La beauté rend heureux

La beauté rend heureux

La beauté rend heureux 1024 682 Marie-Eve Arbour

Tranche de vie

Avez-vous déjà eu l’impression de fusionner complètement avec la pensée d’un auteur? Ça m’est arrivé dernièrement. Une amie m’a suggéré de lire Et si la beauté rendait heureux, de Pierre Thibault et François Cardinal.

C’était au moment où nous commencions notre mandat avec la Maison de la famille du Kamouraska. Notre rôle est de les accompagner dans l’ouverture d’un espace de jeu libre pour les enfants, une véritable maison pour les familles de la région.

La beauté au service du bonheur

Il y a dans ce livre une profonde réflexion sur la façon dont la beauté devrait être mise au service du bonheur des habitants d’une ville. Une sorte de prérequis, d’élément inhérent à la conception et la création des lieux communs.

Cette réflexion est tout à fait en phase avec celle de l’attractivité des territoires. Au fond, c’est vrai, les gens veulent vivre dans un endroit où ils seront heureux.

Je vous suggère évidemment de faire la lecture complète de ce livre. Or, si le temps vous manque pour l’instant, je propose de vous amener dès maintenant dans le cinquième lieu. Le cinquième chapitre du livre : la ville du bonheur.

Avant de commencer, je porte à votre attention que les phrases entre guillemets sont tirées textuellement du livre. À quoi bon reformuler quand c’est si bien écrit!

La ville du bonheur

Cette ville, dont nous parlent l’architecte et le journaliste, c’est Copenhague au Danemark. Une ville modèle, selon eux. Et qui comme nous, évolue au rythme d’un climat nordique.

« Copenhague qui a multiplié les interventions pour devenir une ville à taille humaine, où il fait bon vivre. Et ce, en partant de loin et avec bien peu de moyens. »

À Copenhague, l’administration municipale propose des solutions adaptées à chaque besoin, en portant une attention particulière à chaque petit détail. Chaque coin de la ville est étudié, pensé, planifié pour optimiser le bonheur des citoyens. Les rues piétonnes, vélos et espaces publics sont autant d’occasions pour ceux-ci de se rencontrer.

« Tout favorise la mixité et la rencontre spontanée. […] Un environnement bien pensé fait ressortir l’humanité en chacun de nous. Et la beauté des lieux fait ressortir la beauté des gens. […] C’est un exemple à suivre. Il faut surtout éviter de ne pas agir, pensant que la transformation de nos villes nécessite des milliards de dollars. »

Mais alors, quelle est la recette gagnante de Copenhague? Et comment s’en inspirer pour nos régions?

« En misant sur de multiples projets bien pensés, à taille humaine, en se concentrant sur une chose : le bonheur des citoyens. Osons lancer quelques projets éphémères, des interventions ponctuelles, des actions très ciblées. »

Pour les élus et gestionnaires, il s’agit de :

« bien cerner le problème, de réfléchir à une solution et, surtout, de bien en communiquer la pertinence. Il ne faut pas négliger la communication des bonnes idées. C’est ce qui permet aux élus et à la population de se les approprier puis de les propager à leur tour. »

Ça, mon village l’a bien compris. J’habite Mont-Carmel, un village de 1100 habitants dans le Kamouraska. En 2016, j’ai approché le maire en lui expliquant que j’allais bientôt avoir besoin d’un lieu pour travailler et développer mon entreprise. Je lui ai parlé du concept de coworking.

Quelques semaines plus tard, on m’embauche pour travailler à l’ouverture d’un espace de travail collaboratif. Un projet comme celui-ci, ça amène du dynamisme, de la vitalité au village. Et de là pourront émerger d’autres bonnes idées.

« La grande participation des citoyens dans l’aménagement de la ville contribue aussi à développer le sentiment d’appartenance et d’appropriation. Et ce, peu importe l’âge. J’ai été frappé par l’aspect ludique des interventions de la municipalité, par la diversité des parcs et des espaces publics, par la qualité des équipements et des activités offertes. Clairement, les fonctionnaires ne se contentaient pas de choisir un module de jeu en plastique dans un catalogue! »

J’ai trouvé dans ce passage et dans les pages suivantes une grande source d’inspiration pour le projet d’espace de jeu pour les enfants que nous travaillons à ouvrir.

Les auteurs nous parlent du Amar’s Children’s Culture House. Allez voir les photos ici, c’est tout simplement magnifique! 

« Le bâtiment baignant dans la lumière naturelle grâce à de nombreuses ouvertures sur l’extérieur est vraiment étonnant, mais sa conception l’est plus encore : il a été pensé comme une montagne à gravir, sans début ni fin, avec des passages ludiques situés un peu partout. Comme l’aurait imaginé un enfant… puisque ce sont justement des enfants qui l’ont imaginé! La consultation organisée par les autorités était en effet destinée aux plus jeunes, pour que le lieu soit conçu par et pour les enfants. »

C’est justement ce que nous ferons avec la Maison de la famille. Consulter les familles et les enfants dans la création du design intérieur.

Bref, le beau, ça rend fier. Fierté des jeunes pour leur école, fierté des citoyens pour leur ville. Et c’est cette fierté qui, à mon avis, permettra aux villes, villages et régions de tirer leur épingle du jeu de la séduction, de l’attractivité.

« Je vois surtout qu’il est possible de créer un cercle vertueux avec un peu de courage et d’audace, à condition de prendre le temps de consulter, d’avoir les bons mots pour expliquer les projets. Il faut simplement oser ce contact avec le beau. Il faut relier le voir, le vivre et le bonheur. »

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