Comme territoire, on parle souvent de routes, de logements, de développement économique, d’attractivité. On investit dans des plans, des projets, des identités visuelles, des stratégies touristiques. Puis, trop souvent, on laisse les communications «se faire» entre deux urgences, au gré de à qui «ça adonne» le mieux de s’en occuper. Résultat: ça sort quand ça peut, comme ça peut. Malheureusement, il y a de fortes chances que le message ne soit pas bien compris, que l’info se perde, ou que la perception du public parte dans tous les sens.
On le sait pourtant tous, la communication, dans nos vies personnelles comme dans la sphère publique, c’est vital. C’est pas un luxe: c’est une fonction de gouvernance. Un levier de confiance. Un fil conducteur entre les élu·es, l’administration, les partenaires, les citoyen·nes, les nouveaux arrivant·es, les médias. Et ce fil-là, quand personne ne le tient avec compétence, il s’effiloche. Parfois tranquillement. Parfois d’un coup sec. Ensuite, on est face à des noeuds durs à défaire.
Les communications, ce n’est pas «publier sur Facebook»
La personne responsable des communications, au quotidien, c’est celle qui tient le fil.
Elle met de l’ordre dans le bruit. Elle prend des décisions parfois complexes, parfois plates, parfois sensibles, et elle les transforme en messages clairs, humains, compréhensibles. Elle s’assure que l’information circule au bon moment, au bon endroit, avec le bon ton. Et surtout, elle protège la réputation du territoire.
Sans cette expertise, on voit souvent apparaître:
- des messages incohérents d’un service à l’autre;
- des visuels «à peu près», qui diluent l’identité;
- des annonces importantes qui tombent dans le vide;
- des crises mal gérées (ou amplifiées) faute de réflexes;
- une fatigue interne, parce que tout le monde finit par «faire un peu de com» sans cadre.
Bref, on perd en clarté, en crédibilité… et en énergie.
ce qu’une personne compétente change concrètement
✔️ Assurer la cohérence de la marque sur tous les supports
Une ressource dédiée garantit l’application rigoureuse des lignes directrices de marque (logos, typographies, couleurs, ton) sur l’ensemble des déclinaisons, numériques comme imprimées. Résultat: moins de dérives, plus de reconnaissance.
✔️ Optimiser la production visuelle
On gagne en autonomie et en rapidité: publications, affiches, infolettres, signalétique, campagnes, documents administratifs. La qualité devient constante, parce que la personne comprend le système graphique et sait le faire vivre.
✔️ Harmoniser la présence numérique
Site web, médias sociaux, événements, campagnes: tout parle le même langage. Les formats sont adaptés (4:5, 9:16, carrousels, stories), les messages se déclinent sans se contredire, les plateformes deviennent des outils, pas des obligations.
✔️ Soutenir les équipes internes et les partenaires
La communication ne repose plus sur une chaîne d’improvisation. La ressource accompagne les services municipaux, les organismes, les partenaires touristiques et culturels: gabarits, soutien, révisions, conseils, intégration de la marque. On outille au lieu de corriger.
✔️ Valoriser l’investissement en image de marque
Créer une identité visuelle, une signature, un positionnement, c’est un investissement stratégique. Sans personne pour l’incarner au quotidien, on finit par payer deux fois: une fois pour créer, une fois pour réparer.
Les compétences à avoir et à reconnaître
Un poste de responsable des communications territoriales demande un mélange rare: de la stratégie, de la production, de l’analyse, du relationnel. On cherche souvent «une personne polyvalente». En réalité, on cherche une professionnelle.
Compétences clés
- Stratégie de communication: planification, priorisation, campagnes, cohérence des messages.
- Rédaction et vulgarisation: ton institutionnel, clarté, accessibilité, rédaction web.
- Gestion de marque: lignes directrices, déploiement, contrôle qualité.
- Design et production: Illustrator / Photoshop, mise en page, déclinaisons rapides.
- Web et médias sociaux: formats, calendriers éditoriaux, performance, communautés.
- Gestion de crise: réflexes, scénarios, coordination, messages sensibles.
- Coordination et collaboration: demandes internes, partenaires, fournisseurs, équipes terrain.
- Sensibilité territoriale: comprendre le milieu, ses dynamiques, ses angles morts, ses forces.
Et on ajoute un ingrédient invisible, mais vital: le jugement. Savoir quand parler, quand écouter, quand simplifier, quand expliquer davantage.
Un rôle souvent porté par des femmes
On le constate sur le terrain: les postes de communication dans les municipalités, les MRC, les organismes territoriaux sont fréquemment occupés par des femmes. Et ce n’est pas anodin. C’est un travail qui demande de la diplomatie, de l’écoute, de l’anticipation, de la gestion d’émotions collectives (commentaires, crises, tensions, inquiétudes) et une capacité à «tenir le fort» même quand ça chauffe.
Ces compétences sont souvent considérées comme naturelles, presque automatiques. On les attribue à la personnalité plutôt qu’à l’expertise. Résultat: on banalise le rôle, on surcharge la personne, on sous-estime la portée stratégique, on compresse les budgets.
Reconnaître la communication comme une fonction essentielle, c’est aussi:
- reconnaître la valeur du travail relationnel et du soin organisationnel;
- assurer des conditions et une rémunération à la hauteur des compétences;
- donner du pouvoir d’action (accès aux décideurs, capacité de prioriser, budget, outils);
- sortir le poste de la logique «service» pour l’installer dans la logique «stratégie».
Ce n’est pas une question de prestige. C’est une question d’équité et d’efficacité.
professionnaliser, outiller, respecter
Si on veut un territoire qui inspire, qui rassemble et qui avance, on ne peut pas improviser sa communication. On a besoin d’une personne compétente, reconnue, et placée au bon endroit dans l’organigramme.
Quelques repères simples:
- On nomme une responsable des communications.
- On clarifie le mandat (stratégie + production + coordination).
- On protège du temps (priorités, calendrier, demandes cadrées).
- On investit dans les outils (suite Adobe, gestion de contenu, banque photo, gabarits).
- On valorise le rôle (accès à la direction, collaboration, reconnaissance).
Parce qu’un territoire se construit aussi avec des mots, des images, des liens. Et ça, ça mérite mieux que du dépannage.