme une courte aventure, une parenthèse à ma vie « normale ».

Pensais-tu t’installer en région un jour?

Eh boy… non ! À l’adolescence, je trouvais que Québec, c’était trop petit ! Je rêvais de Montréal, de la vie urbaine, d’arts et spectacles et de restaurants à tous les coins de rue. Même si j’ai toujours aimé les grands espaces et le plein air, je croyais dur comme fer que j’irais vivre à Montréal. J’étais loin d’imaginer que je me retrouvais un jour dans le Nord-du-Québec, là où la plus grosse ville compte à peine 8000 âmes.

Même si mon arrivée en vraie région a été un coup de tête, j’ai vite trouvé des avantages à ce mode de vie. M’adapter n’a pas été facile (notamment parce que la seule amie que j’avais est partie après quelques mois et je me suis retrouvée VRAIMENT seule) et les petites villes sont souvent extrêmement chaleureuses, mais hermétiques aussi. Les milieux sont tissés serré et il peut être difficile de s’intégrer dans un groupe. Il faut dire que je n’avais qu’une collègue à la radio: ma directrice générale. Le temps a fait son œuvre, je me suis reposée, je me suis retrouvée grâce à mes longues marches quotidiennes, je me suis impliquée dans la communauté et j’ai eu des amis !

J’ai d’abord aimé la vie en région pour la proximité de la nature et la facilité d’en profiter. D’abord à Matagami, puis maintenant à Chibougamau, je pars à pied pour rejoindre les sentiers de raquettes, de ski de fond ou de randonnées, tout en habitant au centre-ville! La particularité de la Jamésie (la partie sud de la région Nord-du-Québec), c’est que nos villes sont jeunes et qu’elles ont été construites pour le développement minier et forestier. Tous les services sont donc à proximité (il est assez facile de vivre sans véhicule!) : je marche sept minutes pour aller travailler, aller faire l’épicerie ou quinze minutes pour aller à la piscine municipale. Avec cette proximité vient le temps que l’on gagne dans nos déplacements et on peut consacrer nos énergies à autre chose qu’être dans le trafic ! La vie en région, c’est, pour moi, la tranquillité d’esprit, le calme, le ressourcement, la nature et le bien-être. C’est aussi toutes les activités qui sont offertes et les services disponibles. Ce n’est pas parce qu’on est loin qu’on n’a pas tout ce qu’il faut pour être parfaitement heureux et occupé !

Ma plus grande surprise en m’installant en région est sans contredit tous les services offerts aux populations. En Jamésie, comme les petites villes sont éloignées les unes des autres, chacune d’entre elles doit offrir les services d’une ville régulière, si elle veut que ses citoyens y demeurent. On a accès à des cours de toutes sortes, tant sportifs qu’artistiques, des spectacles, des ateliers, des conférences… Les villes ont des piscines, des arénas, des terrains de tennis, de basket, des sentiers de randonnées (pédestres, motoneige, VTT)… C’est aussi grâce à ceux qui s’impliquent sans compter les heures que les milieux sont si dynamiques. Surtout, il est facile de s’impliquer, de monter des projets ou des événements. La grande majorité des citoyens ont un grand sentiment d’appartenance et souhaitent que leur milieu de vie s’améliore continuellement. Tout ça, ça se reflète dans l’ambiance. De Chibougamau à Matagami, on n’a pas l’impression d’être dans des villages en décrépitude où rien ne se passe. Au contraire, on se retrouve simplement dans des villes-avec-pas-beaucoup-de-voisins !

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